L’Ukraine célèbre les 25 ans de son indépendance avec une grande parade militaire

0


Arrivée de tanks, la veille de la parade

L’Ukraine célébrait mercredi les 25 ans de son indépendance avec une grande parade militaire à Kiev, alors que le pays est en proie depuis deux ans à un conflit armé meurtrier avec des séparatistes prorusses dans l’Est.

Des milliers d’Ukrainiens, la plupart portant une « vyshyvanka », une chemise brodée traditionnelle, ont rallié le centre-ville dès la matinée, sous un ciel gris, pour assister à ce défilé, auquel, contrairement à l’année dernière, ont participé des chars et des blindés.

De nombreux spectateurs brandissaient le drapeau bleu et jaune de l’Ukraine le long de l’avenue principale de Kiev et jusqu’à la place de l’Indépendance, plus connue sous le nom de Maïdan, symbole de la contestation pro-européenne qui avait débouché sur la chute du régime prorusse de l’ex-président Viktor Ianoukovitch en février 2014.

Le défilé, qui a débuté vers 10H00 (07H00 GMT), a démarré avec l’hymne ukrainien.

Environ 4.000 personnes, dont des soldats, des membres de la Garde nationale (subordonnée au ministère de l’Intérieur), de la police et des gardes-frontières, ont participé à la parade. Des membres des forces spéciales ont par ailleurs défilé pour la première fois.

« Après plus deux ans de guerre, on peut dire que l’ennemi n’est pas parvenu à ses fins stratégiques. Il n’a pas mis l’Ukraine à genou, » a lancé le président ukrainien Petro Porochenko devant la foule.

« Avec cette parade, nos partenaires occidentaux reçoivent le signal que l’Ukraine est capable de se défendre seule mais demande encore (leur) soutien », a-t-il ajouté.

L’Ukraine a proclamé son indépendance de l’Union soviétique en 1991 après l’échec d’un putsch, dirigé par les tenants d’une ligne « dure » au sein du Parti communiste soviétique qui avaient fait entrer les chars dans Moscou.

Le putsch, qui n’a duré que trois jours, a sonné le glas de l’URSS.

Le président de la Russie alors soviétique, Boris Eltsine, devenu le véritable maître du pouvoir, interdit le Parti Communiste et signe un accord avec les dirigeants de l’Ukraine et du Bélarus qui dissout de facto l’URSS.

Les autres ex-républiques issues de l’Union soviétique célèbrent également cette année leur 25 ans d’indépendance, plus ou moins en grande pompe.

Après le défilé, une « Marche des invaincus » a été organisée sur l’avenue principale de Kiev. Des volontaires engagés dans le conflit dans l’est de l’Ukraine, des médecins et des combattants ayant été démobilisés y ont participé.

Des familles de victimes du conflit ont également défilé, certains portant un portrait de leur proche décédé.

L’Ukraine est en proie depuis deux ans à un conflit opposant ses forces armées à des séparatistes prorusses qui sont, selon Kiev et les Occidentaux, soutenus militairement par la Russie, ce que Moscou dément.

Ce conflit a fait plus de 9.500 morts depuis son déclenchement en avril 2014. Malgré l’instauration de plusieurs trêves, des affrontements meurtriers ont encore régulièrement lieu le long de la ligne de front.

Mercredi, le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a fait état de la mort d’un soldat dans des combats avec les rebelles. Un autre soldat a été blessé, a-t-il ajouté.

« Des tirs nourris à l’arme lourde ont été relevés dans presque toutes les zones » du conflit, a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

Dans son dernier communiqué, relatif à la journée du 22 août, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui surveille la situation en Ukraine, a affirmé « avoir enregistré un nombre similaire de violations du cessez-le-feu dans la région de Donetsk (531 contre 540 le jour précédent) et une augmentation de leur nombre dans la région de Lougansk (60 contre 30) ».

L’organisation a également indiqué que des membres de la « République populaire » autoproclamée de Donetsk, avaient « demandé de manière agressive à fouiller des véhicules de la mission et avaient pointé une mitrailleuse » sur des observateurs à Loukové, village sous contrôle rebelle à 70 kilomètres de Donetsk. L’accord passé avec les parties en conflit interdit théoriquement de fouiller des véhicules de l’OSCE.

Selon deux membres de la mission de l’OSCE, l’homme qui a effectué les recherches « sentait fortement l’alcool ».

Les commentaires sont fermés.