Moscou revendique la mort d’Al-Adnani, Washington réplique que c’est une «blague »

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Abou Mohammed al-Adnani (Photo: capture ISI/45eNord.ca)
Abou Mohammed al-Adnani (Photo: capture ISI/45eNord.ca)

La revendication par Moscou de la mort en Syrie du numéro deux du groupe État islamique (EI), Abou Mohammed al-Adnani, est « une blague », a affirmé mercredi un responsable américain de la Défense.

« C’est une blague », a déclaré le responsable de la Défense à l’AFP, à propos de la revendication par Moscou de la mort du chef jihadiste. « Ce serait drôle, si l’on faisait abstraction de la campagne que les Russes ont entreprise en Syrie ».

Les États-Unis ont affirmé avoir expressément visé al-Adnani, dont la mort a été annoncée par le groupe jihadiste. La frappe aérienne a été réalisée par un drone américain Predator, a même précisé un autre responsable américain.

Les Etats-Unis reprochent à la Russie de chercher avant tout à soutenir le régime de Bachar al-Assad, que Washington considère comme le principal obstacle à une résolution du conflit syrien.

Moscou a affirmé mercredi avoir tué al-Adnani dans une frappe menée par un bombardier russe Su-34 près du village de Oum Hoch, dans la région d’Alep (nord de la Syrie), qui a tué une quarantaine de combattants.

Mais les militaires américains, qui échangent quotidiennement des informations avec leurs homologues russes sur leurs opérations aériennes respectives en Syrie, n’accordent aucun crédit à ces affirmations, selon le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

« Nous n’avons aucune information qui viennent corroborer les affirmations de la Russie selon lesquelles elle a frappé al-Adnani », a-t-il déclaré mercredi.

Il y a peut-être un « malentendu » côté russe, a-t-il suggéré.

Le Pentagone affirme de son côté depuis mardi avoir visé le chef djihadiste dans une frappe près d’Al-Bab, dans la province d’Alep, sans se prononcer sur le sort de celui-ci.

La mort d’al-Adnani a été annoncée par le groupe État islamique lui-même.

Selon un responsable américain interrogé mercredi, la frappe a été menée par un drone américain Predator, qui a tiré un missile Hellfire sur une voiture dans laquelle le porte-parole du groupe Etat islamique était présumé se trouver.

La frappe a été menée par les forces spéciales américaines travaillant avec la CIA, selon cette source.

Il est souvent difficile pour le Pentagone d’établir avec certitude la mort d’une cible après une opération d’élimination par frappe aérienne.

Plusieurs djihadistes ont ainsi été déjà donnés pour mort par Washington dans de telles opérations avant de réapparaître un peu plus tard.

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