Noble Guerrier 16 confirme le «top niveau» des réservistes de la 2e Division (PHOTOS/VIDÉO)

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Les secteurs d’entrainement du Centre d’Instruction de la 2e Division du Canada à Valcartier, Québec, accueillaient du 4 au 14 août l’exercice Noble Guerrier 2016, la validation ultime d’un an de travail pour amener les centaines de réservistes de tout le Québec au même niveau, le « top niveau ».

Cet exercice de grande envergure regroupe tous les ans les membres des 34e et 35e Groupe-brigade du Canada. C’est la culmination de l’instruction annuelle et estivale de manière à valider la performance et les capacités de tous les membres des deux brigades qui comprend tous les Réservistes de l’Armée Canadienne au Québec.

Les réservistes de partout dans la province de Québec y exécutent des manœuvres démonté, mécanisé et aéroporté. De plus, des tirs d’armes légères, détonations et tir d’artillerie ont lieu et ce durant le jour et la nuit.

Après Noble Guerrier, les réservistes sont capables, après une formation spécifique à une mission, de s’intégrer à la régulière lors d’un déploiement, ici ou ailleurs.

Des réservistes de partout qui doivent apprendre …à se comprendre

La première phase, le regroupement, alors les réservistes de partout dans la province de Québec arrivent à Valcartier. Ceux et celles qui ont fait l’exercice annuel Noble Guerrier l’année précédente occupent maintenant un autre échelon: chaque année apporte donc son contingent de nouveaux. Et, pour compliquer davantage la tâche, ils viennent d’unités qui n’ont pas toutes les mêmes ressources et ne sont pas tous au même niveau au départ.

« Il est très important d’établir une bonne communication alors qu’on ne sait pas ce que l’autre sait ou ne sait pas », de dire la commandante depuis deux ans de Noble Guerrier, la colonel Josée Robidoux, qui n’hésite pas à confier à 45eNord.ca que cela a été une faiblesse cette année. Selon la commandante de NG16, il faudra à l’avenir consacrer plus de temps dans la période consacrée à l’exercice, peut-être une journée de plus, à bien établir les bases de la communication avant de démarrer les activités.

Mais, réussir quand même dans ces conditions à amener tous ces réservistes au « top niveau » tient pour le profane du miracle.

À Noble Guerrier seulement

Un miracle qui s’explique par les avantages d’un exercice comme Noble Guerrier. Comme nous expliquait sur place le capitaine Gaétan Aupin, le coordonnateur du Centre de commandement de l’exercice (CONEX) un officier de la Régulière, Noble Guerrier se caractérise par l’échelle de l’exercice, les ressources qui sont rendues disponibles, bien plus grandes que dans la plupart des unités, et la durée elle-même de l’exercice où ces centaines de citoyens soldats peuvent focaliser sur la validation finale de leur formation,

Cet exercice d’envergure est notammwnt une opportunité unique pour les membres du 34e et 35e Groupe-brigade du Canada de compléter une qualification de tir réel. On s’assure ainsi, de nous expliquer la colonel Robidoux en donnant de cette manière aux réservistes l’occasion de se familiariser avec leurs armes dans un tel contexte que, le jour venu, habitués au bruit, au recul, à tout ce qui vient avec un tir réel, « qu’ils n’auront pas peur de se tirer dans le pied ou de tirer leurs camarades et qu’ils ne figeront pas ».

S’exercent dans ce cadre aux tirs réels les fantassins, les blindés à partir de leur G-Wagon, (mais à l’arrêt puisque ces véhicules ne sont pas munis de stabilisateurs), les ingénieurs et, bien sûr, les artilleurs.

Les exercices de tirs réel, effectués au niveau individuel, puis en binôme, puis en peloton et en section, sont suivis d’un entraînement basé sur le déploiement de la fictive Force Opérationnel PHOENIX en position offensive afin de détruire les éléments de tête d’un ennemi selon un scénario prédéterminé. Et, réalisme oblige, pendant cette phase, même si les tirs réels sont terminés, les réservistes continuent d’entendre le bruit des grenades qui explosent et des tirs d’artillerie, mais simulés cette fois.

Un réservoir d’expérience incomparable

Autre ressource que retrouvent les réservistes pendant l’exercice Noble Guerrier, le vaste réservoir d’expérience dans lequel peuvent puiser soldats et officiers. Noble Guerrier, tout en étant la validation ultime des compétences des réservistes, a aussi une fonction formative, nous expliquait sur place le chef d’état-major de l’exercice auquel les commandants sur le terrain peuvent se référer en tout temps, le lieutenant-colonel Yvan Martineau, commandant du 35e Régiment de Génie de combat.

Plus encore, la commandante de l’exercice, la colonel Robidoux, a tenu à la présence de nombreux contrôleurs-observateurs. Le rôle du contrôleur-observateur, de nous expliquer le lieutenant-colonel Pascal Laforêt, qui vient du 35e Régiment des transmissions, est d’aider les réservistes et leurs commandants à faire leur auto-évaluation, les réunissant le soir après une journée d’activités pour faire le point sur ce qui a fonctionné et sur ce qui n’a pas fonctionné.

Avantage Canada

Et c’est ainsi qu’après ces dix jours où la motivation et le niveau d’adrénaline se sont maintenus à un niveau élevé, les près de 1000 réservistes de la 2e Division du Canada, prêts pour le combat, retourneront à …leur vie civile de pompier ou boulanger, employé clérical ou administrateur, garçon de café ou étudiant, apportant dans leur entreprise et dans leur milieu ce qu’ils ont appris ou développé dans la Réserve canadienne gra^ce à une expérience qu’ils n’auraient pu vivre nulle part ailleurs.

Et la détermination et la résilience, un aspect auquel il faudra accorder encore plus d’importance, de souligner le colonel Alain Cohen des Fusiliers Mont-Royal qui commandait l’une des deux forces à l’exercice Noble Guerrier cette année, ne sont pas les moindres apports de nos citoyens-soldats. Une remarque qui a d’autant plus de valeur qu’il vient d’une personne qui, dans le civil, est consultant en management et en ressources.

Alors, dans cette guerre fictive imaginée pour les fins de l’exercice dans le scénario entre l' »Ariana » et l' »Atropie », nous croyons vraiment pouvoir affirmer maintenant avec certitude et sans risque de nous tromper que le gagnant est…le Canada.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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