Pakistan: l’horreur à l’hôpital, un attentat revendiqué par l’EI et les talibans fait 70 morts à Quetta

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Des Pakistanais sur le site de l'explosion qui a fait au moins 70 morts à Quetta, le 8 août 2016. (AFP/BANARAS KHAN)
Des Pakistanais sur le site de l’explosion qui a fait au moins 70 morts à Quetta, le 8 août 2016. (AFP/BANARAS KHAN)

Plus de 70 personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées lundi lorsqu’un kamikaze taliban a fait détonner sa charge explosive au milieu d’une foule en deuil devant un hôpital du sud-ouest du Pakistan.
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Mise à jour au 08/08/2016 à 19h45

L’EI et les talibans se disputent la paternité de l’attentat qui a d’abord été revendiqué après par une faction des talibans pakistanais, Jamaat-ul-Ahrar, qui a promis d’autres attaques « jusqu’à ce que soit imposé un système islamique au Pakistan ».

Puis quelques heures plus tard, l’agence Amaq, un organe de propagande du groupe djihadiste EI, a pour sa part affirmé « Un kamikaze de l’État islamique a déclenché sa ceinture explosive au cours d’un rassemblement d’employés du ministère de la Justice et de la police pakistanaise dans la ville de Quetta ».

À 17h20

Le Canada s’est déclaré consterné par l’attaque survenue à Quetta, au Pakistan. Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion,aujourd’hui en visite au siège du NORAD, à Colorado Springs, a déclaré au sujet de l’attentat à la bombe contre un hôpital de Quetta que « Le Canada condamne fermement l’attentat perpétré à Quetta, au Pakistan, et offre ses plus sincères condoléances aux parents et amis des victimes, ainsi qu’un prompt rétablissement aux personnes blessées ».

« Le Canada », a dit le ministre, « est consterné par cet acte de violence contre des civils se trouvant à l’intérieur du périmètre d’un hôpital. Nous sommes solidaires du peuple pakistanais et résolus à lutter sans relâche contre le terrorisme. ».

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La bombe a explosé alors qu’environ 200 personnes, dont nombre d’avocats et de journalistes, étaient rassemblées devant les urgences de l’Hôpital civil de Quetta, après l’assassinat, quelques heures plus tôt du bâtonnier de la province.

« Le bilan a atteint 70 morts et 112 blessés, » a indiqué à la presse le Dr Masoood Nausherwani, chef des services de Santé du Baloutchistan, province instable dont Quetta est la capitale.

Ce bilan en fait le deuxième attentat le plus meurtrier au Pakistan cette année, après un carnage dans un parc pour enfants où une bombe avait tué 75 personnes lors du week-end de Pâques à Lahore.

L’attentat de lundi et l’assassinat du bâtonnier ont été revendiqués par une faction des talibans pakistanais, Jamaat-ul-Ahar, qui avait déjà revendiqué l’attentat de Pâques.

L’armée s’est déployée dans et autour des hôpitaux de la ville, selon le ministre.

Des corps jonchaient le sol après l’explosion lundi, dans une mare de sang et de verre brisé, alors que des survivants choqués tentaient de se réconforter, a constaté un journaliste de l’AFP qui se trouvait sur place. Nombre des victimes portaient costume et cravate.

‘Mes amis sont morts’

Le journaliste de l’AFP se trouvait à 20 mètres de la foule au moment où l’explosion a retenti.

« Il y avait d’énormes nuages noirs et de la poussière », explique-t-il. « Je suis retourné en courant vers les lieux et j’ai vu des corps dispersés, et de nombreux blessés en train de pleurer. Il y avait des mares et des mares de sang, des morceaux de chair et des membres humains ».

Des membres du personnel soignant, eux-mêmes en pleurs, se sont précipités vers les lieux de l’attentat pour aider les victimes, raconte-il.

Pervez Masi, qui a été blessé par des éclats de verre, a indiqué que la détonation était si puissante qu »on n’a pas compris ce qui s’était passé ».

« Tant de mes amis sont morts », dit-il. « Ceux qui font ça sont des animaux ».

La police a confirmé qu’il s’agissait d’un attentat suicide.

« Le poseur de bombe s’était harnaché avec environ 8 kg d’explosifs, remplis d’éclats et de billes de métal » selon le chef des démineurs, Abdul Razzaq.

Le président de l’association du barreau de la province, Bilal Anwar Kasi, a été tué lundi matin par des inconnus armés alors qu’il quittait son domicile pour aller travailler.

Le Pakistan est coutumier des attaques meurtrières après une décennie d’insurrection, mais la sécurité s’est nettement améliorée en 2015, lorsque le bilan des violences a chuté à son plus bas niveau depuis 2007 dans la foulée d’une vaste opération militaire.

Le Premier ministre Nawaz Sharif a condamné l’attentat, et ordonné de nouvelles mesures de sécurité.

« Nous ne laisserons personne troubler dans cette province la paix qui y a été restaurée grâce aux nombreux sacrifices des forces de sécurité, de la police et du peuple », a-t-il indiqué selon un communiqué de son bureau.

Le Baloutchistan, frontalier de l’Iran et de l’Afghanistan, est une région riche en réserves pétrolières et gazières, secouée par des violences confessionnelles entre sunnites et chiites, des attaques islamistes et une insurrection séparatiste.

Les forces de sécurité et structures gouvernementales y sont régulièrement prises pour cible.

Ce n’est pas la première fois qu’un attentat vise un hôpital au Pakistan. En 2010, une bombe avait tué 13 personnes devant le département des urgences d’un hôpital de la mégalopole de Karachi, où étaient soignées les victimes d’un premier attentat, alors que leurs proches s’y étaient rassemblés.

*Avec AFP

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