RIMPAC 2016: de l’importance de l’interopérabilité

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L'USS San Diego LPD 22, à bord duquel a embarqué Jérémie Fraser. (US Navy)
L’USS San Diego LPD 22, à bord duquel a embarqué Jérémie Fraser. (US Navy)

Le matin, avant même d’ouvrir les yeux, j’entends le son de choses qui tombent. Est-ce cela qui m’a réveillé, ou plutôt le fort roulis du bateau qui me berce un peu trop fort? Deux courroies m’empêchent de tomber par terre. Sur le sol, des objets divers roulent d’un bord à l’autre du dortoir. Impossible de savoir l’heure sans regarder une montre, car il n’y a pas de hublots. On annonce une tempête tropicale, laquelle est sensée mous frapper demain. Elle n’est pas encore toute là, mais elle fait visiblement la cour au USS San Diego qui danse sur les vagues. Tempête il y a eu mais celle-ci ne nous a pas touché. Notre navire l’a tout simplement évitée en naviguant un peu plus vers le sud.

Nous avons maintenant une sixième personne avec nous dans notre dortoir. Puisque le USS San Diego est plein à craquer de marins et de marines, le lit vacant dans notre chambre a été offert à un marine technicien médical. Il est resté quelques jours puis à participé au déploiement amphibie de quelques centaines de marines qui sont sortis du ventre du USS San Diego à bord de AAV’s. Ces derniers sont des véhicules d’assaut amphibies et ressemblent à n’importe quel transport de troupe blindé, sauf qu’ils flottent.

Il y a eu une discussion parmi mes acolytes canadiens et moi-même à propos de l’utilité d’un tel échange avec la US Navy. Certains affirmaient qu’il aurait été préférable d’être déployé sur un navire anglais ou australien, puisque le fonctionnement de ces derniers est très similaire aux nôtres. Certes, nous aurions peut-être acquis de l’expérience plus utile pour être «Officer of the watch». Cependant, l’idée derrière RIMPAC, c’est l’interopérabilité. En d’autres mots, cet exercice vise à rendre plus efficace la collaboration entre alliés. De fait, comprendre le fonctionnement des navires de notre plus puissant allié me semble un atout capital.

Il me semble que ma participation à RIMPAC m’a permit de mieux comprendre le «Big picture». Le fait est que nous vivons dans un monde multipolaire. Les prochains conflits impliquant le Canada seront possiblement menés dans le cadre d’alliances avec d’autre pays, car tandis que les budgets militaires occidentaux diminuent, ceux de certains autre pays augmentent. De plus, les plus récentes implications militaires du Canada (Afghanistan, Libye, Syrie) ont été effectuées en partenariat avec nos alliés de l’OTAN. Le Canada a d’ailleurs actuellement des troupes déployées en Europe de l’est, lesquelles coopèrent avec certains alliés. J’en conclus donc qu’un élément critique de la compétence de nos troupes dans l’avenir est la capacité à fonctionner efficacement avec d’autres forces armées, et ce, en dépit des différences de culture et de langage.

Dans quelques jours, nous retournerons à Pearl Harbor. Ce sera la fin de RIMPAC.
J’aimerais conclure cet article en remerciant le capitaine et l’équipage du USS San Diego pour leur accueil chaleureux. Être en mer avec vous était fantastique, je recommencerais n’importe quand. Tel que le capitaine l’a dit quelque fois: «Sailors belong on ships, ships belong at sea!»

Jérémie Fraser a gradué du Collège militaire royal du Canada en 2016 avec une double spécialisation en Études militaires et stratégiques et en études françaises. De 2008 à 2012, il était soldat d'infanterie au régiment Les Fusillers Mont-Royal.

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