Roméo Dallaire et Louise Arbour accompagneront Harjit Sajjan en Afrique

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Le lieutenant-général à la retraite et ex sénateur libéral Roméo Dallaire lors d'une entrevue avec 45eNord.ca au CMR Saint-Jean en mai 2016. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
Le lieutenant-général à la retraite et ex sénateur libéral Roméo Dallaire lors d’une entrevue avec 45eNord.ca au CMR Saint-Jean en mai 2016. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)

Le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire et la juge Louise Arbour accompagneront le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, lors d’une visite en Afrique qui servira notamment à orienter la participation continue du Canada aux opérations de paix

Le ministre Sajjan, qui avait annoncé à la mi-juillet que le Canada comptait mener en Afrique une ou plusieurs missions de maintien de la paix, séjournera en République démocratique du Congo (DRC), en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, du 9 au 16 août 2016.

Le pays où se déploierait cette mission n’a toutefois pas encore été précisé.

Roméo A. Dallaire, lieutenant-général à la retraite et ex sénateur libéral, est surtout connu pour avoir agi dans un cadre humanitaire au Rwanda, alors qu’il était commandant de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), la force de maintien de la paix des Nations unies au Rwanda, pendant le Génocide au Rwanda en 1994.

Ses tentatives d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les crimes qui se perpétraient au Rwanda sont restées lettre morte, ce qu’il a regretté et dénoncé à son retour d’Afrique.

Il a signé plusieurs articles sur la résolution de conflits, l’aide humanitaire et les droits de la personne, tous sujets au cœur de ses préoccupations. En tant que « Fellow » du Carr Center for Human Rights Policy (Kennedy School of Government de l’Université Harvard), il poursuit ses recherches sur le règlement des conflits et l’utilisation d’enfants soldats.

Louise Arbour a été, jusqu’au 30 juin 2008, Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et donc membre du Cabinet du secrétaire général des Nations unies. Elle avait été nommée à cette fonction en février 2004. Auparavant, elle était juge à la Cour suprême du Canada. Elle a aussi occupé les fonctions de procureur en chef du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda à La Haye aux Pays-Bas.

Aujourd’hui, Louise Arbour siège à titre de juge ad hoc à la Cour internationale de justice et est membre du groupe consultatif ministériel sur l’Examen de la politique de Défense du Canada.

Un continent qui n’a pas reçu l’attention qu’il mérite

« Le Canada accorde beaucoup d’importance aux relations riches et étroites qu’il entretient avec ses partenaires africains et reconnaît l’importance d’une forte voix africaine pour débattre des questions relatives à la paix et la sécurité mondiales », explique le communiqué de la Défense qui annonce cette visite.

Faisant écho aux remarques du ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan peu après le Sommet de l’OTAN de Varsovie et juste après une visite en Irak et au Koweït, le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, avait clairement confirmé à la mi-juillet que les Forces armées canadiennes allaient de nouveau reprendre le chemin de l’Afrique et annoncé une visite d’exploration.

La visite du ministre ce mois-ci contribuera à orienter la participation continue du Canada aux opérations de paix tout en appuyant les travaux en cours liés à l’examen de la politique de défense du Canada.

« Certaines parties du monde … n’ont pas eu l’attention qu’elles méritaient, et voilà pourquoi nous regardons maintenant l’Afrique. », avait déclaré le ministre Sajjan le mois dernier, ajoutant également que « Contenir la propagation du terrorisme en Afrique est une préoccupation pour le Canada ».

Au cours de son séjour, le ministre Sajjan échangera avec de hauts fonctionnaires des pays hôtes et avec la Commission de l’Union africaine, ainsi qu’avec des représentants des Nations Unies, de la société civile et d’organisations non gouvernementales.

«Nous ne pouvons pas regarder juste un seul pays», avait expliqué M. Sajjan, lors d’une conférence téléphonique à laquelle a pris part 45eNord.ca à la mi-juillet. «La raison est que lorsque l’on regarde du côté de l’Afrique… nous pouvons observer divers groupes comme Boko Haram, Al-Shabab, qui tentent de mettre en place un réseau plus large avec l’État islamique», a-t-il poursuivi.

À l’ouest, Boko Haram fait ainsi des ravages dans le nord du Nigeria et dans le Tchad voisin, tandis qu’à l’est les islamistes radicaux shebab ont profité du désordre en Somalie pour établir une empreinte durable.

Le Canada peut encore déployer jusqu’à 1 000 soldats

Avec près de 500 soldats déployés en Pologne et en Ukraine, 800 en Irak et au Koweït et un autre 250 en mer, plus un autre 450 début 2017 en Lettonie, ce sont donc tout près de 2.000 soldats qui seront déployés en tout temps.

Le chiffre magique est de 3.000. C’est en effet le maximum que le Canada a déployé par le passé, que ce soit lors de missions de maintien de la paix au début des années 90 ou au plus fort de la guerre en Afghanistan, à Kandahar. Il reste donc une marge de 1.000 militaires supplémentaires pouvant être déployés.

Les Nations unies ont actuellement 16 opérations de maintien de la paix, dont neuf en Afrique (Soudan, Soudan du Sud, Darfour, Libéria, Sahara Occidental, Mali, République Centrafricaine, République démocratique du Congo et Côte d’Ivoire).

En date du 30 avril, celui qui est pourtant le père fondateur des missions de paix des Nations Unis, le Canada ne se plaçait qu’à la 73e place des pays contributeurs en troupes, avec 27 militaires et 52 policiers déployés sur cinq missions, selon des données du Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

Mais le gouvernement Trudeau a maintes fois réitéré sa volonté de voir le Canada jouer de nouveau un rôle de premier plan dans les opérations de maintien de la paix.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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