Soutien de la paix: le Canada en Afrique pour longtemps pour un impact «significatif»

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Le ministre canadien de la Défense et le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire, ex commandant de la MINUAR, le 13 août en Ouganda lors de la tournée africaine du ministre. (Compte Twitter/@HarjitSajjan)
Le ministre canadien de la Défense et le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire, ex commandant de la MINUAR, le 13 août en Ouganda lors de la tournée africaine du ministre. (Compte Twitter/@HarjitSajjan)

En téléconférence depuis le Congo à son avant-dernier jour d’une tournée en Afrique visant à orienter les futures missions de la paix canadiennes, le ministre de la Défense Harjit Sajjan affirme que le principal critère de sélection de la future mission de paix canadienne en Afrique sera la volonté que l’action canadienne ait un véritable impact significatif.

La contribution du Canada à une mission des Nations Unies sur le continent africain impliquera plus que les Forces armées canadiennes, ira au-delà de ce qui serait considéré comme un rôle traditionnel de maintien de la paix et sera maintenue pour une période significative, a précisé le ministre Sajjan aujourd’hui.

Interrogé sur la possibilité que la participation canadienne à une mission de la paix en Afrique diminue l’impact des autres missions canadiennes en cours, en Europe notamment, le ministre a tenu à assurer qu’il agirait en consultation avec le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, pour s’assurer que toutes les missions aient un véritable impact.

Quant aux dangers inhérents à pareille mission en Afrique, le ministre a reconnu que ce que le Canada demandera à ses soldats ne peut plus être appelé maintien de la paix parce que le terme ne reflète pas les exigences modernes de la stabilisation d’une zone de conflit. Les tâches des soldats canadiens en Afrique pourraient très bien, par exemple, être aussi de la formation des troupes d’autres pays pour la lutte contre le terrorisme.

Le ministre canadien de la Défense, ex militaire lui-même ayant affronté en Afghanistan une guerre insurrectionnelle, reconnaît également que le travail dans les pays ravagés par les conflits est potentiellement plus dangereux et a répété pour cette raison qui’il préfère l’expression «opérations de soutien de la paix » pour décrire la tâche Canada se prépare à embrasser dans un ou plusieurs endroits en Afrique.

Les pays africains les plus fréquemment cités comme lieu de la future mission canadienne sont la RDC, la République centrafricaine et le Mali, mais si le ministre dit avoir une idée très claire sur la taille de la mission, aucune décision n’a toutefois encore prise sur le moment ou le lieu précis de la mission, a-t-il dit.

En outre, l’analyse des besoins ne se fera pas nécessairement par pays, mais bien par région, a expliqué le ministre. « Si nous étudions les problèmes en nous fiant uniquement aux frontières des pays, nous n’aurons pas de véritable impact »,

Après cette tournée du 9 au 16 août qui l’a mené en République démocratique du Congo (DRC), en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, à la question de savoir si, d’ores et déjà, certain pays avaient pu être éliminés de la liste des endroits potentiels pour une mission canadienne, comme le Soudan du Sud qui a récemment rejeter le renforcement de la mission de paix de l’ONU sur son territoire, le ministre Sajjan a précisé que, pour le moemnt, aucun pays n’était écarté d’emblée.

À son retour de cette tournée où était accompagné, notamment, du lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire et l’ex-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Louise Arbour ainsi que de l’ambassadeur canadien à l’ONU, le Montréalais Marc-André Blanchard, le ministre continuera donc d’étudier un éventail de possibilités afin de déterminer où et comment le Canada pourra avoir le maximum d’impact.

Quant à savoir si le Parlement sera appelé à se prononcer sur cette mission, le ministre a répondu qu’il allait de soi que le Canada participe à des missions sous l’égide de l’ONU, comme il le fait sous l’égide de l’OTAN, sans que les parlementaires n’aient nécessairement à autoriser ces missions.

Une orientation déjà annoncée et déjà confirmée

La participation des soldats canadiens aux missions de maintien de la paix a diminué au fil du temps pour ne plus être que de 28 personnes aujourd’hui (9 experts militaires, 19 militaires.

Les déploiements actuels comprennent donc moins de 30 soldats à l’appui des missions de maintien de la paix des Nations Unies, une baisse vertigineuse en comparaison des chiffres de 1993, lorsque 3 300 Canadiens étaient déployés dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies.

Mais le 13 novembre dernier, ce que Harjit Sajjan n’a pas manqué de rappeler lors de la téléconférence, moins d’un mois après l’élection qui a porté l’actuel gouvernement au pouvoir, le ministre avait déjà reçu pour mission du premier ministre Justin Trudeau dans sa lettre de mandat de «renouveler l’engagement du Canada aux opérations des Nations Unies pour la paix » en parfaite conformité avec une promesse de campagne faite par les libéraux, qui avaient lors de la campagne électorale accusé le gouvernement Harper de tourner le dos à la paix.

On s’attend maintenant à ce que le Canada annonce son nouveau déploiement de soldats de la paix lors du sommet britannique sur les missions de paix des Nations unies qui se tiendra à Londres les 7 et 8 septembre et auquel, bien sûr, le ministre Sajjan participera. Evènement que 45eNord.ca couvrira d’ailleurs sur place.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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