Syrie: le garçonnet Omran est «le vrai visage» de la guerre, clame Washington

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Omran Daqneesh (AMC/HO/VIA AFP)
Omran Daqneesh (AMC/HO/VIA AFP)

Les États-Unis se sont joints jeudi à l’émotion mondiale suscitée sur les réseaux sociaux par les photos d’un enfant blessé par des bombardements à Alep, en Syrie, jugeant que le petit garçon représentait « le vrai visage » de la guerre.

« Combien d’entre vous ont vu la vidéo, les photos de ce petit garçon? », a demandé soudainement aux journalistes qui assistent à son point presse quotidien le porte-parole du département d’État John Kirby.

« Il a environ cinq ans », a lui-même répondu M. Kirby, sortant de ses éléments de langage habituels sur la politique étrangère américaine.

« Ce petit garçon n’a jamais connu un seul jour dans sa vie sans guerre, mort, destruction, pauvreté dans son propre pays », a tonné le porte-parole en rappelant que le conflit, qui a fait plus de 290.000 morts, avait débuté en mars 2011.

Des images largement partagées depuis mercredi soir montrent ce petit garçon de 4 ans, Omrane, assis seul dans une ambulance, le visage recouvert de poussière et de sang, étourdi par le souffle de l’explosion causé par un raid sur Alep.

« Pas besoin d’être père, mais je le suis », a poursuivi John Kirby. « Vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder ça et de voir que c’est le vrai visage de ce qui se passe en Syrie ».

Le porte-parole de la diplomatie américaine, dont le patron John Kerry tente depuis des mois de trouver avec la Russie une porte de sortie diplomatique à la guerre, a réaffirmé qu’il fallait que la communauté internationale « se mette ensemble pour essayer de trouver un meilleur résultat ».

« C’est l’une des raisons pour lesquelles le secrétaire d’Etat est aussi frustré par ce qui se passe en Syrie. C’est pour cela qu’il continue d’exhorter la Russie à travailler avec lui sur la série de propositions sur lesquelles nous nous sommes entendus à Moscou » en juillet, a plaidé M. Kirby.

Lors d’une visite de M. Kerry en Russie mi-juillet, Washington et Moscou s’étaient mis d’accord sur des « mesures concrètes », restées confidentielles, pour sauver la trêve et combattre les djihadistes. John Kerry avait promis fin juillet des annonces pour début août sur cette éventuelle collaboration militaire américano-russe.

La feuille de route américaine pour sortir du conflit syrien comprend un cessez-le-feu national, une ouverture totale à l’aide humanitaire et une reprise des négociations politiques entre le régime syrien et l’opposition à Genève.

« Il ne faut pas que nous puissions regarder d’autres images comme celle de ce jeune garçon aujourd’hui à Alep », conclu M. Kirby.

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