Yémen: la coalition arabe nie avoir visé une école

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Un Yémenite inspecte les décombres après une frappe aérienne de la coalition militaire arabe conduite par l'Arabie saoudite à Sanaa, le 14 février 2016. (AFP/Archives/MOHAMMED HUWAIS)
Un Yémenite inspecte les décombres après une frappe aérienne de la coalition militaire arabe conduite par l’Arabie saoudite à Sanaa, le 14 février 2016. (Photo d’illustration/AFP/Archives/MOHAMMED HUWAIS)

La coalition arabe intervenant au Yémen a nié dimanche que ses avions aient visé une école dans le nord du pays en guerre, affirmant avoir frappé un centre où les rebelles Houthis entraînaient des enfants au combat, a indiqué son porte-parole.

« Ils utilisent des enfants comme recrues », a déclaré à l’AFP le général saoudien Ahmed Al-Assiri en « démentant qu’une école ait été la cible de la coalition » samedi.

« L’aviation a bombardé (seulement) un camp d’entraînement » rebelle dans la région de Saada, a-t-il dit.

Médecins sans frontières (MSF) a affirmé dimanche que des raids de la coalition sur une école avaient fait 10 morts et 28 blessés parmi des enfants.

L’Unicef a elle aussi fait état de bombardements sur une école.

« Nous aurions espéré qu’au lieu de pleurer dans les médias, MSF prenne des mesures pour arrêter le recrutement d’enfants pour les guerres », a lancé le général Assiri.

Il a assuré que seul un grand camp d’entraînement, et non une école coranique, avait été visé samedi, avec pour résultat selon lui la mort du responsable du camp, Abou Yahya Abou Rabaa, et d’un nombre non spécifié de rebelles chiites Houthis.

« Nous avons été en contact avec le gouvernement » yéménite et « il n’y a pas d’école dans ce secteur, c’est le centre (d’entraînement) al-Houda », a affirmé le responsable saoudien. « Notre question est la suivante: que font des enfants là-bas? »

Le général Assiri a accusé les rebelles de « recruter des enfants et de les utiliser comme éclaireurs, gardes, messagers et combattants ». Ils « les exposent aux blessures et aux meurtres », a-t-il ajouté.

La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales, soutenues par une coalition arabo-sunnite, à des rebelles alliés à l’ex-président yéménite, accusés de liens avec l’Iran chiite. Les rebelles contrôlent la capitale Sanaa et une bonne partie du nord du Yémen.

La coalition et l’Arabie saoudite sont régulièrement accusées de commettre des « bavures » contre des civils.

Depuis mars 2015, le conflit a fait plus de 6.400 morts et 30.000 blessés, dont de nombreux civils.

L’armée reprend une capitale provinciale à Al-Qaïda (commandant)

Par ailleurs, des troupes yéménites, soutenues par l’aviation de la coalition menée par l’Arabie saoudite, sont entrées dimanche à Zinjibar, capitale de la province sudiste d’Abyane qui était aux mains d’Al-Qaïda depuis des mois.

« Nos troupes sont entrées à Zinjibar après des combats avec des hommes armés d’Al-Qaïda », a déclaré à l’AFP Andallah al-Fadhli, qui commande l’offensive.

« Zinjibar a été reprise aux combattants d’Al-Qaïda, dont la plupart ont pris la fuite », a-t-il ajouté, en faisant état de poches de résistance dans les quartiers nord de la ville.

L’offensive gouvernementale s’est développée à partir d’Aden, la grande ville du sud d’où des renforts sont arrivés depuis samedi.

Des centaines de soldats se sont spécialement entraînés pendant des mois en vue de cette opération.

Les forces du gouvernement yéménite se sont lancées depuis mars dans des opérations qui ont permis de reprendre de nombreuses villes et localités du sud aux djihadistes, mais elles s’étaient heurtées à Zinjibar à une forte résistance d’Al-Qaïda.

Lors de l’opération dimanche, un kamikaze a lancé sa voiture piégée contre une colonne de soldats, tuant trois d’entre eux, selon des sources militaires.

Deux autres membres des supplétifs de l’armée ont été tués dans les combats, selon des sources des services de sécurité.

Samedi, l’aviation de la coalition a pris pour cible des combattants d’Al-Qaïda dans la ville côtière de Chuqra, de la même province, tuant quatre d’entre eux, selon d’autres sources militaires.

Mardi, des combattants d’Al-Qaïda se sont retirés d’Azzan, ville de la province voisine de Chabwa, après une série de raids contre leurs positions menés par l’aviation de la coalition arabe sous commandement saoudien.

Les États-Unis poursuivent pour leur part des attaques de drone contre des jihadistes d’Al-Qaïda qui, comme ceux du groupe Etat islamique, ont profité du chaos généré par la guerre entre rebelles Houthis et forces gouvernementales pour renforcer leur présence dans le sud du Yémen.

Washington, qui considère la branche d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) basée au Yémen comme la plus dangereuse du réseau extrémiste, a conduit de nombreuses attaques meurtrières par drone contre des membres de cette organisation ces dernières années.

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