Aujourd’hui 15ème anniversaire du 11-Septembre, le monde se souvient

0
Le 11 septembre 2001, des attentats impliquant des ressortissants saoudiens font près de 3000 morts aux États-Unis. La guerre au terrorisme qui se poursuit encore aujourd'hui, occupe désormais une place centrale partout en Occident, que ce soit en Europe ou en Amérique.(Archives/AFP)
Le 11 septembre 2001, des attentats impliquant des ressortissants saoudiens font près de 3000 morts aux États-Unis. La guerre au terrorisme qui se poursuit encore aujourd’hui, occupe désormais une place centrale partout en Occident, que ce soit en Europe ou en Amérique.(Archives/AFP)

Si elles n’ont pas, comme l’espéraient ses instigateurs, mis l’Amérique à genoux, les attaques du 11 septembre 2001 ont ouvert une ère d’instabilité dont les répercussions, surtout au Proche et Moyen Orient, vont encore se faire sentir pendant des années, estiment experts et officiels.

Aujourd’hui, jour anniversaire de ce jour de septembre où s’est levée une tempête qui va souffler encore longtemps, le monde se souvient.

Déclaration du premier ministre Trudeau à l’occasion du 15e anniversaire du 11 septembre

Le ministre de la Défense, Harjit S. Sajjan, en compagnie de l’amiral Bill Gortney, commandant du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) et de l’U.S. Northern Command (USNORTHCOM), le lieutenant-général canadien Pierre St‑Amand, commandant adjoint du NORAD et le Sous-ministre du Ministère de la Défense nationale John Forster devant le monument commémoratif du 11-Septembre au quartier général du NORAD, au Colorado, le 20 janvier 2016.
Le ministre de la Défense, Harjit S. Sajjan, en compagnie de l’amiral Bill Gortney, commandant du NORAD) et de l’USNORTHCOM, le lieutenant-général canadien Pierre St‑Amand, commandant adjoint du NORAD et le Sous-ministre du Ministère de la Défense nationale John Forster devant le monument commémoratif du 11-Septembre au quartier général du NORAD, au Colorado, le 20 janvier 2016.
Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui la déclaration suivante à l’occasion du 15e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001 et de la Journée nationale du service :

«Aujourd’hui, nous commérons le 15e anniversaire des attentats terroristes perpétrées aux États-Unis qui ont provoqué la mort de près de 3 000 innocentes victimes, dont 24 Canadiens.

«En ce jour solennel, nous nous joignons aux familles et aux amis des victimes pour nous souvenir et rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie. Nous offrons également notre sincère appui aux personnes qui restent aux prises avec des blessures physiques et émotionnelles subies lors des attentats du 11 septembre.

«Nous saluons le courage et la bravoure extraordinaires dont les premiers intervenants ont fait preuve ce jour-là et durant les jours qui ont suivi. Nous rendons hommage aux équipes d’urgence médicale, aux pompiers, aux policiers et à tous ceux qui ont couru en direction du danger et des panaches de fumée, risquant leurs vies pour sauver celles des autres.

«Même si les attentats du 11 septembre resteront longtemps gravés dans nos mémoires comme étant un jour de destruction et de terreur, souvenons-nous aussi de l’humanité extraordinaire dont nous avons été témoins à un moment si tragique. N’oublions jamais tous les Canadiens qui, d’un océan à l’autre, ont ouvert leur cœur et leur foyer aux personnes touchées par les attaques.

«Au nom du gouvernement du Canada, Sophie et moi encourageons les Canadiens à se souvenir de l’immense vague de bonne volonté dont nous avons été témoins le 11 septembre en participant à des activités communautaires et charitables, ainsi qu’à d’autres bonnes causes partout au pays, à l’occasion de la Journée nationale du service. »

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, rappelle le sacrifice des Canadiens

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a rappelé pour sa part le sacrifice des Canadiens: « Les événements terribles du 11 septembre 2001, qui ont coûté la vie à 3 000 victimes innocentes, y compris 24 Canadiens, représentent une tragédie insensée que nous ne devons jamais oublier ».

« Alors que nous réfléchissons à cette journée d’il y a 15 ans jour pour jour, nous devons aussi nous souvenir des nombreux gestes de bonté. Par exemple, les citoyens de Gander, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, ont fait preuve d’une générosité et d’une compassion remarquables en offrant le gîte et le couvert aux voyageurs qui avaient dû faire un séjour imprévu dans cette collectivité pendant un certain temps », a souligné le ministre Goodale.

« De telles mesures positives expliquent pourquoi le 11 septembre a été sacré Journée nationale du service communautaire, où l’on souligne l’importance de l’entraide et du bénévolat dans nos propres collectivités », a-t-il noté.

« J’invite les Canadiens à se souvenir des événements du 11 septembre 2001, mais aussi, surtout, à reconnaître la solidarité qui est née de cette tragédie et à continuer, par leurs gestes de générosité, à améliorer quotidiennement nos collectivités. Il est important que le Canada demeure vigilant et uni et qu’il continue de protéger nos droits et libertés », a conclu le ministre canadien.

Obama: la diversité est «la force» des États-Unis

Les États-Unis ont aussi commémoré ce jeudi les attentats du 11 septembre 2001 avec des cérémonies du souvenir à New York, en Pennsylvanie et à Washington, où Barack et Michelle Obama ont observé une minute de silence(AFP)
le président Obama et Michelle Obama en septembre 2014. (AFP)
Le président américain Barack Obama a affirmé dimanche, lors du 15ème anniversaire du 11-Septembre, que la diversité était la « force » de l’Amérique, appelant à ne pas céder aux « terroristes » dont l’objectif est de diviser le pays.

« Al-Qaïda ou le groupe État islamique savent qu’il ne pourront jamais vaincre une nation aussi forte que l’Amérique, alors ils essaient de terroriser en espérant que la peur nous dressera les uns contre les autres », a déclaré M. Obama, depuis le Pentagone, l’une des cibles des attentats qui ont fait près de 3.000 morts.

« C’est pourquoi il est important aujourd’hui de réaffirmer qui nous sommes en tant que nation(…)car nous savons que notre diversité n’est pas une faiblesse, elle est et restera toujours l’une de nos principales forces », a-t-il poursuivi.

Dans une allusion indirecte aux propositions controversés du candidat républicain Donald Trump, M. Obama a rappelé que des gens « venus de tous les coins du monde, de toutes couleurs, de toutes religions » avaient fait de l’Amérique ce qu’elle est aujourd’hui.

Le président américain a, à plusieurs reprises, dénoncé avec force la rhétorique du candidat républicain à la Maison Blanche. Dans la foulée de la fusillade de San Bernardino (Californie) en décembre dernier, le milliardaire avait proposé d’interdire temporairement l’entrée sur territoire américain de tous les musulmans.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, « la menace a évolué », a encore dit le président américain.

« Les terroristes essayent souvent de mener des attaques à plus petite échelle mais qui restent meurtrières », a-t-il ajouté, évoquant les attentats de Boston, San Bernardino ou Orlando.

À 08H46 (12H46 GMT), heure à laquelle le premier avion de ligne détourné a percuté l’une des deux tours du World Trade Center (WTC) à New York, le président américain avait observé, à l’abris des caméras, une minute de silence depuis le Bureau ovale.

Le 11 septembre 2001 s’est levée une tempête qui va souffler encore longtemps

Un F-16 Fighting Falcon de la US Air Force reçoit du carburant à partir d'un KC-135 Stratotanker, le 16 décembre 2014, dans le cadre de l'opération Inherent Resolve contre le groupe armé l'État islamique (Archives/sergent Chelsea Browning/US Air Force)
Un F-16 Fighting Falcon de la US Air Force reçoit du carburant à partir d’un KC-135 Stratotanker, le 16 décembre 2014, dans le cadre de l’opération Inherent Resolve contre le groupe armé l’État islamique (Archives/sergent Chelsea Browning/US Air Force)
En réagissant avec une « force écrasante » (la doctrine US de « l’overwhelming force »), et surtout en envahissant l’Irak, les États-Unis ont semé les germes du chaos dans lequel une bonne partie de la région est actuellement plongée, assurent-ils.

Le réseau Al Qaïda et le mouvement jihadiste international, un temps déstabilisé par la perte de son sanctuaire afghan, a depuis fait la preuve de sa résilience et de sa capacité d’adaptation, essaimant dans de nombreux pays et menant des opérations et des attentats qui sèment la terreur.

« Le 11 septembre était en fait l’aboutissement d’un travail de plusieurs années par Al Qaïda pour monter le +big one+, l’attentat majeur », rappelle à l’AFP Didier Le Bret, qui était jusqu’à la semaine dernière le Coordinateur national du renseignement français, avant de démissionner pour se lancer en politique. « Mais c’est surtout le point de départ de la prise de conscience (des Américains) de leur vulnérabilité sur leur sol. Et ça, ils ne peuvent l’accepter. »

« Ils réagissent à l’Américaine, c’est-à-dire pas dans la demi-mesure », poursuit-il. « C’est leur force et leur faiblesse : ils ne cherchent jamais à maintenir, comme nous pouvons le faire en Europe, les équilibres et la complexité des choses. Eux, c’est : voilà l’ennemi, on va se donner les moyens de l’abattre. Les conséquences, on verra… »

« Et on les a vues, effectivement: c’est l’image atroce qu’ont projeté les Etats-Unis d’eux-mêmes, la prison d’Abou Ghraib, Guantanamo. Cela se termine avec l’erreur tragique de l’Irak. Une guerre inachevée, bâtie sur un mensonge (…) . Ils ont précipité le chaos dans la région, qui a été totalement déstabilisée. »

Pour Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Sciences-Po Paris, « les quinze ans écoulés depuis le 11 septembre 2001 laissent le sentiment d’un effroyable gâchis ».

« califat de la terreur »

Capture d'écran d'une vidéo de propagande du chef de l'État islamique (EI), Abou Bakr Al-Baghdadi, désormais désigné par son groupe «Calife» et «Commandeurs des croyants» (Archives/45eNord.ca)
Capture d’écran d’une vidéo de propagande du chef de l’État islamique (EI), Abou Bakr Al-Baghdadi, désormais désigné par son groupe «Calife» et «Commandeurs des croyants» (Archives/45eNord.ca)
« Les États-Unis avaient bénéficié d’une solidarité internationale sans précédent dans la campagne menée contre les talibans et Al-Qaïda », dit-il. « Mais après cette campagne, couronnée de succès en quelques semaines, les néo-conservateurs ont imposé les priorités d’une +guerre globale contre la terreur+ qui a relancé le djihad global et lui a ouvert les portes de l’Irak, et donc du Moyen-Orient, voire de l’Europe ».

« Daech, le bien mal-nommé +Etat islamique+, est né de cette alliance entre deux totalitarismes, celui d’Al-Qaïda et celui du régime déchu de Saddam Hussein. Au lieu de prendre la mesure de cette menace inédite, Barack Obama l’a trop longtemps niée, permettant l’émergence d’un +califat de la terreur+ qui a essaimé dans le monde entier », ajoute-t-il.

Avec le recul, il est apparu clairement que l’espoir secret d’Oussama ben Laden était d’attirer la grande Amérique sur son terrain pour une confrontation qui ne pouvait, selon lui, que tourner à son avantage, comme il était persuadé (à tort, assurent tous les experts) d’avoir avec ses combattants arabes chassé l’armée rouge d’Afghanistan.

« Le rêve de mon père était de faire venir les Américains en Afghanistan », a déclaré en 2010 au magazine Rolling Stone, Omar ben Laden, l’un des onze fils du fondateur d’Al Qaïda. « Il voulait leur faire la même chose qu’aux Russes. J’ai été surpris qu’ils mordent à l’appât ».

En forçant Washington à sortir de son isolement outre-atlantique et à envoyer des milliers de soldats au Moyen-Orient, où quinze ans plus tard ils sont encore, ben Laden a utilisé ce que l’historien Yuval Noah Harari, auteur du bestseller « Sapiens », appelle « la méthode du maître de taï-chi ».

« Les terroristes espèrent que, même s’ils ne peuvent qu’à peine entamer la puissance de leur ennemi, la peur et la confusion va amener cet ennemi à faire un mauvais usage de sa force », écrit-il dans une récente tribune.

« Ils calculent que quand leur ennemi, fou de rage, va utiliser sa puissance massive contre eux, cela fera se lever une tempête militaire et politique beaucoup plus violente que tout ce qu’ils pourraient provoquer eux-mêmes. Et pendant une tempête, bien des choses inattendues arrivent ».

*Avec AFP

Les commentaires sont fermés.