Chine-Canada: ententes commerciales ou pas, Ottawa reste ferme dans son opposition à la peine de mort

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Le premier ministre Trudeau accueille officiellement le PM chinois Li Keqiang au Canada. (Twitter/@PMcanadien)
Le premier ministre Trudeau accueille officiellement le PM chinois Li Keqiang au Canada. (Twitter/@PMcanadien)

Alors que de multiples ententes commerciales ont été annoncées récemment entre le Canada et la Chine, Ottawa n’entend pas céder sur son opposition à la peine de mort lors des négociations d’un traité d’extradition avec la Chine, a fait savoir le premier ministre trudeau à l’occasion de la visite à Ottawa de son homologue chinois, Li Keqiang.

Suite à la première visite officielle en Chine qu’il a effectuée récemment et au cours de laquelle plus de 60 ententes commerciales ont été annoncées, le premier ministre Justin Trudeau a également annoncé aujourd’hui que quatre ententes commerciales supplémentaires ont été signées entre des entreprises canadiennes et chinoises lors d’une cérémonie tenue à Ottawa. En outre, les deux pays entament des pourparlers préliminaires dans le but de conclure un accord de libre-échange.

La cérémonie de signature des ententes commerciales s’inscrit dans la visite officielle de Li Keqiang, premier ministre du Conseil d’État de la République populaire de Chine, au Canada du 22 au 23 septembre 2016.

La veille, à New York, le premier ministre canadien avait toutefois affirmé que le Canada demeure fermement opposé à la peine capitale, toujours utilisée en Chine, et que son gouvernement n’enverrait jamais un individu dans un pays où il pourrait être exécuté ou torturé.

« Le Canada a toujours eu des attentes extrêmement élevées par rapport aux traités d’extradition avec n’importe quel pays. Notre engagement contre la peine de mort, qui est en vigueur depuis 40 ans, veut dire que même avec un pays comme les États-Unis, on ne fait pas d’extradition si quelqu’un fait face à la peine de mort. D’ailleurs, c’est quelque chose qui est très important pour moi personnellement », a déclaré le premier ministre Trudeau.

Et encore cet après-midi à la Chambre des Communes, en réponse au chef néo-démocrate Thomas Mulcair (opposition de gauche), Justin Trudeau a réitéré très clairement que le Canada ne pliera pas sur ces principes qui lui sont chers.

Pour sa part, le premier ministre chinois Li Keqiang a défendu le maintien de la peine de mort dans son pays, arguant que cette mesure était nécessaire en raison des nombreux crimes violents auxquels est confrontée la Chine, tout en faisant valoir que les autorités ont appliqué la peine capitale avec une grande prudence ces dernières années, soulignant que beaucoup d’autres pays développés ont eux aussi toujours recours à ce châtiment.

« Si la peine de mort était abolie en Chine, beaucoup de gens innocents perdraient la vie », a déclaré ce jeudi en conférence de presse le premier ministre Li à l’issue d’une rencontre avec son homologue canadien.

Des négociations sur un traité d’extradition ont été lancées entre Ottawa et Pékin le 12 septembre, dans le cadre de la réunion inaugurale du Dialogue sur la sécurité nationale et la primauté du droit, quelques jours après la fin de la première visite officielle de M. Trudeau en Chine.

Alors que ces négociations commençaient à peine, les autorités chinoises ont décidé de libérer le ressortissant canadien Kevin Garratt, arrêté en 2014 au nord de la Chine et inculpé pour espionnage a été libéré et a pu rentrer chez lui à Vancouver.

Les négociations sur un traité d’extradition suscitent cependant des inquiétudes en raison du piètre bilan de ce pays en matière des droits de la personne, malgré les assurances du premier ministre Trudeau que la politique du gouvernement canadien est et demeurera de refuser l’extradition d’une personne qui risquerait d’être exécutée dans le pays qui réclame cette extradition.

Le premier ministre Li Keqiang est en visite officielle au Canada jusqu’à samedi. Il participera jeudi soir à un dîner offert par le premier ministre Trudeau et son épouse, Sophie Grégoire, au Musée canadien de l’histoire.

Il se rendra vendredi vers Montréal, où il prendra part à plusieurs activités et rencontres. Il doit notamment s’entretenir avec le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada après les États-Unis et, à l,issue de la rencontre avec son homologue chinois, le premier ministre canadien a indiqué que les deux pays entendent doubler leurs échanges commerciaux d’ici 2025.

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