Exercice Phoenix Warrior: la 2e escadre Bagotville valide ses capacités (PHOTOS)

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La base des Forces canadiennes Bagotville fait actuellement l’objet d’une mobilisation importante. La 2e Escadre (expéditionnaire) mène son exercice de confirmation PHOENIX WARRIOR jusqu’au 30 septembre. 45eNord.ca s’est entretenu avec son commandant, le colonel Luc Boucher.

Le chemin a été long et paraît lointain depuis l’idée de bâtir une escadre expéditionnaire en 2007. Suivant les traces de son prédécesseur, le colonel Éric Simoneau (1er commandant de la 2e Escadre), l’actuel commandant, le colonel Luc Boucher est fier du parcours accompli.

«Nous sommes toujours en phase de développement. Même si nous sommes pas mal au terme de l’effort pour remplir les différentes positions, nous avons encore 16 projets en cours pour arriver à notre capacité opérationnelle totale à l’horizon 2024», indique le colonel Boucher qui précise du même souffle que cela n’a pas empêché l’escadre de mener à bien plusieurs missions: les Philippines (Opération RENAISSANCE 13-1), le Népal (Opération RENAISSANCE 15-1), les réfugiés (Opération PROVISION) et le Koweït (Opération IMPACT). «Cela montre la valeur ajoutée de la 2e Escadre et notre capacité à aller de l’avant».

Le mandat de l’escadre est d’appuyer les activités de l’Aviation royale canadienne et en tant que tel fournit rapidement tout ce qu’il faut pour un déploiement permettant l’activation des capacités opérationnelles en théâtre d’une mission (rotation 0) grâce à la spécificité des unités et métiers présentes en son sein.

«Nous avons environ 250 personnels à Bagotville: renseignement, météo, commandement et contrôle, protection de la force, des mécanos, des charpentiers, des électriciens, des cuisiniers…, mais aussi une centaine d’autres à Cold Lake et à Trenton», explique le commandant de l’escadre.

Comme après chaque été, synonyme de retraite pour certains et enrôlement pour d’autres, une mise à niveau est nécessaire, c’est pour quoi comme dans une montée en puissance classique des cours sont prévus, de l’entraînement intensif et de la drill. C’est dans ce contexte qu’a lieu entre le 12 et le 30 septembre l’exercice PHOENIX WARRIOR.

Cette année, c’est un scénario d’opération d’évacuation de personnels non-combattants qui a été mis sur pied pour valider le niveau de préparation de l’escadre et de ses membres.

«Cet exercice nous permet de prendre toutes nos connaissances apprises comme si c’était dans le cadre d’une vraie mission. Donc on donne nos ordres, on sort l’équipement et on ajuste en fonction de la situation sur le terrain», expose le colonel Boucher.

Nouveauté cette année, un nouveau cours a fait son apparition pour donner la méthodologie des reconnaissances sur le terrain. «C’est très important parce que nos équipes doivent déterminer quelles sont les meilleures options et quelles capacités seront nécessaires. Pour l’exercice on avait deux sites: l’aéroport de La Tuque et dans Charlevoix. On a envoyé des équipes de reconnaissance et une fois revenues à Bagotville on nous a présenté les meilleures options. Dans une vraie mission on aurait choisi un des deux sites pour servir de tremplin et de base à notre opération».

Pour les besoins de l’exercice c’est finalement à Bagotville même qu’est revenu la tâche de simuler un pays hôte. Un camp a donc été monté sur place, avec, pour la première fois, une cuisine de campagne.

Une fois que l’exercice sera fini, chaque membre devra avoir ses propres leçons apprises. Un rapport sera fait sur le statut des troupes et de l’équipement pour que, en fin de compte, l’état de préparation de l’escadre soit validé ou non.

«J’insiste beaucoup sur le retour de chaque membre sur les leçons retenues de chaque membre. «Est-ce que l’on a des systèmes pour purifier l’eau? A-t-on le volume nécessaire? Est-ce que c’est facile d’utilisation? Est-ce que le système est fragile? Ce sont des questions qu’il faut se poser maintenant».

Prenant l’exemple des outils, le colonel Luc Boucher explique: «Est-ce que les outils sont adéquats pour la mission? Avec cette question on a eu des retours sur cet exercice que par exemple une scie électrique raccordée avec un fil… eh bien une scie fonctionnant à pile que l’on recharge cela augmentait la rapidité d’action.»

Au cours des prochains mois d’autres exercices et d’autres cours permettront de valider les plans pour la 2e Escadre Bagotville. Il y a encore bien du chemin à accomplir et le colonel Boucher rappelle que l’escadre ne possède pas encore tout ses équipements et son infrastructure pour fonctionner de manière autonome. Avec 16 projets en cours et une capacité opérationnelle totale à l’horizon 2024, l’escadre doit actuellement «piger» dans les stocks nationaux de l’Aviation royale canadienne. «Notre objectif est d’être plus rapides, plus agiles et toujours prêts», de résumer Luc Boucher.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER

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