Fortes tensions dans le Cachemire suite à l’attaque d’une base militaire dans la ville d’Uri

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Jaish-e-Mohammed, le groupe soupçonné d'être l'auteur de l'attaque du 1er janvier 2016 sur la base de Pathankot, dans l'État du Pendjab, combat habituellement l'État indien dans la région himalayenne du Cachemire, disputée par l'Inde et le Pakistan, où un conflit séparatiste a fait quelque 100 000 morts. Il aura fallu cette fois 14 heures aux forces spéciales pour parvenir à neutraliser les assaillants et reprendre le contrôle de la base. (NARINDER NANU/AFP)
Le groupe Jaish-e-Mohammed est de nouveau soupçonné d’avoir exécuté l’attaque contre la base militaire à Uri. L’Inde a lourdement accusé le Pakistan pour son rôle dans cette affaire, ce dernier appelle l’ONU à investiguer. (Archives/NARINDER NANU/AFP)

Selon l’AFP, de fortes tensions se font paraître depuis quelques jours entre l’Inde et le Pakistan suite à une attaque contre une base de l’armée Indienne dans la région du Cachemire qui a tué 17 soldats et qui constitue l’attaque la plus mortelle dans cette région depuis dix ans.

D’après ce que Fayaz Bukhari et Rupam Jain ont rapporté à l’agence médiatique Reuters, quatre hommes armés seraient rentrés dans le siège de la brigade de la ville d’Uri avant l’aube ce dimanche, et auraient ouvert le feu.

Une grande partie des morts et des blessés ont souffert de graves brûlures du fait que leurs tentes ai pris feu au cours de l’assaut.

Cette offensive survient après un regain de violences dans la région suite à la mort de Burhan Wani, un membre du groupe séparatiste Hizbul Mujahideen tué par les forces indiennes le 8 juillet. Selon le New Indian Press, l’Inspecteur Général de la police au Cachemire, Atul Karwal, explique que les forces indiennes s’attendaient à une vague d’insurrection ces dernières semaines, notamment à cause de cet évènement qui a incité de nombreux individus à rejoindre des organisations militantes.

Quatre-vingt-sept civils ont été tués depuis deux mois, et plus de 1000 civils ont été blessés lors des nombreuses manifestations contre le gouvernement indien.

La colère des habitants du Cachemire peut-être illustré par les milliers qui ont bravé le couvre-feu samedi pour assister aux funérailles d’un écolier dont le corps a été retrouvé criblé de plombs, ce qui a déclenché de nouveaux affrontements.

Le Lieutenant Général Ranbir Singh, chef des opérations militaires de l’armée Indienne, a conclu que l’Inde possède les capacités nécessaires pour répondre à l’attaque sur la base d’Uri. Il estime que l’attaque aurait été exécuté par le groupe Jaish-e-Mohammed, mené par l’islamiste Maulana Masood Azhar, mais aucune évidence n’a encore pu être fournie.

Plusieurs ministres indiens, dont le ministre de l’intérieur Rajnath Singh qui a appelé le Pakistan un “état terroriste”, souhaitent une prise d’action contre le gouvernement Pakistanais, mettant une forte pression envers le Premier ministre Narendra Modi.

Le gouvernement Pakistanais a quant à lui, accusé les politiques Indiens de ne pas laisser suffisamment de temps pour une investigation, et l’armée Pakistanaise accuse l’Inde de promouvoir un narrative hostile envers le Pakistan.

Depuis la partition de 1947, l’Inde et le Pakistan ont vécu à travers des décennies de méfiance, d’hostilité et de violence. Deux des trois guerres entre les deux pays ont été directement liées au Cachemire.

Les deux pays possèdent l’arme nucléaire, qui peut aider comme force de dissuasion. Mais attaquer le Pakistan porte le risque d’aggraver le conflit.

L’Inde n’avait pas répondu de manière militaire après l’attaque par un groupe basé au Pakistan à Mumbai qui avait tué 166 personnes en 2008, de peur de réveiller le conflit, et de même avec l’attaque portée sur une base militaire indienne en janvier dernier.

Le nouveau gouvernement Modi démontre une patience plus limitée que l’ancien gouvernement qui adoptait une “stratégie de restreinte”.

D’après des experts militaires, les options qui s’offrent à l’Inde seraient d’effectuer des attaques d’artilleries sur des positions militaires Pakistanaises qui permettent à des militants de passer au Cachemire. Cette option mettrait en péril le cessez-le-feu mis en place en 2003.

Une seconde option pourrait-être d’envoyer des commandos pour attaquer les camps d’entraînements de guérilleros.

Modi s’est réunit avec son cabinet pour s’accorder sur la manière de procéder, en maintenant que la priorité était de fortifier chaque base militaire sur la frontière.

Les troupes indiennes ont effectuées des recherches dans les zones montagneuses proches d’Uri où les attaquants auraient pu traverser pour se rendre dans la zone indienne du territoire. Des renforcements ont aussi été envoyés pour patrouillé l’une des frontières les plus militarisé au monde, où les soldats pakistanais et indiens ouvrent parfois le feu.

Les États-Unis, la France, et le Royaume-Unis se sont rangés auprès de l’Inde en condamnant les attaques terroristes.

S’il est estimé par Crédit Suisse en 2015 que l’Inde possède la cinquième armée la plus puissante comparée au Pakistan qui se tient à la onzième place, il est estimé que ce dernier possède 120 missiles nucléaires et l’Inde 110, selon la Arms Control Association.

L’Inde accuse le Pakistan d’Avoir un rôle actif dans l’insurrection qui afflige le gouvernement dans l’état de Jammu-et-Cachemire depuis 27 ans.

Le Pakistan a appelé les Nations Unies ainsi que la communauté internationale à enquêter sur cette attaque.

L’ONU se prépare à tenir l’assemblée générale annuelle à New York, au cours de laquelle la question du Cachemire sera probablement adressée.

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