Général Vance: l’ONU, les opérations de paix, les risques et les pions (VIDÉO)

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Témoignant devant le Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense, a balayé du revers de la main les critiques comme quoi les militaires canadiens seraient utilisés comme «pions» pour que le Canada obtienne un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Depuis la rentrée parlementaire le 19 septembre, le comité étudie les questions relatives à l’Examen de la politique de défense entrepris actuellement par le gouvernement, et a déjà auditionné une trentaine de témoins. Le 21, c’était au tour du général Vance de se présenter devant les sénateurs et répondre à leurs nombreuses questions.

C’est évidemment le retour aux opérations de soutien de la paix qui a monopolisé l’attention des parlementaires. Ainsi, le chef d’état-major de la défense a affirmé que les Forces armées canadiennes avaient tiré des leçons des erreurs des missions de maintien de la paix au Rwanda et en Bosnie, et que désormais il ne céderait jamais le commandement des troupes canadiennes aux Nations unies.

Le général Vance a affirmé qu’il ne laisserait «jamais» les Nations unies avoir le dernier mot sur le lieu et la manière d’agir des Casques bleus canadiens. Il a fait valoir que c’est lui seul qui rédigeait les règles d’engagement pour les soldats canadiens, qui demeureraient les mêmes dans le cadre de missions de maintien de la paix. Et même si les commandants de l’ONU pourraient accorder des tâches spécifiques aux soldats canadiens, cela sera fait avec les règles d’engagement canadiennes. «Je n’abandonne jamais le commandement canadien de ces soldats. Nous avons appris beaucoup depuis les jours de la Bosnie, du Rwanda et d’ailleurs. Et l’une de (ces leçons) est que vous n’arrêtez jamais d’être sous commandement canadien.»

Concernant les risques encourus, le chef d’état-major de la Défense a rappelé que si un gouvernement décide de déployer des militaires, c’est parce que tout le reste a échoué, et donc il y aura toujours un risque, il y aura toujours du danger, peu importe l’endroit et le moment de leur déploiement. C’est la nature même du métier de militaire. Il a cependant indiqué que l’état-major évalue chaque potentielle mission pour les militaires et les risques encourus, afin de pouvoir prendre des mesures de protection de la force et «mitiger» ces risques.

Renforçant les propos que le ministre de la Défense a tenu à 45eNord.ca dans l’émission Le Briefing du 20 septembre [à 02:23] sur la compréhension du conflit et de l’intervention qui devra être faite, le général Vance a tenu à préciser: «Nous devons nous fixer des missions réalistes. Il ne s’agit pas de déployer des militaires canadiens pour régler le problème, il faut analyser le problème, la nature profonde du problème, qu’est ce qui doit être fait, que peut faire l’ONU, quelles sont les lacunes que peut combler le Canada…» [48:17].

Il a également affirmé que les militaires n’apportent qu’une «solution militaire qui n’est au final que 20% de la résolution du problème. Il est peu probable que les forces militaires résolvent tout, mais nous pouvons y contribuer». Ce discours fait écho aux déclaration du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, qui en juillet, avait déjà indiqué, lors d’une interview exclusive avec 45eNord.ca et parlant alors de l’Opération IMPACT en Irak qu’il fallait justement prévoir dès le début d’une mission, les autres aspects: politique, économique et humanitaire.

J’estime que les organisations comme les Nations Unies, ou d’autres coalitions desquelles nous sommes membres, cherchent à gérer les conflits, pour les prévenir, à améliorer la situation, pour réduire les conséquences, les effets, pour atténuer les effets des conflits, et ainsi essayer de mettre un terme au conflit de la manière la plus pacifique possible. On a besoin parfois de force pour se protéger, pour atteindre des objectifs militaires qui peuvent mener à la paix… et c’est la doctrine à laquelle j’adhère.
Général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense – 21 septembre 2016

Le général Vance a également repoussé les critiques selon lesquelles le gouvernement libéral utiliserait les militaires comme des «pions» en promettant de soutenir des opérations de soutien de la paix en échange d’un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

«Je rejette l’idée que cela soit fait simplement pour des raisons politiques et de mettre les troupes en danger dans les zones à risque pour nulle autre raison que les véritables mérites de la valeur de l’utilisation de la force militaire» [25:50], a dit le chef d’état-major de la Défense en réponse à une question du sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER

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