La Corée du Nord défie les Etats-Unis au lendemain de son essai nucléaire

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Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, le 9 mai 2015 lors d'un test d'un missile de sous-marin. (KNS/KCNA/AFP)
Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, le 9 mai 2015 lors d’un test d’un missile de sous-marin. (Archives/KNS/KCNA/AFP)

La Corée du Nord a défié samedi les Etats-Unis en affirmant qu’elle ne plierait pas devant le « chantage » américain, au lendemain de son cinquième essai nucléaire largement condamné par la communauté internationale.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé vendredi soir de s’atteler à une nouvelle résolution pour imposer des sanctions à Pyongyang, quelques heures après un nouvel essai nucléaire envers et contre toutes les interdictions internationales.

« L’époque où les Etats-Unis pouvaient faire un chantage nucléaire unilatéral à la RPDC est révolue », écrit samedi le Rodong Sinmun, journal officiel du parti au pouvoir à Pyongyang, en référence au nom officiel de la Corée du Nord (République populaire et démocratique de Corée).

« Les Etats-Unis sont exaspérés par les mesures militaires fortes prises progressivement par la RPDC », ajoute-t-il.

Dans une déclaration unanime, les 15 membres du Conseil de sécurité, dont la Chine alliée de Pyongyang, ont indiqué vendredi qu’ils allaient « commencer immédiatement à travailler sur des mesures appropriées, selon l’article 41 de la Charte de l’ONU, et sur une résolution du Conseil ».

L’article 41 concerne « des mesures n’impliquant pas l’utilisation de la force armée ».

Les Etats-Unis, la France et le Japon ont réclamé de nouvelles et lourdes sanctions contre la Corée du Nord.

Celle-ci est frappée depuis mars par de très sévères restrictions économiques, financières et commerciales, à la suite de son quatrième test atomique mené en janvier. Washington et Pékin avaient mis deux mois à mettre au point cette résolution.

‘Sale prostituée’

L’ambassadeur chinois Liu Jieyi s’est montré très prudent vendredi, estimant qu’il fallait « s’abstenir de toute provocation des deux côtés ».

Or pour imposer de nouvelles sanctions ou appliquer strictement celles existantes, il faudra compter sur la bonne volonté de Pékin, premier partenaire économique de Pyongyang.

S’il a dénoncé l' »aventurisme dangereux » de Pyongyang, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a jugé depuis Genève qu’il fallait « s’abstenir de prendre des mesures qui pourraient aggraver les tensions et mettre la région à deux doigts d’un affrontement armé ».

Les sanctions actuellement à l’oeuvre sont loin d’avoir eu l’effet escompté. Avant de faire exploser vendredi une cinquième bombe nucléaire, la Corée du Nord avait multiplié les tirs de missiles balistiques, certains projectiles allant s’abîmer jusque dans les eaux japonaises.

« Notre patience, comme celle de la communauté internationale, a atteint ses limites », a déclaré vendredi la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, dénonçant « l’inconscience maniaque » du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Samedi, la Corée du Nord a renouvelé une bordée d’injures personnelles contre la présidente sud-coréenne.

Le Rodong Sinmun, organe officiel du parti au pouvoir à Pyongyang l’a notamment qualifiée de « sale prostituée » des forces étrangères, pour des critiques que Mme Park avait formulées contre les récents tirs nord-coréens de missiles balistiques.

Manifestation à Séoul

De leur côté, les médias sud-coréens apparaissent partagés entre l’idée de durcir la riposte internationale, ou au contraire de changer radicalement de stratégie face à l’entêtement de la Corée du Nord.

« Il faut mettre en oeuvre une stratégie pour isoler Kim Jong-Un et sa clique de l’intérieur, et les renverser », demande le quotidien conservateur Chosun Ilbo.

Plusieurs dizaines de Sud-Coréens ont manifesté à Séoul et incendié une effigie du leader nord-coréen.

Mais pour le journal Hankyoreh, classé à gauche, ce cinquième essai, huit mois après le précédent, illustre l’échec de la stratégie internationale de sanctions.

« Il faut cesser de tout miser sur la théorie illusoire selon laquelle le Nord serait proche de l’implosion. Une nouvelle stratégie globale est nécessaire », préconise le journal.

Les résolutions de l’ONU interdisent au Nord toute activité nucléaire ou balistique et cinq séries de sanctions internationales ont visé le pays depuis son premier test atomique en 2006.

La Corée du Nord a affirmé vendredi avoir réussi à tester une tête nucléaire susceptible d’équiper un missile. D’après les médias officiels nord-coréens, ce dernier test a permis à Pyongyang d’atteindre une capacité de miniaturiser une ogive nucléaire afin de pouvoir la monter sur un missile.

« Cette explosion de dix kilotonnes, c’était presque deux fois plus que le quatrième essai nucléaire et légèrement moins que le bombardement d’Hiroshima, qui avait été mesuré à 15 kilotonnes environ », a expliqué Kim Nam-Wook de l’agence météorologique sud-coréenne.

Si Pyongyang arrivait à fabriquer une bombe nucléaire assez petite pour équiper un missile, et renforcer la précision, la portée et la capacité de ses vecteurs, elle se rapprocherait de son objectif maintes fois affiché: être capable d’atteindre des cibles américaines.

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