La série d’attaques à Kaboul, signe de l’instabilité persistante en Afghanistan

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Signe de l'instabilité persistante en Afghanistan, deux semaines après la prise spectaculaire de Kunduz, un attentat suicide commis à une heure de pointe dans le centre de la capitale afghane a blessé dimanche 11 octobre 2015 au moins trois civils, dont un bébé. (WAKIL KOHSAR/AFP)
Signe de l’instabilité persistante en Afghanistan, série d’attaques à Kaboul, 24 morts depuis lundi(WAKIL KOHSAR/AFP)

Trois attentats successifs, dont un assaut de plusieurs heures contre une ONG internationale, ont secoué la capitale afghane Kaboul depuis lundi, tuant au moins 41 personnes et en blessant plus d’une centaine.

Le bilan du double attentat à la bombe perpétré lundi à Kaboul a été revu en forte hausse à 41 morts et 110 blessés, a indiqué mardi un porte-parole du ministère de la Santé. « Quarante-et-une personnes ont été tuées et 110 autres blessées dans les attaques d’hier près du ministère de la Défense », a indiqué le porte-parole, Waheed Majroh, à l’AFP.

Un précédent bilan de cette double attaque revendiquée par les talibans faisait état de 24 morts et de près d’une centaine de blessés.

En l’espace de moins de douze heures, les habitants de Kaboul ont subi successivement deux attentats à la bombe près du ministère de la Défense, puis l’attaque en pleine nuit par des hommes armés de bâtiments abritant l’organisation d’aide internationale CARE dans le quartier aisé de Shar-e Naw au centre de Kaboul.

Cette dernière attaque, qui ne s’est achevée que mardi matin suite à l’intervention de commandos afghans, avait débuté dans la nuit par l’explosion d’une voiture piégée, suivie de tirs épars.

Une colonne de fumée s’élevait encore mardi matin et des piles de gravats et de verre brisé jonchaient la chaussée. L’attaque s’est produite à proximité des bureaux de l’ancien chef des services secrets afghans Rahmatullah Nabil.

Aucun groupe ne l’a revendiquée dans l’immédiat et on ignorait encore à ce stade quelle était précisément la cible des trois assaillants, qui ont été tués lors de l’intervention des forces de l’ordre.

« Un groupe armé a lancé une attaque contre ce qui semble être un site du gouvernement afghan situé près du bureau de CARE à Kaboul », a indiqué l’ONG dans un communiqué, précisant que son personnel était sain et sauf. Ses locaux en revanche ont été « endommagés », a-t-elle précisé.

Ces attaques, les dernières d’une longue série, interviennent alors que les talibans renforcent leur offensive contre le gouvernement pro-occidental.

Un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a indiqué sur Twitter que le premier attentat avait visé le ministère de la Défense et le second la police.

Parmi les morts de lundi figurent plusieurs hauts responsables, ainsi qu’un jeune officier dont la mère a rendu l’âme lorsqu’elle a appris la nouvelle.

« La mère du colonel Ahmed a eu une crise cardiaque lorsqu’elle a appris la mort de son fils », a annoncé l’ex-ministre adjoint de l’Intérieur Ayub Salangi sur Twitter. « Elle avait perdu deux autres fils avant lui ».

Le président afghan Ashraf Ghani a accusé les insurgés de s’en prendre aveuglément aux « gens ordinaires ».

« Les ennemis de l’Afghanistan sont en train de perdre la bataille de terrain contre les forces de sécurité », a-t-il assuré dans un communiqué. « C’est pour cela qu’ils attaquent des autoroutes, des villes, des mosquées, des écoles et des gens ordinaires ».

Les deux déflagrations ont eu lieu à quelques minutes d’intervalle, visant vraisemblablement à faire un maximum de victimes parmi les fonctionnaires qui quittaient alors le ministère.

La dernière attaque d’ampleur à Kaboul remonte au 25 août: un assaut de plus de dix heures contre l’Université américaine d’Afghanistan avait fait 16 morts. Deux professeurs de cette même université, un Australien et un Américain, ont par ailleurs été kidnappés par des inconnus.

Cette flambée de violence dans la capitale fait écho à l’intensification de l’offensive talibane dans le pays, où la situation sécuritaire s’est nettement détériorée depuis la fin des opérations de combat de l’Otan fin 2014.

L’armée afghane, soutenue par des forces américaines, est actuellement aux prises avec les talibans dans la province méridionale du Helmand, où elle essaie de protéger la capitale Lashkar Gah.

Les insurgés ont également resserré leur emprise sur la ville septentrionale de Kunduz, qu’ils avaient brièvement occupée à la fin de l’année dernière, soit leur principal fait d’arme depuis l’invasion américaine de 2001.

Le commandement de l’Otan affirme que ni Kunduz ni Lashkar Gah ne couraient le risque de tomber aux mains des rebelles.

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