L’aide en équipement militaire Canadien pour les Kurdes d’Irak se fait attendre

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Des Kurdes suivent une formation obligatoire de neuf mois pour rejoindre les Forces de protection autonomes (FPA) kurdes, à Rmeilane en Syrie, le 24 mars 2016. (AFP/DELIL SOULEIMAN)
Le Canada a prévu l’envoi de 300 formateurs pour entraîner les forces kurdes en Irak. (Archives/AFP/DELIL SOULEIMAN)

Cela fait plusieurs mois que  le Premier Ministre Justin Trudeau promet une aide militaire pour les forces armées en Irak. Cependant les forces de sécurité irakiennes sont toujours dans l’attente.

Cette aide consiste entre autre, en l’envoi d’armes légères, telles que munitions et armes de petits calibres, dont les forces de sécurité irakiennes et les kurdes d’Irak auront besoin dans leur combat contre l’EI.

Le journaliste David Pugliese de l’Ottawa Citizen rapporte que l’implication canadienne auprès des kurdes, notamment leur entraînement par les forces spéciales, fait polémique. Les chefs des forces kurdes ont clairement déclaré qu’ils désiraient un État indépendant et affirment qu’il est de leur droit de se séparer de l’Irak, comme ce serait le droit du Québec de se séparer du Canada. Il est donc probable que les armes envoyés par le Canada serviraient non seulement à combattre l’EI, mais aussi à réaliser l’indépendance des Kurdes.

D’après Pugliese, plusieurs politiciens irakiens critiquent les efforts Américains pour armer les forces kurdes car ce serait une violation de la constitution irakienne. Les peshmerga kurdes ont par ailleurs reçu des armes lourdes de la part de plusieurs nations, principalement des États-Unis, de l’Allemagne et du Royaume-Unis.

L’Allemagne à récemment fait parvenir un convoi incluant 1,500 fusils, un million de cartouches, trois véhicules blindés, et 100 missiles guidés Milan (MIssile Léger ANti-char).

Le service de presse du Ministère de la Défense Nationale a expliqué à 45e Nord que la planification de la fourniture d’équipement aux forces de sécurité irakiennes était toujours “en cours”.

Les termes de cet accord n’ont pas encore été complétés, puisque pour fournir de l’équipement aux forces de sécurité irakiennes, dont les kurdes font partie, le Canada doit “respecter les exigences juridiques, législatives et réglementaires. Cela comprend l’obtention des garanties diplomatiques irakiennes selon lesquelles l’équipement fourni sera utilisé conformément au droit des conflits armés et dans le respect du droit humanitaire et de la règle de droit en matière de droits de la personne.”

Le Ministère conclut donc qu’il faut du temps pour “coordonner des efforts interministériels afin d’assurer une bonne gouvernance et la responsabilisation en matière de livraison d’équipement.”

Le gouvernement irakien craint que ces aides n’alimentent le mouvement sécessionniste kurde.

D’après David Pugliese dans le National Post, le rôle du Canada dans le nord de l’Irak est délicat, puisque les kurdes ont établit leur propre région semi-autonome, tout en restant alignés politiquement avec le gouvernement fédéral de Baghdad.

Le gouvernement maintient que le Canada soutient un Irak unifié, mais plusieurs officiers militaires canadiens admettent qu’ils entraînent une armée kurde indépendante de l’armée irakienne. Le lieutenant-colonel à la retraite Chris Kilford, l’attaché militaire canadien basé en Turquie jusqu’en 2014, a expliqué que l’entraînement des kurdes « pourrait être utilisé ou non à des fins autres que combattre l’EI. »

Les responsables politiques canadiens savent que le soutien apporté aux kurdes pourrait devenir un problème pour Baghdad, mais les solutions alternatives sont limitées. En effet, les États-Unis ont déjà dépensé des milliards de dollars et de nombreuses années pour entraîner l’armée irakienne, qui est toujours incapable de gagner du terrain contre l’EI. C’est pourquoi le gouvernement fédéral irakien ne peut pas se permettre de faire l’impasse sur les kurdes.

Cependant, les divisions ethniques et religieuses au sein des forces de sécurité irakiennes commencent à se faire sentir, et ont été constatées lors de l’attribution des différentes responsabilités aux forces kurdes et à l’armée irakienne pendant la bataille de Mossoul à la fin août, à laquelle les kurdes n’ont pas participé directement d’après Radio Canada.

Les kurdes pourraient donc être la solution pour faire reculer l’EI en Irak, comme c’est le cas avec les kurdes de Syrie, qui mènent un véritable combat idéologique et acharné contre Daech: dans le Figaro, l’officier de réserve français Patrice Franceschi prend l’exemple de la bataille de Manjib en août dernier, pendant laquelle les troupes kurdes ont fait la preuve de leur capacité militaire.

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