Le Canada accueillera en 2017 la réunion des ministres de la Défense des pays participants aux missions de paix (PHOTOS/VIDÉO)

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Pas moins de 80 pays ont pris part aujourd’hui à la réunion des ministres de la Défense des pays participant aux missions de maintien de la paix de l’ONU et ont chacun annoncé différents engagements. 45eNord.ca était sur place.

C’est à deux pas (littéralement) du palais de Buckingham, à Lancaster House, que 80 délégations de partout sur la planète se sont retrouvées pour discuter des opérations de paix et réaffirmer leur engagement.

La présence canadienne n’est pas passée inaperçue puisque, non content d’annoncer le réengagement du pays envers les missions de paix avec une contribution en personnel, le ministre de la Défense Harjit Sajjan a pris la parole en premier, annonçant que le pays sera l’hôte de la prochaine réunion en 2017, soit en même temps que le 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

«Je suis très heureux d’annoncer que le Canada sera également l’hôte l’an prochain de la réunion des ministres de la Défense des pays participants aux missions de paix», a ainsi déclaré Harjit Sajjan, en face des autres délégations présentes, ajoutant que «Le Canada est présent et le Canada fera sa part».

Le ministre a également rappelé que le 26 août dernier, le Canada a fait la promesse de dépêcher à l’étranger jusqu’à 600 soldats et environ 150 policiers en soutien aux missions de paix et de créer un programme de 150 millions $ par an sur trois ans pour la stabilisation et les opérations de paix.

Dans un communiqué, les Conservateurs demandent à ce que le gouvernement donne tous les détails des futures missions. «Le ministre Sajjan a reconnu que le maintien de la paix traditionnel n’existe plus, mais cette visite d’une semaine en Afrique laisse les Canadiens avec beaucoup plus de questions que de réponses. Les Libéraux doivent répondre aux questions élémentaires comme quand et où nos troupes seront déployées ? Qu’est-ce que la mission va entraîner ? Quelles sont les règles d’engagement ? Avec qui allons-nous travailler ? Est-ce qu’il y aura un vote au Parlement ?».

Ce à quoi, en interview exclusive avec 45eNord.ca depuis l’intérieur de Lancanster House, le ministre de la Défense a tenu à préciser que s’il n’y a encore aucun échéancier d’établi pour le déploiement de troupes, c’est pour pouvoir collecter le plus possible d’informations, et notamment par le biais des équipes de reconnaissance, avant de prendre une décision finale. «Il faut que l’on comprenne d’abord les conflits dans lesquels nous risquons de nous retrouver engagés», a-t-il dit. L’annonce est donc indépendante de l’examen de la politique de défense dont on attend le rapport au début de 2017.

Lui-même un ancien réserviste qui a été déployé en Afghanistan et decant sa vie à une soeur d’arme, Harjit Sajjan ne souhaite evidemment pas placer en situation plus périlleuse qu’elle ne le sera déjà les militaires qui prendront part aux futures missions.

Il n’a également pas souhaité révéler quels sont les pays visés dans lesquels le Canada souhaite s’engager pour les mêmes raisons. Il a cependant mentionné qu’après son séjour en Afrique d’il y a quelques semaines, il est clair que l’Afrique est en ligne de mire, alors que depuis la campagne des élections fédérales de 2015, les officiels évoquent le besoin de revenir dans un continent «oublié».

Du Mali à la Somalie, ces pays sont souvent instables et propices au développement de groupes extrémistes.
Selon plusieurs experts, le Mali, la République centrafricaine, le Sud-Soudan et la République démocratique du Congo seraient les choix du Canada, qui formerait plusieurs contingents spécialisés: génie, communication, santé,…

Si plusieurs s’inquiètent de la marge de manœuvre des Canadiens sur le terrain, alors que l’environnement est encore plus complexe et dangereux qu’il ne l’était il y a 15 ou 25 ans, et au vu de l’objectif principal du Canada de protéger les civils, tout comme la Grande-Bretagne, hôte de la réunion d’aujourd’hui, le Canada a signé les Principes de Kigali, qui changent ainsi la donne sur le terrain.

Jusqu’à présent, les Casques bleus qui se trouvaient menacés par un ennemi pouvaient se servir de leurs armes, mais ne pouvaient pas faire grand-chose s’il s’agissait d’un civil en danger.

C’est justement ce principe que les signataires veulent changer. Ainsi, les Principes de Kigali doivent permettre aux Casques bleus de combattre les groupes armés qui s’en prennent aux civils, et le Canada compte bien les protéger. L’Histoire, espère-t-on, ne se répétera pas.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER

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