Le Canada «révolté» par les attaques contre les travailleurs de la santé et le convoi d’aide en Syrie

0
Alep bombardée (AMC)
Alep bombardée (AMC)

Le Canada s’est déclaré révolté par les attaques contre les travailleurs de la santé et le convoi d’aide en Syrie et appelle instamment à des engagements concrets pour un cessez-le-feu viable.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et la ministre du Développement international,Marie-Claude Bibeau, ont fait mercredi une déclaration conjointe à propos de l’attaque perpétrée hier en Syrie, qui a tué des travailleurs de la santé œuvrant pour l’Union des organisations de secours et de soins médicaux, ainsi que celle de lundi contre un convoi d’aide des Nations Unies et du Croissant-Rouge arabe syrien.

«Lors d’une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) qui se tenait hier, à New York, j’ai exprimé à l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, l’indignation du Canada à la suite de l’attaque aérienne brutale contre un convoi d’aide humanitaire près d’Alep, en Syrie, le 19 septembre 2016, a déclaré le ministre Dion. Au nom du Canada, j’offre mes plus sincères condoléances aux proches des victimes. »

«Au cours des cinq dernières années, le régime Assad a ciblé à maintes reprises des civils et des infrastructures civiles, y compris des travailleurs, des convois et des installations humanitaires, ont ajouté les ministres Dion et Bibeau. Le Canada n’a pas cessé de condamner avec la plus grande fermeté ces attaques illégitimes et abjectes.

«Au cours des derniers jours, nous avons discuté de l’urgence de la crise en Syrie lors de rencontres avec des dirigeants mondiaux, y compris à l’Assemblée générale des Nations Unies, à la réunion du GISS, coprésidé par la Russie et les États-Unis, et à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, de même qu’avec M. Riad Hijab et d’autres membres du Haut comité des négociations de l’opposition syrienne. Lors de ces rencontres, nous avons dénoncé avec la plus grande fermeté les violations du droit international et du droit humanitaire.

«Nous avons sans cesse rappelé à toutes les parties que nous sommes à un tournant dangereux, et nous avons demandé à la Russie, au régime syrien et aux acteurs de l’opposition de prendre les décisions difficiles qui s’imposent dans les jours à venir pour démontrer leur engagement à l’égard d’un cessez-le-feu durable qui puisse être mis en œuvre et surveillé. Il s’agit de la seule façon de prévenir l’intensification de cette souffrance et l’augmentation des pertes de vie insensées qui ont caractérisé cette guerre brutale. »

Nouvelle réunion internationale jeudi à New York

Une vingtaine de pays et organisations internationales se réuniront de nouveau jeudi à New York sous les auspices des États-Unis et de la Russie pour tenter de sauver le processus diplomatique sur la guerre en Syrie, a indiqué mercredi un diplomate américain.

Le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) se retrouvera jeudi en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a confié ce responsable à l’AFP, après une première réunion mardi dans un palace new-yorkais qui n’avait pu que constater l’impasse diplomatique sur le conflit syrien, sur fond de graves différends entre Washington et Moscou.

D’autres diplomates étrangers ont laissé entendre que la réunion se déroulerait vers 14H00 (18H00 GMT) à New York.

Le GISS, mis sur pied à l’automne 2015 à Vienne, regroupe 23 puissances mondiales, régionales et organisations multilatérales impliquées dans la crise syrienne, dont les États-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie, l’ONU et l’Union européenne.

Le groupe s’est doté d’une feuille de route diplomatique sur la Syrie qui comprend un cessez-le-feu durable, de l’aide humanitaire et une amorce de processus politique entre le régime syrien et l’opposition modérée.

Sa dernière réunion mardi à New York s’était achevée dans une ambiance très lourde, sans annonce concrète, au lendemain de l’échec, lundi, d’une énième trêve des combats parrainée par Moscou et Washington, lesquels soutiennent des camps adverses dans la guerre syrienne.

Mercredi, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire d’État américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont livré une passe d’arme, sans s’entendre sur une sortie de crise en Syrie, pendant que la ville martyre d’Alep (nord) était de nouveau bombardée.

*Avec AFP

Les commentaires sont fermés.