Libération pour causes médicales des Forces: violent réquisitoire de l’ombudsman contre le système

0
Dans son plus récent rapport, publié lundi 12 septembre 2016,, l'ombudsman de la Défense, Gary Walbourne, se livre à un véritable réquisitoire de contre le système de détermination des causes de libération médicales des Forces armées. (Rapport de l'Ombudsman de la Défense "Déterminer su un état est attribuable au service-12 sept 2016)
Dans son plus récent rapport, publié lundi 12 septembre 2016, l’ombudsman de la Défense, Gary Walbourne, se livre à un véritable réquisitoire contre le système de détermination des causes de libération médicales des Forces armées. (Rapport de l’Ombudsman de la Défense « Déterminer si un état est attribuable au service)

Dans son plus récent rapport, publié aujourd’hui, l’ombudsman de la Défense, Gary Walbourne, recommande « vivement » que ce ne soit plus à Anciens combattants Canada, mais aux Forces armées canadiennes de déterminer si l’état (maladie ou blessure) des militaires en voie d’être libérés a été causé ou aggravé par le service, mais ne cache pas qu’il s’attend à de fortes résistances à ce changement.

C’est à un véritable réquisitoire contre le système actuel que se livre l’ombudsman.

« Les militaires et les anciens combattants sont excédés par le fardeau administratif, le chevauchement des efforts, le manque de clarté, le fait qu’ils sont responsables de recueillir auprès des Forces Armées les preuves requises par Anciens combattants Canada afin de déterminer leur admissibilité aux avantages demandés, ainsi que les délais qui en découlent pour les recevoir », déclare le défenseurs des militaires, qui rappelle les « conséquences réelles très graves sur la vie des militaires en voie d’être libérés pour des raisons médicales ».

En entrevue à 45eNord.ca, Gary Walbourne n’a pas caché qu’il était « frustré et fatigué » de voir que rien ne bouge depuis des années alors que le problème est bien connu et pourrait être réglé rapidement. Pendant des années, les fonctionnaires n’ont pas cessé de se battre pour savoir qui ferait quoi au lieu de s’attaquer résolument au problème, de dire l’ombudsman.

Et Gary Walbourne ne se montre décidément pas très confiant d’obtenir des changements rapides des bureaucrates en place à Ottawa.

Le nouvel ombudsman de la Défense, Gary Walbourne. (45eNord.ca)
L’ombudsman de la Défense, Gary Walbourne. (45eNord.ca)

« Toute recommandation qui remet en question le statu quo sera probablement accueillie avec une certaine résistance par les défenseurs du modèle de prestation de services ou des processus administratifs actuels », déclare Gary Walbourne qui ajoute « Cependant, le modèle actuel ne fonctionne plus, comme en font foi les nombreux reportages dans les médias et les statistiques embarrassantes sur la prestation des services. Ce modèle est aussi injuste pour les membres des FAC en voie d’être libérés ».

Mais, lueur d’espoir, le nouveau gouvernement libéral, comme les autres partis, a promis en campagne électorale de faire bouger les choses en faveur des vétérans et, comme tout nouveau joueur, voudra sans doute faire sa marque en réformant enfin le système. « ce nouveau gouvernement nous donne une opportunité de faire changer les choses », confie l’ombudsman.

Alors que quelque 1 500 militaires sont libérés chaque année des FAC pour raisons médicales. Environ 600 de ceux-ci souffrent de maladies ou de blessures directement liées à leur service militaire, la complexité du processus de transition vient aggraver une situation déjà tendue pour le militaire et sa famille, n’hésite pas à souligner l’ombudsman de la Défense.

Les militaires libérés pour raisons médicales ont souvent beaucoup de mal à faire la transition à la vie civile. Dans bien des cas, les militaires qui ont besoin de services d’Anciens Combattants Canada (AAC) ne savent pas trop quels services, s’il y en a, leur seront offerts à leur départ des forces armées.

Le bureau de l’ombudsman a reçu de nombreuses plaintes de militaires en voie d’être libérés qui se demandent, à juste titre, pourquoi ACC applique un long processus administratif pour examiner des dossiers préparés par les FAC, quand ces dernières pourraient déterminer rapidement si l’état d’un militaire en voie d’être libéré pour raisons médicales a été causé ou aggravé par le service militaire.

Les FAC disposent pourtant de tous les renseignements nécessaires.

En réglant la question de l’attribution d’une maladie ou blessure au service militaire, le ministère de la Défense nationale et les FAC pourraient grandement améliorer le processus et réduire la bureaucratie et l’attente pour les militaires, recommande donc avec force donc l’ombudsman de la Défense.

Il restera maintenant à voir s’il sera entendu, sinon, de déplorer l’ombudsman de la Défense, on se retrouvera dans 12 mois « à avoir la même discussion »!

Ce serait tout de même un comble qu’après avoir promis monts et merveilles aux soldats et vétérans lors de la dernière campagne électorale, rien ne bouge. Et, pour que débloque enfin cette situation, le bureau de l’ombudsman entend publier bientôt une « carte » de la route à suivre qui permettrait de réduire, dit-il, d’au moins 50% les délais que subissent actuellement les soldats libérés pour causes médicales dans la détermination de leur admissibilité aux avantages demandés.

50%!: ou cette nouvelle route à suivre représentera un outil précieux ou la route suivie actuellement est vraiment, mais là, vraiment particulièrement « sinueuse »…

160913 Ombudsman Defense Liberation Causes Medicales.2016 Fr

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.