Mali: l’ambassadeur américain demande au gouvernement de rompre ses liens avec un groupe armé

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Le vice-président de la rébellion touareg Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) Mahamadou Djeri Maïga. (Archives/AFP)
Le vice-président de la rébellion touareg Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) Mahamadou Djeri Maïga. (Archives/AFP)

L’ambassadeur des États-Unis au Mali a demandé mardi au gouvernement de mettre fin à ses liens avec un groupe armé loyal aux autorités de Bamako engagé depuis plusieurs mois dans des combats meurtriers avec des groupes de l’ex-rébellion pourtant eux aussi signataires de l’accord de paix.

Cette mise en garde intervient moins d’une semaine après des menaces répétées de la communauté internationale de « sanctions ciblées contre ceux qui entraveraient la mise en oeuvre de l’accord », notamment en poursuivant les affrontements autour de Kidal (nord-est).

« Le gouvernement malien doit également mettre fin à tous liens à la fois publics et privés avec le Gatia », le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés, une milice armée qui « ne contribue pas à ramener la paix dans le nord du Mali », a déclaré l’ambassadeur des États-Unis, Paul Folmsbee, au cours d’une conférence de presse à Bamako.

Les accusations de collusion entre le gouvernement et le Gatia se sont intensifiées la semaine dernière à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’un message attribué au général El Hadj Ag Gamou, un officier touareg loyal à l’armée revendiquant son appartenance à ce groupe. Le Gatia a démenti l’authenticité du message, sans parvenir à éteindre la polémique.

Outre le Gatia, « tous les groupes armés du Mali doivent être en conformité avec leurs obligations en vertu de l’accord de paix. Le comportement belliciste continu des groupes armés rapproche encore plus le nord du Mali du combat ouvert, menaçant la vie de civils innocents », a ajouté le diplomate américain, agitant de nouveau le menace de sanctions.

« Le gouvernement du Mali doit assumer une plus grande responsabilité pour la mise en oeuvre du processus de paix », a ajouté M. Folmsbee.

« L’accord de paix exige que certaines mesures de base de renforcement de la confiance soient prises immédiatement », notamment la mise en place de « patrouilles mixtes composées d’éléments de l’armée malienne et des groupes signataires », a-t-il rappelé.

Selon lui, « le gouvernement malien doit aller au-delà de l’adoption de lois et de la mise en place de commissions et se concentrer sur l’extension de son autorité sur l’ensemble du Mali ».

Les maigres progrès enregistrés depuis la signature en mai-juin 2015 de l’accord de paix sont menacés par la reprise des combats en juillet entre le Gatia et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) dans la région de Kidal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du déclenchement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature de l’accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes.

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