Opération CALUMET: la police militaire canadienne au cœur du Sinaï (PHOTOS)

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45eNord.ca s’est entretenu avec le major Mike Lemire, grand prévôt de la police militaire de la Force multinationale et Observateurs (FMO) afin d’expliquer le rôle des policiers militaires canadiens, présents dans la Péninsule du Sinaï depuis près d’un an et demi.

L’Opération CALUMET est la contribution du Canada à la Force multinationale et Observateurs (FMO), une opération indépendante de maintien de la paix dans la péninsule du Sinaï. L’unité de la Police militaire canadienne fait partie de l’Op. CALUMET depuis mars 2015 et agit comme la force policière de la FMO, qui est, elle, composée de 50 militaires (dont 35 Canadiens) commandée par un Canadien ayant le grade de major.

«Nous sommes vraiment dans une mission dynamique. Elle n’est pas canadienne et ne relève pas de l’OTAN. C’est un ensemble de civils et de militaires qui travaillent ensemble pour contrôler l’application du traité [de paix, entre Israël et l’Égypte], explique ainsi le major Lemire.

La FMO, dont les responsabilités principales sont l’observation, l’établissement de rapports et la vérification, emploie un important contingent d’observateurs civils qui travaillent partout dans la péninsule du Sinaï, ainsi qu’environ 1.700 militaires et civils, provenant de douze pays, qui patrouillent la zone la plus proche de la frontière israélo-égyptienne. Les douze nations déployées actuellement dans le cadre de la FMO, sont: l’Australie, le Canada, la Colombie, les États-Unis, la France, l’Italie, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, la République des îles Fidji, la République Tchèque, le Royaume-Uni et l’Uruguay.

«C’est une place vraiment intéressante pour travailler […] nos policiers s’occupent de la circulation, effectuent des patrouilles, mènent des enquêtes, des inspections et des fouilles», raconte le major. Les policiers militaires des Forces armées canadiennes sont chargés également des programmes de prévention du crime et de la sécurité générale dans les camps Nord et Sud.

«Nous sommes vraiment attentifs aux différences de cultures, aux autres nations qui n’ont pas forcément le même rapport avec la police militaire, alors on y va, on se présente et on discute avec eux».

Une autre tâche pour les policiers militaires est de s’assurer que lorsqu’un convoi quitte une base, elle le fait en ayant tout son équipement [de protection]avec lui et de vérifier que des personnes ne partent pas avec des choses qu’ils ne sont pas supposés emmenés. «Mais nous ne sommes qu’une pièce du puzzle parmi bien d’autres», tient toutefois à préciser le major Lemire, qui estime que travailler avec des gens d’autant de nationalités peut être chalengeant, mais également vraiment stimulant.

La situation dans le Sinaï n’a cessé de se détériorer depuis la chute du Président Moubarak en 2011.

En 2012, des bédouins avaient encerclé le camp Nord de la FMO et certaines s’étaient même infiltrés, blessant par la même occasion quatre soldats de la paix. L’année suivante, un militaire américain a été abattu près de l’entrée du camp. En juin 2015, l’aéroport de la FMO à Al-Gorah a été la cible d’attaque et a été bombardé. Deux mois plus tard, c’est un engin explosif improvisé placé par des djihadistes du groupe État islamique qui fit six blessés parmi les soldats de la force multinationale.

C’est donc logiquement qu’un point de contrôle situé à 5 kilomètres du camp Nord a été abandonné en septembre 2015 en raison d’«une incapacité à se réapprovisionner en toute sécurité sur le site et a poursuivre la conduite de la mission à partir de cet emplacement», comme est-il indiqué sur le site internet de la FMO. De plus, 75 soldats supplémentaires ont été envoyés pour la protection de force, mais ayant jugé le renforcement non suffisant, la FMO a décidé de réduire ses activités d’observation et de consolider plutôt sa présence sur le camp Sud à Charm al-Cheikh. La consolidation s’est poursuivie jusqu’en mai, date à laquelle il n’est resté qu’un petit contingent sur la camp Nord. Des moyens technologiques sont donc utilisés pour palier à la diminution du nombre de personnels sur le terrain, allant de caméras de surveillance à de l’imagerie satellitaire, en passant par des avions de surveillance.

Insistant de nouveau sur l’aspect fascinant au vu de l’histoire entourant cette mission, le major Lemire se dit satisfait de comment vont les choses jusqu’à présent. «On a un bon moral, le bon entraînement et la bonne formation. C’est vraiment une opportunité unique ici, dans un environnement multinationale comme celui-là».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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