Philippines: Abou Sayyaf, qui avait tué deux otages canadiens, responsable de l’attentat de Davao

0
Des secouristes sur les lieux de l'attentat à Davao, aux Philippines, le 3 septembre 2016. (Manman Dejeto/AFP)
Des secouristes sur les lieux de l’attentat à Davao, aux Philippines, le 3 septembre 2016. (Manman Dejeto/AFP)

L’organisation islamiste Abou Sayyaf, responsable plus tôt cette année de la mort de deux otages canadiens, a perpétré l’attentat de Davao, ville des Philippines dont le président Rodrigo Duterte est originaire, qui a tué au moins 14 personnes, ont affirmé la maire de la ville et le ministre de la Défense samedi.

Abou Sayyaf est ce groupe terroriste philippin responsable de la mort le 25 avril d’un premier otage canadien,John Ridsdel, et le 13 juin 2016 d’un second otage canadien, Robert Hall, dont le corps a été découvert début juillet enterré dans le petit village de Kamuntayan, dans la province de Sulu, dans le sud du pays,

Quant à l’attentat à la bombe de vendredi sur un marché de Davao, « Le cabinet du président a envoyé un texto pour confirmer qu’il s’agit de représailles d’Abou Sayyaf. À la municipalité, nous traitons cette affaire comme des représailles d’Abou Sayyaf », a déclaré Sara Duterte, maire de Davao et fille du président philippin, sur la chaîne CNN Philippines.

M. Duterte, maire de cette ville de deux millions d’habitants pendant près de deux décennies, s’y trouvait ce vendredi mais pas à proximité des lieux de l’attaque, selon son entourage.

À la tête de la ville jusqu’à son élection, Rodrigo Duterte était parvenu à instaurer une paix relative à Davao, en alliant mesures de sécurité musclées et accords locaux avec les différentes rebellions.

Cependant, en 2003, un bombe de forte puissance avait dévasté l’aéroport de Davao, faisant 22 morts et 155 blessés. L’attentat avait été imputé aux séparatistes

L’enquête sera traitée comme « une affaire de terrorisme », a immédiatement déclaré le chef d’État après s’être rendu sur le site de l’attentat, samedi matin, avant d’annoncer plus de pouvoirs pour l’armée.

Un peu plus tard, sa fille Sara Duterte, actuelle maire de la ville, a indiqué que « le cabinet du président » avait « confirmé qu’il s’agit de représailles d’Abou Sayyaf », un groupe islamiste qui a fait allégeance à l’organisation de l’Etat islamique (EI).

Le ministre de la Défense Delfin Lorenzana a également mis l’attaque de vendredi soir sur le compte d’Abou Sayyaf, un groupe islamiste qui a fait allégeance à l’organisation de l’État islamique.

L’explosion a eu lieu peu avant 23H00 locales (15H00 GMT) dans un marché animé où les gens dînaient, à proximité d’un hôtel prisé des touristes et des hommes d’affaires, qui n’a pas été touché.

Quatorze personnes ont été tuées et 67 blessées, selon un nouveau bilan fourni par la police.

Près des lieux de l’explosion, des corps étaient mêlés aux débris de tables en plastique et de chaises. « La force de l’explosion était telle que j’ai été arraché du sol », a raconté à l’AFP Adrian Abilanosa, dont le cousin a été tué.

« Personne n’a encore revendiqué cet acte, mais nous ne pouvons que conclure qu’il a été commis par le groupe terroriste Abou Sayyaf qui a encaissé de nombreuses pertes à Jolo au cours des dernières semaines », a dit M. Lorenzana.

Le président Duterte a déclenché une offensive militaire contre Abou Sayyaf. Lundi, 15 soldats ont été tués dans des affrontements avec le groupe islamiste sur l’île de Jolo, l’un des principaux fiefs d’Abou Sayyaf, à 900 km de Davao.

*Avec AFP

Les commentaires sont fermés.