Selon Moscou, Damas respecte le cessez-le-feu, mais pas les rebelles

0
Des habitants de la ville syrienne rebelle d'Idleb recherchent des victimes après des raids aériens du régime, le 10 septembre 2016. (AFP / Omar haj kadour)
Des habitants de la ville syrienne rebelle d’Idleb recherchent des victimes après des raids aériens du régime, le 10 septembre 2016. (AFP / Omar haj kadour)
13/09/2016 15h06 GMT

L’armée russe a affirmé mardi que les forces du président Bachar al-Assad respectaient le cessez-le-feu en vigueur en Syrie depuis lundi soir mais a accusé les rebelles d’avoir violé à 23 reprises la trêve négociée par Moscou et Washington.

« Les forces gouvernementales ont complètement cessé le feu, à l’exception des zones où opèrent des militants du groupe État islamique (EI) et du Front Al-Nosra », a déclaré le général Viktor Poznikhir, de l’État major russe, lors d’un point de presse.

« Malheureusement, on ne peut pas dire la même chose sur les régiments armés de l’opposition modérée », a-t-il regretté, en accusant les rebelles syriens d’avoir tiré « à 23 reprises sur des quartiers résidentiels et les positions des forces gouvernementales » depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Pour sa part, le responsable du Centre russe de coordination en Syrie, Vladimir Savtchenko, a affirmé, lors d’une séance de vidéoconférence, que les violations de la trêve avaient notamment été enregistrées dans les provinces d’Alep (nord), de Damas (sud) et d’Idleb (nord-ouest), ainsi que dans celles de Lattaquié (ouest) et de Hama (centre).

Bulletin d’information du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes sur le territoire de la République arabe syrienne (le 12 septembre 2016) >>

« Les forces gouvernementales n’ont pas riposté à ces tirs », a-t-il souligné.

Un cessez-le-feu, entre rebelles syriens et l’armée de Damas, est entré en vigueur lundi à 19H00 locales (16H00 GMT) en vertu d’un accord entre Russes et Américains, soutiens respectifs du régime et de la rébellion.

L’arrêt des combats devra permettre l’envoi d’aide humanitaire d’urgence aux centaines de milliers de personnes qui vivent dans les zones assiégées, notamment la partie rebelle d’Alep.

Comme cela était le cas lors de la précédente trêve fin février qui avait duré quelques semaines, les groupes jihadistes État islamique (EI) et le Front Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda), qui contrôlent de vastes régions du pays, ne sont pas concernés par le cessez-le-feu.

Moscou et Washington cherchent à travers la trêve à favoriser une reprise des négociations entre régime et rebelles pour mettre un terme au conflit, qui a causé la mort de plus de 300.000 personnes en cinq ans, selon un bilan publié mardi par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Les commentaires sont fermés.