Syrie: des raids touchent un convoi d’aide humanitaire, au moins 12 morts

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La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)
La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)

Des raids lundi soir à l’ouest d’Alep ont endommagé au moins 18 camions chargés d’aide humanitaire et tué 12 personnes, quelques heures après l’annonce par Damas de la « fin » de la trêve des combats initiée par les États-Unis et la Russie.

Au total, au moins 32 civils ont été tués à Alep et sa province lors de « raids intensifs » dans la soirée, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Six civils, parmi lesquels un enfant, ont été tués dans la ville d’Alep, 22 autres dans l’ouest de la province, dont 12 bénévoles du Croissant rouge et conducteurs de camions d’aide humanitaire touchés à Orum al-Koubra, et quatre enfin dans l’est de la province, a précisé l’OSDH dans un communiqué, faisant aussi état de dizaines de blessés.

L’ONU a indiqué qu’au moins 18 camions chargés d’aide humanitaire avaient été endommagés par des bombardements à l’ouest d’Alep, mais n’était pas en mesure de fournir un bilan des éventuelles victimes.

Ces camions faisaient partie d’un convoi de 31 véhicules de l’ONU et du Croissant rouge syrien qui livrait de l’aide à 78.000 personnes à Orum al-Koubra, a précisé le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric.

« Nous avons malheureusement reçu une nouvelle dramatique sur une attaque contre une structure du Croissant rouge syrien dans la campagne près d’Alep », a déclaré de son côté à l’AFP Ingy Sedky, porte-parole du Comité international de la Croix rouge.

« La situation sur le terrain est très chaotique et nous sommes profondément choqués que des missions et des travailleurs humanitaires aient à souffrir de nouveau de la brutalité de ce conflit », a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien s’est déclaré « très inquiet ».

Il a appelé « toutes les parties au conflit, une nouvelle fois, à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les acteurs humanitaires, les civils et les infrastructures civiles comme l’exigent les lois humanitaires internationales ».

Le secrétaire d’État américain John Kerry a lui « réaffirmé le principe selon lequel il faut garantir aux travailleurs humanitaires impartiaux un accès sans entrave aux civils pris au piège dans les zones de conflit ».

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a également condamné « avec la plus grande fermeté » les raids.

« La destruction d’un convoi d’aide humanitaire qui se rendait à Alep illustre l’urgence de la cessation des hostilités en Syrie », a ajouté le ministre dans une déclaration à l’ouverture d’une réunion des pays soutenant l’opposition syrienne, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Les frappes aériennes lundi soir à l’ouest d’Alep en Syrie qui ont tué 12 travailleurs humanitaires et chauffeurs de camions risquent d’annihiler tous les efforts de paix pour régler ce conflit, ont mis en garde des diplomates américains.

Au total, au moins 36 civils ont été tués dans cette ville martyre du nord de la Syrie et sa province lors de « raids intensifs » dans la soirée, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), quelques heures après l’annonce par l’armée de Damas de la « fin » de la trêve des combats qui avait été décidée le 9 septembre par un accord à Genève entre les Etats-Unis et la Russie.

« Cela a été une journée difficile en Syrie et je crois que ça soulève de très graves questions quant à la capacité des Russes à remplir leurs engagements », a tonné un diplomate américain à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU qui va être monopolisée toute la semaine par la guerre en Syrie.

Un autre diplomate du département d’Etat a affirmé que les frappes contre le convoi humanitaire n’étaient pas le fait de la coalition internationale pilotée par les Etats-Unis.

« Les Russes ont la responsabilité de se réfréner pour ce genre d’actions et ils ont aussi la responsabilité d’empêcher le régime syrien de le faire », a insisté ce cadre de l’administration américaine.

« On a la sentiment que ce qui s’est passé aujourd’hui porte un sérieux coup à nos efforts pour apporter la paix en Syrie », a insisté le premier diplomate, sans pour autant reconnaître que la trêve instaurée le 12 septembre et qui devait durer sept jours avait visiblement volé en éclats ce lundi.

De fait, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a refusé de jeter l’éponge sur le conflit en Syrie en maintenant coûte que coûte le dialogue avec la Russie afin de tenter d’arrêter la guerre. Et ce, malgré l’effondrement du cessez-le-feu annoncé par l’armée syrienne appuyée par Moscou.

« Les Russes ont signé un accord, il faut voir maintenant ce qu’ils disent. Mais le plus important, c’est que les Russes doivent contrôler (le président syrien Bachar) al-Assad », avait dit plus tôt dans la journée à quelques journalistes John Kerry.

Il doit une nouvelle tenter de parler à son homologue russe Sergueï Lavrov avant une nouvelle réunion programmée lundi matin à New York du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). Ce GISS qui rassemble 23 puissances mondiales, régionales et organisations internationales est porteur depuis novembre dernier d’une feuille de route diplomatique pour la Syrie.

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