Syrie: la réunion internationale de New York n’a pas permis de rétablir la trêve

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La réunion internationale sur la Syrie jeudi à New York n’a pas permis de rétablir la trêve des combats, a déploré le secrétaire d’État américain John Kerry en annonçant qu’il reverrait vendredi son homologue russe Sergueï Lavrov.

Au terme de deux heures de consultations du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), M. Kerry a demandé à la Russie d’être « sérieuse » afin de pouvoir remettre sur les rails l’accord de cessez-le-feu que Washington et Moscou avaient signé à Genève le 9 septembre mais qui a volé en éclats lundi. Il a aussi de nouveau réclamé que Damas « arrête d’utiliser » son aviation pour aller bombarder l’opposition et des civils.

« La question dorénavant est de savoir s’il reste une véritable chance d’avancer parce qu’il est clair que nous ne pouvons pas continuer plus longtemps sur cette voie », a jugé M. Kerry lors d’une brève déclaration à la presse, le ton particulièrement grave.

« La première chose que nous avons à faire est de trouver un moyen de rétablir la crédibilité du processus diplomatique » sur la Syrie qui a replongé en début de semaine dans la guerre, avec la ville d’Alep sous les bombes et sous l’offensive de l’armée syrienne annoncé en pleine réunion du GISS.

« La seule façon d’y arriver est que ceux qui disposent d’une force aérienne cessent de l’utiliser », a-t-il réclamé, en allusion à l’aviation syrienne qui devait être clouée au sol selon les termes de l’accord de Genève.

Ce texte paraphé par MM. Kerry et Lavrov prévoyait aussi sept jours de cessez-le-feu, de l’aide humanitaire et une coopération militaire entre Washington et Moscou contre les djihadistes.

Mais la trêve a pris « fin » le 19 septembre, selon l’armée syrienne.

Cette zone de facto d’interdiction aérienne sur une partie de la Syrie ne devra « pas (durer) un jour ou deux, mais le plus longtemps possible pour que tout le monde voit qu’ils sont sérieux », a encore déclaré John Kerry, à propos du régime de Damas et de son allié russe.

Les deux parrains américain et russe du processus diplomatique sur la Syrie étaient réunis jeudi à New York au sein du GISS qui rassemble depuis l’automne 2015 une vingtaine de pays et organisations internationales, dont les Etats-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie, l’ONU et l’Union européenne.

Le GISS a une feuille de route qui comprend un cessez-le-feu, de l’aide humanitaire et l’amorce d’un processus politique entre le régime du président Bachar al-Assad et l’opposition armée modérée, sous l’égide de l’ONU.

L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a qualifié la réunion de jeudi de « longue, douloureuse et décevante ».

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a jugé que la réponse de Moscou n’était « pas satisfaisante ».

« C’est un moment de vérité pour la Russie, c’est un moment de vérité pour le régime Assad, c’est un moment de vérité pour l’opposition », a conclu le secrétaire d’État américain, qui a dit qu’il reverrait une nouvelle fois son homologue russe vendredi à New York.

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