Syrie: la réunion internationale de New York n’a pas permis de rétablir la trêve

Des habitants de la ville syrienne rebelle d'Idleb recherchent des victimes après des raids aériens du régime, le 10 septembre 2016. (AFP / Omar haj kadour)
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La réunion internationale sur la Syrie jeudi à New York n’a pas permis de rétablir la trêve des combats, a déploré le secrétaire d’État américain John Kerry en annonçant qu’il reverrait vendredi son homologue russe Sergueï Lavrov.

Au terme de deux heures de consultations du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), M. Kerry a demandé à la Russie d’être « sérieuse » afin de pouvoir remettre sur les rails l’accord de cessez-le-feu que Washington et Moscou avaient signé à Genève le 9 septembre mais qui a volé en éclats lundi. Il a aussi de nouveau réclamé que Damas « arrête d’utiliser » son aviation pour aller bombarder l’opposition et des civils.

« La question dorénavant est de savoir s’il reste une véritable chance d’avancer parce qu’il est clair que nous ne pouvons pas continuer plus longtemps sur cette voie », a jugé M. Kerry lors d’une brève déclaration à la presse, le ton particulièrement grave.

« La première chose que nous avons à faire est de trouver un moyen de rétablir la crédibilité du processus diplomatique » sur la Syrie qui a replongé en début de semaine dans la guerre, avec la ville d’Alep sous les bombes et sous l’offensive de l’armée syrienne annoncé en pleine réunion du GISS.

« La seule façon d’y arriver est que ceux qui disposent d’une force aérienne cessent de l’utiliser », a-t-il réclamé, en allusion à l’aviation syrienne qui devait être clouée au sol selon les termes de l’accord de Genève.

Ce texte paraphé par MM. Kerry et Lavrov prévoyait aussi sept jours de cessez-le-feu, de l’aide humanitaire et une coopération militaire entre Washington et Moscou contre les djihadistes.

Mais la trêve a pris « fin » le 19 septembre, selon l’armée syrienne.

Cette zone de facto d’interdiction aérienne sur une partie de la Syrie ne devra « pas (durer) un jour ou deux, mais le plus longtemps possible pour que tout le monde voit qu’ils sont sérieux », a encore déclaré John Kerry, à propos du régime de Damas et de son allié russe.

Les deux parrains américain et russe du processus diplomatique sur la Syrie étaient réunis jeudi à New York au sein du GISS qui rassemble depuis l’automne 2015 une vingtaine de pays et organisations internationales, dont les Etats-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie, l’ONU et l’Union européenne.

Le GISS a une feuille de route qui comprend un cessez-le-feu, de l’aide humanitaire et l’amorce d’un processus politique entre le régime du président Bachar al-Assad et l’opposition armée modérée, sous l’égide de l’ONU.

L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a qualifié la réunion de jeudi de « longue, douloureuse et décevante ».

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a jugé que la réponse de Moscou n’était « pas satisfaisante ».

« C’est un moment de vérité pour la Russie, c’est un moment de vérité pour le régime Assad, c’est un moment de vérité pour l’opposition », a conclu le secrétaire d’État américain, qui a dit qu’il reverrait une nouvelle fois son homologue russe vendredi à New York.