Syrie: Obama réunit vendredi son équipe de sécurité nationale

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John Kerry (g) et Barack Obama lors d'une réunion avant le début du sommet de l'Otan le 8 juillet 2016 à Varsovie. (AFP/MANDEL NGAN)
John Kerry (g) et Barack Obama lors d’une réunion avant le début du sommet de l’Otan le 8 juillet 2016 à Varsovie. (Archives/AFP/MANDEL NGAN)

Le président américain Barack Obama réunira vendredi son équipe de sécurité nationale, dont le secrétaire d’État John Kerry et le secrétaire à la Défense Ashton Carter, pour faire le point sur l’accord américano-russe en Syrie, selon des responsables américains jeudi.

La réunion doit permettre à l’administration américaine d’accorder précisément ses violons sur cet accord négocié par le secrétaire d’État John Kerry, sous le regard sceptique du Pentagone.

Trois jours après l’entrée en vigueur de l’accord, les responsables américains estiment que le cessez-le-feu en gros est respecté, même si la cessation des hostilités n’est pas « parfaite », selon les mots du porte-parole du département d’État Mark Toner.

Mais ils dénoncent le blocage de l’aide humanitaire destinée à la population assiégée d’Alep, dans le nord du pays, alors que l’accord prévoyait un accès humanitaire sans entrave et durable.

« À l’heure qu’il est, les camions qui pourraient acheminer de l’aide vitale attendent du mauvais côté de la frontière (turco-syrienne). Et cela relève de la responsabilité directe du régime (du président syrien Bachar al-Assad) et de ses bienfaiteurs à Moscou », a tonné jeudi le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

Le porte-parole du Pentagone Peter Cook a souligné qu’il n’y aurait pas de coopération militaire en Syrie entre Américains et Russes tant que l’aide humanitaire n’aura pas été débloquée.

Moscou de son côté accuse les Américains de ne pas remplir leurs engagements, en ne faisant pas assez pression sur les rebelles syriens pour qu’ils prennent leurs distances avec les djihadistes.

« L’opposition modérée parrainée par les États-Unis a augmenté le nombre de ses attaques sur les quartiers résidentiels », a déclaré jeudi un porte-parole du ministère russe de la Défense.

À Washington, les sceptiques, notamment au Pentagone, estiment que la Russie cherche surtout à permettre aux forces de Bachar Al-Assad de reprendre leur souffle.

Mais les partisans de l’accord, à la Maison Blanche et au département d’État, estiment qu’il faut saisir la moindre chance pour faire cesser les combats et venir en aide à une population martyrisée par une guerre civile qui a tué près de 300.000 personnes en cinq ans.

L’administration américaine doit également faire le point sur les relations avec ses partenaires de la coalition contre le groupe Etat islamique, qui se sont plaints de ne pas être tenus informés des tractations avec les Russes.

« Il nous semble qu’entre alliés on peut parfaitement se donner des informations » a ainsi grincé jeudi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

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