Syrie: Washington donne un nouveau coup de main aux forces turques

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Le 3rd Special Forces Group des forces spéciales américaines (Archives/DoD)
Le 3rd Special Forces Group des forces spéciales américaines (Photo d’illustration/Archives/DoD)

Washington a déployé des soldats des forces spéciales aux côtés des forces turques engagées contre le groupe Etat islamique en Syrie, accentuant encore la pression sur les djihadistes qui ont déjà perdu leur accès à la frontière de la Turquie.

Selon un responsable américain, le nombre de soldats ainsi déployés par les États-Unis, « à la demande » d’Ankara, se chiffre en « dizaines ».

Ils ont une mission de formation et de conseil des forces turques, pouvant par exemple aider à diriger des bombardements aériens de la coalition sur les djihadistes, selon des responsables américains.

Washington se retrouve de ce fait dans la position inconfortable d’avoir des forces spéciales conseillant dans deux entités potentiellement antagonistes: l’armée turque d’un côté, et les forces kurdes syriennes de l’autre.

Les États-Unis avait déjà mené des opérations aériennes en soutien des forces turques et à leurs alliés rebelles syriens, qui ont lancé le 24 août une incursion dans le nord de la Syrie, privant l’EI de ses derniers accès à la frontière turque.

Les Américains avaient également tiré sur les djihadistes depuis la frontière avec un système de lance-roquettes Himars.

Mais ils n’étaient pas encore allés sur le terrain avec les forces turques.

« On a atteint un nouveau degré de coopération », s’est félicité vendredi un responsable américain de la Défense.

L’embellie est d’autant plus notable qu’elle survient après une forte poussée de tension entre Washington et Ankara, après la tentative de coup d’État militaire le 15 juillet en Turquie.

Sur le terrain, Ankara est prêt à empêcher par la force les Kurdes syriens, alliés des Américains, de se doter d’un territoire continu tout au long de la frontière turco-syrienne.

Washington assure pour sa part que les milices kurdes, les YPG, ont mis un terme à cette expansion, repassant à l’Est de l’Euphrate, la limite à leur expansion fixée par le président turc.

La présence de soldats américains permettra de « réduire les tensions » sur ce sujet, a estimé vendredi un responsable américain de la Défense.

Les Américains auront ainsi « une plus grande visibilité » sur ce qui se passe sur le terrain, et des « communications plus étroites » avec les différentes forces en présence, a-t-il indiqué sous couvert de l’anonymat.

« Les États-Unis sont maintenant en position d’essayer d’utiliser leur influence, tant sur les Turcs que sur les milices kurdes YPG (…), pour essayer de les garder concentrés sur le combat contre l’EI », a expliqué de son côté Jennifer Cafarella, du cercle de réflexion Institute for the Study of War.

« Ce sera une tâche difficile », mais la reconquête de Raqa en dépend, a-t-elle ajouté.

Plusieurs incidents récents ont illustré la confusion et la volatilité de la situation sur le terrain.

À Tall Abyad, une ville syrienne à la frontière turque reprise en juin par les forces kurdes, des drapeaux américains ont fait leur apparition, et pouvaient encore être observés vendredi matin.

Mais les responsables américains interrogés par l’AFP se sont refusés à confirmer si oui ou non leurs forces étaient présentes sur place.

À Al Raï, autre ville syrienne frontalière, des soldats des forces spéciales américaines, venus en appui des forces turques, ont été pris à partie vendredi verbalement et insultés par des rebelles syriens qu’ils sont censés aider, selon des vidéos diffusées sur Twitter.

À Washington, les responsables américains n’ont pas nié qu’un incident s’était produit, mais ont minimisé les faits.

« Il n’y a pas eu de violence, personne n’est blessé, et nous sommes toujours là », a indiqué l’un d’eux.

Les relations des Américains avec les groupes rebelles syriens ont toujours été très compliquées. Début 2015, le Pentagone avait mis en place un ambitieux plan de formation et d’équipement.

Mais cette tentative de constituer une force syrienne modérée capable de faire reculer le groupe État islamique avait tourné au fiasco, avant d’être relancée sous une forme beaucoup plus modeste.

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