Le Canadien Kevin Garratt accusé d’espionnage relâché par la Chine

0
Kevin et Julia Dawn Garratt en des jours plus heureux avec leur fils Peter et leur fille Hannah. (Photo/Courtoisie de la famille)
Kevin Garratt avait été arrêté il y a deux ans avec sa femme Julia. Ici en compagnie de leurs enfants Peter et Hannah.(Photo/Courtoisie de la famille)

Un Canadien arrêté en 2014 au nord de la Chine et inculpé pour espionnage a été libéré et a pu rentrer jeudi à Vancouver, a annoncé sa famille.

« Nous sommes heureux que Kevin Garratt soit revenu en toute sécurité au Canada et qu’il soit de nouveau en compagnie de sa famille », a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau.

Kevin Garratt et son épouse Julia Dawn Garratt avaient été arrêtés il y a un peu plus de deux ans à Dandong, ville du nord-est de la Chine à la frontière avec la Corée du Nord.

Le Canadien avait été « écroué au motif d’espionnage et de vol de secrets d’État », avait indiqué en février 2015 le ministère chinois des Affaires étrangères, date à laquelle son épouse avait été libérée dans l’attente du procès.

« Mardi 13 septembre, le tribunal de Dandong (Chine) a rendu sa décision dans l’affaire contre Kevin Garratt », selon le communiqué de la famille transmis par leur avocat.

Ce jeudi, Kevin Garratt « a été expulsé de Chine et est rentré au Canada pour être avec sa famille et ses amis », indique-t-il.

Fin août à l’occasion d’une visite officielle à Pékin, le Premier ministre Justin Trudeau avait « attiré l’attention » des autorités chinoises sur le dossier Garratt comme sur les droits de l’homme en général en Chine.

La libération de ce ressortissant canadien intervient à moins d’une semaine de l’arrivée à Ottawa du Premier ministre chinois Li Keqiang.

La Chine, deuxième partenaire commercial du Canada derrière les États-Unis, a fortement poussé pour que le Canada rejoigne la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), créée par la Chine et décriée par les Etats-Unis.

De son côté, le nouveau Premier ministre libéral Justin Trudeau entend renforcer les échanges commerciaux avec la Chine.

La libération de Kevin Garratt s’inscrit donc dans un contexte de réchauffement diplomatique.

La famille, dans son communiqué, a demandé aux médias de préserver leur intimité en assurant qu’elle s’exprimerait « dans les prochaines semaines », soit après la visite de Li Keqiang au Canada.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui la déclaration suivante au sujet du retour de Kevin Garratt au Canada: « Nous sommes heureux que Kevin Garratt soit revenu en toute sécurité au Canada et qu’il soit de nouveau en compagnie de sa famille. Nous demeurons très impressionnés par la dignité et la résilience de la famille Garratt, en particulier de la part de Kevin et Julia ».

Il a aussi rappelé dans sa déclaration que « les plus hauts échelons du gouvernement du Canada ont été saisis de ce dossier ».

Le couple Garratt s’était installé en Chine en 1984, où ils ont entre autres enseigné l’anglais et ouvert un « jardin d’enfants » destiné à aider des orphelins, avait expliqué leur fils Simeon Garratt.

Ouvertement chrétiens, les époux Garrattt avaient ensuite ouvert un café à Dandong, localité de la province du Liaoning, dont le site internet mentionnait qu’il constituait « une étape parfaite sur la route du Royaume ermite » puisqu’il était « à quelques mètres de la Corée du Nord ».

Dans la ville de Dandong, diverses organisations chrétiennes –notamment sud-coréennes–, sont actives dans l’assistance aux réfugiés nord-coréens passant illégalement la frontière.

Simeon Garratt avait expliqué en 2014 que ses parents envoyaient des provisions à des populations « paupérisées » et « négligées » en Corée du Nord. Il avait aussi qualifié d' »absurde » le motif d’inculpation pour espionnage.

*Avec AFP

Les commentaires sont fermés.