Une localité du centre du Mali tombe aux mains de djihadistes présumés

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Un soldat malien à Kidal, dans l'extrême nord-est du Mali (Photo: Archives/EMA)
Un soldat malien à Kidal, dans l’extrême nord-est du Mali (Archives/EMA)

La localité de Boni, dans le centre du Mali, est tombée vendredi sous le contrôle de djihadistes présumés qui y ont attaqué des bâtiments administratifs, et l’armée a quitté les lieux, a appris l’AFP auprès de témoins, d’un élu et d’une source militaire.
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Mise à jour au 03/09/2016 à 19h22

Le ministre malien de la Défense Tiéman Hubert Coulibaly a été limogé samedi, après la prise la veille d’une ville du centre du pays par des djihadistes, a appris l’AFP de sources officielles.

« C’est bien un limogeage après les dernières vagues d’insécurité au centre du Mali », a déclaré à l’AFP un responsable du ministère malien de la Défense, faisant référence à la prise vendredi de la ville de Boni, et à une attaque en juillet contre une base militaire à Nampala, qui avait fait 17 morts parmi les soldats.

M. Abdoulaye Idrissa Maïga, jusque-là ministre de l’Administration territoriale, a été désigné pour remplacer M. Coulibaly, selon le même communiqué.

à 11h51

L’armée malienne a repris samedi, dans le centre du pays, le contrôle de la localité de Boni, tombée la veille sous le contrôle de djihadistes, a appris l’AFP de sources concordantes. « Les djihadistes ont quitté Boni dans la nuit de vendredi à samedi, et aujourd’hui vers 8 heures, l’armée malienne est revenue prendre le contrôle de la ville », a déclaré à l’AFP une source sécuritaire malienne.

Selon une source administrative locale contactée par l’AFP, en quittant la ville, « les djihadistes ont kidnappé un élu communal de Boni qui est accusé d’avoir donné des informations par téléphone à l’armée malienne ». Les habitants de la localité ont vaqué samedi à leurs occupations, mais avec « la peur au ventre », a témoigné un habitant.

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« Actuellement, ce sont les jihadistes qui contrôlent la ville de Boni », dans la région de Mopti, « ils se sont infiltrés dans la ville et aujourd’hui ils ont tiré sur des bâtiments », a déclaré à l’AFP un élu de la localité sous couvert d’anonymat, affirmant que « l’armée n’est plus sur place ».

« Nous avons demandé pour le moment à nos forces armées présentes à Boni de se replier vers la localité de Douentza, ce qui a été fait », s’est contentée pour sa part de dire une source militaire interrogée par l’AFP, qui a également requis l’anonymat.

La localité de Boni est située à 90 km à l’est de Douentza.

Un habitant a de son côté affirmé à l’AFP, que les « djihadistes criaient +Allah akbar!+. Ils ont brûlé la maison du chef de brigade de la gendarmerie de Boni, ainsi que la mairie. Ils ont beaucoup tiré en l’air ».

« J’ai vu l’armée quitter la ville », a souligné cet habitant. « Plusieurs djihadistes étaient à moto. Ils avaient des complices à l’intérieur de la ville. C’est un coup monté », a-t-il estimé.

Un autre habitant de la localité a indiqué avoir vu « plusieurs drapeaux des djihadistes » dans la ville.

« Ce soir à 18H00 (heure locale et GMT), il n’y a pas un seul militaire malien dans Boni. Les djihadistes eux sont un peu dans la ville, mais aussi non loin », selon la même source.

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques jihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

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