Yémen: la CIA estime que l’EI et Al-Qaïda coopèrent dans le pays

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Dans le hall d'entrée de son quartier général, à Langley, en Virginie, le sceau de la Central Intelligence Agency (CIA) ou Agence centrale de renseignement »), l'agence de renseignement américaine chargée de l'acquisition du renseignement (notamment par l'espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors des États-Unis (Archives/CIA/Headquarters Tour)
Dans le hall d’entrée de son quartier général, à Langley, en Virginie, le sceau de la Central Intelligence Agency (CIA) ou Agence centrale de renseignement »), l’agence de renseignement américaine chargée de l’acquisition du renseignement (notamment par l’espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors des États-Unis (Archives/CIA/Headquarters Tour)

Le groupe État islamique et Al-Qaïda coopèrent au Yémen face à leurs ennemis communs, les rebelles houthis et les forces gouvernementales soutenues par la coalition arabe, a estimé jeudi le directeur de la CIA John Brennan.

L’EI et Al Qaïda sont deux organisations concurrentes dans la galaxie jihadiste mondiale, qui s’affrontent ouvertement en Syrie.

Mais « plus on s’éloigne du berceau irakien et syrien, plus une collaboration est probable entre des éléments d’Al-Qaïda, des éléments de l’EI et d’autres » groupes jihadistes, a expliqué le directeur de la CIA dans une interview publiée par le centre anti-terroriste de West Point, la prestigieuse école d’officiers de l’armée de terre américaine.

« C’est ce qu’on voit en ce moment même au Yémen », a-t-il ajouté. « Il y a des indications » que Al Qaïda et l’EI « en fait travaillent ensemble ».

Les deux groupes ont une « communauté d’intérêts » face aux rebelles houthis et aux forces gouvernementales yéménites soutenues par la coalition arabe.

« Nous voyons une coopération au niveau tactique pour repousser leurs ennemis communs », a-t-il poursuivi, ajoutant que pour l’instant, cette « collaboration ou non-confrontation » ne s’est pas étendue à la préparation d’attaques à l’étranger.

Dans l’interview, le directeur de la CIA réitère également ses doutes sur la possibilité d’un retour à un Irak et une Syrie durablement unifiés autour d’un gouvernement central.

« Je ne sais pas si l’Irak ou la Syrie peuvent être reformés. Il y a eu tellement de sang versé, tellement de destructions, de divisions confessionnelles, un tel bouillonnement de tensions », a-t-il rappelé. « Je ne sais pas si je verrai, de mon vivant, la création d’un gouvernement central dans ces deux pays, qui a la capacité de gouverner équitablement ».

Russes et Américains tentaient jeudi d’organiser une nouvelle rencontre à Genève dans l’espoir de surmonter des différends persistants sur la Syrie qui bloquent l’avancée de pourparlers de paix.

Les ministres des Affaires étrangères des deux puissances, qui soutiennent des parties opposées dans ce conflit commencé il y a plus de cinq ans et qui a fait des centaines de milliers de morts, devraient se rencontrer dans la ville suisse pour soutenir un accord de paix, selon les Russes.

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