À Paris, la Coalition anti-EI pense déjà à Raqa, mais le Canada n’a pas de rôle à y jouer

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Les ministres de la Défense de 13 pays de la Coalition luttant contre le groupe État islamique, le 25 octobre 2016, à Paris. (DoD)
Les ministres de la Défense de 13 pays de la Coalition luttant contre le groupe État islamique, le 25 octobre 2016, à Paris. (DoD)

Alors que l’offensive des forces de la Coalition se poursuit pour la reconquête de la ville de Mossoul, en Irak, les préparatifs d’isolement de Raqa, en Syrie, ont commencé, a annoncé le Secrétaire à la Défense américain Ashton Carter, peu après une rencontre des principaux ministres de la Défense de la Coalition, à Paris, ce mardi 25 octobre.

Le groupe en «format restreint» inclut des ministres de la Défense de l’Allemagne, de l’Australie, de Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, des États-Unis, de la France, de l’Italie, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, et du Royaume-Uni.

La réunion d’aujourd’hui, coprésidée par la France et les États-Unis, s’est penchée sur l’engagement collectif de contributeurs clés à faire accélérer la campagne militaire de la Coalition globale. Les progrès de l’offensive sur Mossoul ont aussi étaient analysés à la loupe par les ministres.

«La reconquête n’est pas une fin en soi. Nous devons d’ores et déjà anticiper les conséquences de la chute de Mossoul», a déclaré le Président français François Hollande en ouvrant la réunion.

Il a appelé à la «vigilance face au retour des combattants étrangers» dans leurs pays d’origine, ou face à ceux qui seraient tentés de se replier à Raqa, le fief du groupe en Syrie.

Les estimations occidentales font état de 5.000 à 6.000 combattants de l’EI dans Mossoul.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a plaidé qu’une opération soit menée pour isoler Raqa simultanément à l’offensive en cours contre Mossoul.

« Nous avons entamé les préparatifs pour isoler Raqa », a déclaré M. Carter, en citant les victoires contre les jihadistes déjà obtenues dans la région de Raqa: la prise de Manbij, en août dernier, par une coalition kurde et arabe soutenue par les Etats-Unis, et celle de Dabiq, reprise mi-octobre par des rebelles soutenus par la Turquie.

« Quelle force militaire va prendre Raqa ? Le principe stratégique de la coalition est que ce doit être des forces locales efficaces et motivées, que nous devons identifier » et leur permettre d’intervenir, a précisé M. Carter.

« Cela ne peut être fait que par des gens qui vivent ici. Car nous cherchons une défaite durable contre l’EI et une défaite durable ne peut pas être obtenue par des forces extérieures », a-t-il souligné.

Mais la situation militaire est encore plus complexe en Syrie qu’en Irak avec un territoire extrêmement morcelé et l’implication de multiples acteurs syriens et internationaux, dont la Russie et l’Iran, alliés du régime de Damas.

Pas de rôle pour le Canada en Syrie… pour le moment

Répondant à une question de 45eNord.ca lors d’une téléconférence depuis Paris, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan a fermé la porte à une éventuelle participation canadienne aux futures opérations en Syrie, et notamment à Raqa. «Basé sur les évaluations actuelles, notre focus est en Irak uniquement», a dit le ministre, précisant cependant que comme dans toute opération les évaluations peuvent changer et donc «au bout du compte, cela dépendra de comment sera dans le futur la situation politique».

Même s’il estime que les forces spéciales canadiennes jouent un grand rôle actuellement et qu’elles réalisent de bons résultats dans leur mission de conseil et assistance aux forces de sécurités kurdes lors de l’opération de Mossoul, Harjit Sajjan n’a pu que déplorer le retard de l’installation de l’hôpital de campagne canadien de rôle 2, qui devait justement servir lors de l’opération de reconquête de Mossoul.

Il a précisé que les retards venaient du gouvernement irakien qui n’a, semble-t-il, pas pu fournir toutes les ressources nécessaires, expliquant également que les difficultés étaient désormais finies et que la mise en place de l’hôpital devrait se faire incessamment sous peu.

Preuve de l’accélération des opérations, en Belgique, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé de son côté que pour la première fois, l’Alliance avait fait voler ses avions de surveillance Awacs pour lutter contre le groupe État islamique, le 20 octobre.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». En Afghanistan, en Haïti, en Europe de l'est, dans l'Arctique, aux États-Unis, ou un peu partout au Canada, il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action.

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