Alep: une nouvelle trêve «humanitaire» «pas d’actualité» pour Moscou

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La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)
La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)

Une nouvelle trêve « humanitaire » à Alep, où les affrontements ont repris entre les forces du régime syrien et les rebelles, n’est « pas d’actualité », a affirmé lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

« La question d’un renouvellement de la pause humanitaire n’est pas d’actualité », a-t-il déclaré, cité par les agences russes, alors qu’une première trêve humanitaire de trois jours a expiré samedi soir sans avoir permis d’évacuer de blessés des quartiers rebelles assiégés.

« Pour qu’un tel régime revienne, il est nécessaire que nos opposants (les Etats-Unis et les pays arabes, parrains des rebelles syriens, ndlr) garantissent un comportement acceptable de la part des groupes antigouvernementaux qui ont empêché les évacuations médicales », a ajouté M. Riabkov, premier responsable russe à s’exprimer depuis la fin de la trêve, samedi soir.

Sergueï Ryabkov a par ailleurs critiqué la position de la coalition internationale, assurant que celle-ci préférait critiquer Damas et Moscou plutôt « qu’exercer réellement son influence sur l’opposition et les rebelles » pour le maintien de cette trêve.

« Au cours des trois derniers jours, ce dont nous avions besoin n’a pas eu lieu », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part déclaré que « les tirs n’ont pas cessé ces derniers jours sur les points de contrôle » et les couloirs humanitaires mis en place, notamment la route du Castello.

« Il n’y a eu aucune séparation entre les groupes terroristes et l’opposition modérée (…) Tout cela n’est favorable ni aux trêves, ni au processus d’aide humanitaire », a-t-il ajouté.

Huit couloirs humanitaires, établis pour permettre aux habitants et aux rebelles qui le souhaitaient de quitter les quartiers d’Alep-est tenus par l’opposition, sont restés quasiment déserts de jeudi matin à samedi soir.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait accusé jeudi les rebelles syriens d’empêcher les civils de quitter les quartiers d’Alep-est.

Sergueï Riabkov a par ailleurs estimé que les « conditions ne sont pas réunies » pour une nouvelle réunion ministérielle entre les chefs de la diplomatie américaine et russe sur la Syrie, en raison de la proximité des élections présidentielles américaines début novembre.

Peu après l’expiration de la trêve, les combats ont repris à Alep. Un déluge de roquettes et d’obus s’est abattu sur un quartier d’Alep-ouest tenu par le gouvernement, tandis que des tirs d’artillerie et des frappes aériennes ont visé l’est, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’ancienne capitale économique de la Syrie est divisée depuis 2012 entre des quartiers ouest tenus par le régime et des zones est contrôlées par les rebelles.

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