Yémen: deuxième attaque contre le USS Mason, les USA bombardent trois sites radars sous contrôle rebelle

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Le USS Mason. (page Facebook du USS Mason DDG 87/@MASONDDG87)
Le USS Mason a de nouveau été visé par des missiles en provenance du port d’Al Hudayah, tenu par les forces des rebelles chiites Houthis. (Archives/page Facebook du USS Mason DDG 87/@MASONDDG87)

Remis à jour le 12/10/2016 à 23H58

Après que le navire de guerre américain USS Mason a de nouveau été visé mercredi, sans succès, par un tir de missile au large des côtes du Yémen,les Etats-Unis ont bombardé trois sites radars en zone sous contrôle des Houthis.

Dès après les premiers tirs survenus dimanche, les Américains avaient promis que l’attaque ne resterait pas impunie. Ils ont tenu parole:les États-Unis ont bombardé trois sites radars dans des zones contrôlées par les rebelles Houthis au Yémen, suite à des attaques par missiles contre des bateaux de guerre américains dimanche et mercredi, a indiqué le Pentagone mercredi.

Les frappes autorisées par le président Barack Obama ont été menées avec des missiles de croisière Tomahawk tirés par le destroyer USS Nitze, a précisé un responsable américain.

The following is a statement released today by Pentagon Press Secretary Peter Cook on U.S. military strikes against radar sites in Yemen:

« Early this morning local time, the U.S. military struck three radar sites in Houthi-controlled territory on Yemen’s Red Sea coast. Initial assessments show the sites were destroyed. The strikes — authorized by President Obama at the recommendation of Secretary of Defense Ash Carter and Chairman of the Joint Chiefs General Joseph Dunford — targeted radar sites involved in the recent missile launches threatening USS Mason and other vessels operating in international waters in the Red Sea and the Bab al-Mandeb. These limited self-defense strikes were conducted to protect our personnel, our ships, and our freedom of navigation in this important maritime passageway. The United States will respond to any further threat to our ships and commercial traffic, as appropriate, and will continue to maintain our freedom of navigation in the Red Sea, the Bab al-Mandeb, and elsewhere around the world. »

De son côté, l’Amiral John Richardson, chef des opérations navales, a de nouveau souligné dans un message sur son compte Twitter moins de 30 minutes après le communiqué du Pentagone que « Nous sommes formés et prêts à nous défendre et de réagir rapidement et de façon décisive ». Le chef des opérations navales américaines avait déjà déclaré après les attaques contre le USS Mason que « La marine américaine continuait sa mission de surveillance dans la mer Rouge et dans le monde pour défendre l’Amérique contre les attaques et protéger les intérêts stratégiques des États-Unis », ajoutant que « Ces attaques injustifiées sont graves, mais ils ne nous empêcheront pas de poursuivre notre notre mission ».

Ces tirs de missiles contre des navires américains surviennent, hélas, au moment où l’opinion publique occidentale réagissait avec horreur au carnage de Sanaa, quand des raids aériens ont touché de plein fouet une grande cérémonie funéraire samedi dans la capitale yéménite contrôlée par les rebelles chiites Houthis, faisant plus de 140 morts et 525 blessés selon l’ONU.

Juste au moment où les Américains commençaient à demander des comptes à leur allié saoudien qui mène la coalition arabe contre les rebelles houthis, déclarant que leur appui n’était pas un chèque en blanc, il peut paraître malavisé de la part des rebelles de s’attaquer ansi à des navires américains…

Deuxième incident mercredi, un incident de trop

Mercredi, deuxième incident: de manière identique à la première fois, le missile a été tiré depuis un territoire contrôlé par les milices Houthis, en l’occurrence depuis le port d’Al Hudaydah sur la Mer Rouge.

D’après l’agence Reuters, deux missiles sont tombés à proximité du destroyer USS Mason et du navire amphibie de transportation l’USS Ponce, qui escortait ce premier.

Selon un responsable militaire américain, cité par Reuters, le premier missile a déclenché les contre-mesures de l’USS Mason.

Le journal Opex360 explique que ce navire est « en effet doté du système de guerre électronique AN/SLQ-32 (V) 2, du MK 36 MOD 12 Decoy Launching System et du AN/SLQ-39 CHAFF Buoys. »

Il n’est pas clair si le second engin tiré a été mis en échec de la même manière.

Le USS Mason a envoyé des salves en réponse aux missiles qui n’ont pas endommagé les navires.

Selon Reuters, les forces Houthis ont réfuté les accusations concernant leur rôle dans ces attaques. Néanmoins, d’après les officiels américains, les indications portent à croire que les Houthis sont bel et bien responsables de ces incidents.

Les rebelles utiliseraient des esquifs pour observer la position du navire, et ainsi diriger leurs attaques. Il est aussi très probable que les sites radar sous le contrôle des Houthis leur permette de repérer le USS Mason.

Les missiles lancés ayant une portée considérable, il semblerait aussi que les Houthis aient employé des armes lourdes qui pourrait provenir d’Iran selon ce que les officiels américains ont déclaré à Reuters.

Le Pentagone avait assuré mardi que les attaques contre le USS Mason ne resteraient pas impunies. Ce qui a amené finalement à la première action américaine directe contre les Houthis dans le conflit au Yémen.

« Quiconque restreint la liberté de navigation ou met les navires de la Marine américaine en danger le fait à ses propres risques et périls », avait fait savoir le Pentagone.

Les milices Houthis, alliées aux forces de l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh, combattent les forces loyalistes, soutenues par une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite.

Les États-Unis ne participent pas directement aux combats mais apportent un soutien logistique ainsi que des renseignements à la coalition arabe. Ils font notamment du ravitaillement en vol pour les avions qui vont bombarder le Yémen.

Mais les États-Unis ont aussi exprimé leur gêne par rapport aux pertes civiles occasionnées par les bombardements de la coalition arabe. »

D’après le porte-parole à la Maison Blanche, Ned Price, la coopération avec l’Arabie Saoudite au Yémen n’est pas un chèque en blanc, et les États-Unis continueront d’adapter leur soutien à cette coalition qui s’est déjà considérablement réduite, afin de rester en accord avec les valeurs américaines.

Washington appelle aussi les forces rebelles, loyalistes et la coalition à cesser les hostilités.

Depuis mars 2015, cette coalition mène une campagne de bombardements aériens qui a été vivement critiquée par la communauté internationale de par son caractère meurtrier sur la population civile.

*Avec les agences

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