Bataille de Mossoul: les forces spéciales canadiennes «au plus près de l’action»

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Depuis le lancement de la bataille pour la reconquête de Mossoul le 16 octobre, les forces spéciales canadiennes qui aident et assistent les peshmergas qui ont pour tâche de frayer un chemin aux forces irakiennes en nettoyant le terrain des djihadistes se retrouvent plus que jamais au plus près de l’action.

Des vidéos de l’agence d’information kurde Rudaw semblent montrer clairement des soldats des forces spéciales canadiennes sur la ligne de front.

Le rôle des peshmergas que les forces spéciales assistent, crucial dans la reconquête de Mossoul même s’ils ne sont pas appelés à pénétrer dans la ville, a amené les combattants kurdes, mais peut-être aussi leurs mentors canadiens au contact de djihadistes dans les villages de la périphérie où les combattants kurdes avaient mission de les déloger.

De plus, alors que la coalition, profitant de son avantage technologique, multipliait les bombardements sur les positions de l’EI, elle devait pouvoir compter sur des contrôleurs avancés d’attaque interarmées (JTAC) sur le terrain, mission qui semble avoir été dévolue, notamment, aux pershmergas et à leurs conseillers canadiens.

Sur les vidéos de l’agence kurde, on aperçoit d’ailleurs clairement le drapeau canadien sur l’uniforme des soldats. C’est ainsi que les Canadiens, même si on refuse au pays de parler de mission de combat, se retrouvent apparemment de plus en plus exposés.

Au point sur l’opération IMPACT, jeudi 6 octobre à Ottawa, le lieutenant-général Stephen Bowes, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada et le brigadier-général Peter Dawe, commandant-adjoint du Commandement des opérations spéciales du Canada, n’avaient pas cachés qu’il y a eu plusieurs cas où des militaires canadiens des Forces spéciales ont eu à se défendre alors «qu’ils travaillaient aux côtés des Kurdes, qu’ils défendaient des Kurdes à leur demande ou qu’ils protégeaient des non-combattants à l’intérieur de la zone d’opérations», mais, avait alors assuré le brigadier-général, «ces événements n’ont pas entraîné de blessures chez les Canadiens».

Mais, inéluctablement, avec la mission des conseillers canadiens qui devient plus offensive a augmenté la fréquence d’engagements avec les djihadistes, avait du avouer le brigadier-général Dawe. Les Canadiens passent forcément plus de temps à superviser les opérations et à observer les résultats des engagements à proximité de la ligne kurde, avec tous les dangers que cela représentent pour nos soldats.

Avare de détails pour d’évidentes raisons de sécurité, le commandant-adjoint des Forces spéciales avait toutefois assuré que les Forces armées canadiennes et les Forces d’opérations spéciales n’ont surtout pas oublié les leçons apprises lors du décès en mars 2015 du sergent Andrew Doiron, victime de tirs amis alors qu’il revenait avec son équipe de la ligne de front où ils avaient assisté les peshmergas dans leur utilisation d’équipements optiques.

Aujourd’hui, en réponses aux préoccupations de 45eNord.ca, le ministère de la Défense a expliqué de nouveau qu' »Afin d’assurer la sécurité et la protection de notre personnel en déploiement, les détails exacts des opérations en cours ne seront pas communiqués ».

Le mandat des forces spéciales n’a pas changé, insiste Ottawa. « Nous continuons d’entraîner, de conseiller et d’aider les forces de sécurité irakiennes et à l’heure actuelle, il est important de les laisser faire leur travail », a déclaré la Défense canadienne, soulignant l’importance de la mission au sein de la coalition multinationale contre le groupe armé État islamique.

Quant à nous, tout ce ce qu’on peut dire, c’est que si ce n’est pas une mission de combat, elle n’en reste pas moins une mission diablement et dangereusement près du combat…

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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