Birmanie: 12 morts dans des violences dans l’Etat Rakhine

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L'opposante Aung San Suu Kyi à Kawhmu dans la banlieue de Rangun en Birmanie, le 24 octobre 2015. (AFP/Archives/Romeo Gacad)
Aung San Suu Kyi a lancé un appel au calme suite aux nombreuses attaques contre l’armée birmane dans la région de Rakhine, où les tensions entre bouddhistes et musulmans sont très fortes. (AFP/Archives/Romeo Gacad)

Des affrontements entre l’armée birmane et des hommes armés ont fait 12 morts ces dernières heures en Etat Rakhine (ouest), région reculée où les tensions entre bouddhistes et musulmans sont très fortes, rapporte mercredi un quotidien officiel birman.

Depuis samedi, plusieurs affrontements ont eu lieu près des postes frontières proches du Bangladesh où des hommes armés non identifiés s’en sont pris à des policiers.

Mardi, quatre militaires et un assaillant ont péri quand des centaines de personnes armées ont attaqué des soldats dans le village de Pyaungpit dans la province de Maungdaw, a indiqué le Global New Light of Myanmar.

Et l’armée a par ailleurs fait état de sept tués parmi les assaillants lors d’une autre échauffourée. Au total, depuis samedi et la première attaque d’un poste frontière qui a fait 9 morts, au moins 29 personnes ont été tuées.

L’armée birmane a multiplié les opérations dans la région, où vit une grande partie de la communauté musulmane rohingya du pays et où les rixes entre communautés sont fréquentes.

En 2012, de sanglantes violences inter-communautaires avait éclaté faisant plus de 200 victimes en 2012, notamment musulmanes.

Apatrides, les Rohingyas sont considérés comme des immigrés illégaux par beaucoup de bouddhistes majoritaires dans le pays. Ils n’ont pas accès au soin, au marché du travail, à l’école pour les enfants et n’ont pas de liberté de déplacement.

Et plus de 100.000 Rohingyas s’entassent toujours dans des camps de déplacés dans cet Etat depuis ces violences.

Pour éviter toute escalade, les autorités ont étendu le couvre-feu régional, en vigueur maintenant de 19H00 à 6H00 du matin et quelque 400 écoles ont été fermées pour les deux prochaines semaines.

Aung San Suu Kyi qui dirige le premier gouvernement civil depuis des décennies a lancé un appel au calme. Les rumeurs de meurtres et d’arrestations massives autour de Maungdaw sont répandus comme une traînée de poudre sur les médias sociaux, attisant la peur.

Le conseiller spécial des Nations unies en Birmanie, Vijay Nambiar, a exhorté les troupes et les habitants à faire preuve de retenue en ce « moment délicat » pour l’Etat.

Il a également appelé les civils à « ne pas cibler des communautés ou groupes religieux ». L’Union européenne a également appelé à une enquête « en conformité avec le droit ».

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