Colloque sur la Sécurité internationale et intérieure à l’université Laval: Entrevue avec le Brigadier-général (ret) Richard Giguère

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Jeudi 6 Octobre, le Centre sur la sécurité internationale (CSI) tenait à l'Université Laval à Québec une conférence traitants, notamment, de la cyber sécurité, du terrorisme et de la radicalisation, de l’espionnage et la surveillance de masse, ainsi que des répercussions intérieures des opérations militaires du Canada. (Thalia Cohen Bacry/45eNord.ca)
La mini-colloque sur la sécurité internationale et intérieure a traité de la cyber sécurité, du terrorisme et de la radicalisation, de l’espionnage et la surveillance de masse, ainsi que des répercussions intérieures des opérations militaires du Canada. (Thalia Cohen Bacry/45eNord.ca)

Dans la journée du jeudi 6 octobre, le Centre sur la sécurité internationale (CSI) a organisé une conférence traitant de sujets divers et variés comme la cyber (in)sécurité, le terrorisme et la radicalisation, l’espionnage et la surveillance de masse, et notamment les répercussions intérieures des opérations militaires du Canada. 45eNord.ca a pu s’entretenir avec le brigadier-général retraité Richard Giguère, Président de l’Institut Militaire de Québec, qui lors de la conférence a présenté son analyse: « Gagner la guerre sans combattre ».

M. Giguère a expliqué que les objectifs des guerres contemporaines ne sont pas aussi clairement définis par rapport au siècle dernier avec les deux dernières guerres mondiales par exemple. Aujourd’hui le concept de ‘victoire’ est flou, comme l’est la question de savoir si nous sommes en guerre ou pas. Un autre point d’emphase était les différences entre les cultures militaire et administrative. M. Giguère expliquait que les ministères n’ont pas la culture expéditionnaire auxquelles sont habitués les Forces armées canadiennes (FAC). Une faiblesse sans doute compréhensible et qui a été révélée lors du déploiement en Afghanistan. Comme l’explique le brigadier-général (ret.) Giguère: « faut que tout le monde joue. »

Entrevue avec le Brigadier-général (ret) Richard Giguère

1) Pouvez-vous développer votre réflexion concernant les répercussions intérieures des opérations militaires du Canada?

« L’espace de bataille n’est plus seulement l’apanage des militaires, maintenant on retrouve des humanitaires et des diplomates dans les espaces de bataille et l’Afghanistan en est un exemple. En raison des réalités du terrain, les ministères se retrouvent forcés à travailler beaucoup plus ensemble. Cela se fait sur le terrain mais conséquemment à Ottawa où sont nos ministères ils n’ont pas d’autre choix que de s’adapter à ces réalités. Je pense que l’une des conséquences de ces nouveaux espaces, que ce soit des espaces de contres-insurrections ou encore de reconstruction, est de forcer les ministères à travailler avec une meilleure coopération: c’est ce que l’on appelle au Canada l’approche pan-gouvernementale. »

« Cet effort pendant la période en Afghanistan semble revenir avec ce fameux Plan de Stabilité des Opérations de la Paix (PSOP), où l’on recherche justement une approche intégrée de toutes les ressources canadiennes qui sont déployées dans un théâtre d’opération. On utilise souvent trois lignes d’opérations: une ligne d’opération de sécurité, de gouvernance, et de développement. En tant que militaire, nous sommes experts en matière de sécurité, mais ce n’est pas le cas pour les deux autres lignes. Il en viendrait donc aux collègues des autres ministères qui sont experts là dedans de se déployer dans une certaine mesure. »

2) Pourquoi l’Afghanistan a été le tournant de cette manière de pensée?

« J’ai grandi dans un contexte de guerre froide, dans lequel les diplomates, les militaires et les humanitaires avaient chacun leur travail. Il était donc rare de se rencontrer sur le terrain. Si la diplomatie ne marchait pas, on envoyait alors les militaires. Mais maintenant ces différents rôles travaillent en même temps et dans le même espace. En Afghanistan, l’Équipe de Reconstruction Provinciale de Kandahar qui a été mise en place contenait des individus de tous les ministères au sein de la même organisation. »

« Les prochaines opérations, comme les missions de maintien de la paix, auront besoin de ses deux autres lignes. En tant que militaires on peut ‘calfeutrer la brèche’ afin de créer une fenêtre de sécurité mais beaucoup de travail reste à faire après cette mise en place, et ce n’est peut-être pas la spécialité des militaires. »

« L’Équipe de Consultation Stratégique (ECS) mise en place en 2005 pour conseiller les fonctionnaires dans les ministères afghans en terme d’agriculture, d’irrigation, des communications… était composée de 15 personnes, notamment des militaires. Trois rotations ont eu lieu et il y a eu des opportunités pour avoir des experts civils en développement, en irrigation, en agriculture, et on était preneur, mais cela ne s’est pas réalisé. »

« Lors de l’opération ARGUS, l’ESC avait été mise en place suite à une demande du président Karzai, qui entretenait une très bonne relation avec le général Rick Hillier, qui est ensuite devenu le chef d’Etat-Major de la Défense. Il avait le succès de l’Afghanistan à cœur, et donc nous sommes arrivés avec l’idée que nous travaillions pour les afghans, et non pas avec un esprit de « conquérant ». Les afghans possédaient l’expérience du terrain, c’était leur pays, et nous étions là pour leur donner les outils pour favoriser la bonne gestion des opérations futures. »

« L’armée canadienne à développé une bonne réputation en Afghanistan avec nos équipes de mentorat de liaison qui entrainaient l’armée afghane, nos équipes de reconstruction provinciale pour le développement, ou encore avec l’ECS en terme de gouvernance. Ce déploiement en Afghanistan a été critiqué, et il est certains que les progrès sont lents, mais en 2001 ce pays était pratiquement à reconstruire. Ce fut un gros investissement financier, mais on a aussi payé de notre sueur et de notre sang. 158 décès en 10 ans. On a fait une grosse différence au niveau tactique, on a pavé des routes, construit des écoles et amélioré la sécurité des habitants. C’est quand même quelque chose et l’on ressent une sorte de fierté fragile quand on voit le retour des talibans qui attaquent des villes, et l’armée afghane qui remporte des victoires, car cette force militaire a été formée par de nombreux experts canadiens. »

3) Pensez-vous qu’il va y avoir un véritable retour du Canada aux opérations de la paix?

« Les Canadiens ont longtemps été considérés comme l’archétype du casque bleu avec le rôle actif qu’ils ont joué lors de la crise de Suez. Nous avons ensuite pris part aux opérations de la paix jusqu’au début des années 90. La chute du rideau de fer a ensuite révolutionné l’équilibre mondial, et les soldats étaient envoyés dans des missions qui n’étaient pas adaptées aux nouvelles réalités. Nous avons subi des coups très durs dans les Balkans et au Rwanda. Le gouvernement ne voulait plus envoyer ses soldats dans le cadre de missions où l’on n’était pas appuyé de la bonne façon. Nous sommes passés de l’un des plus grands pays contributeurs au 65e rang. Aujourd’hui nous avons une centaine de casques bleus déployés. »

« Donc un retour est possible, mais sous certaines conditions nécessaires. Il nous faut un mandat très clair, qui est appuyé par au moins un des membres permanents du Conseil de Sécurité, car cela fait une grosse différence. Il faut donner des règles d’engagements à nos soldats qui sont adaptées aux réalités contemporaines. Avant, la seule règle d’engagement en vigueur était la légitime défense. Même devant des meurtres, des pillages, ou des massacres, on ne pouvait rien faire. En Afghanistan, nous avions des règles d’engagements plus adaptées, et nous étions capable d’êtres plus dissuasifs. Les militaires canadiens n’ont pas la gâchette facile, donc tant mieux si tout se déroule de manière pacifique. Mais si ils franchissaient la ligne, nous étions équipés pour faire face aux menaces, et ceci change fondamentalement la donne. Il faut donner aux soldats les moyens de se faire respecter sur le terrain. »

« Une autre condition concerne la chaîne de commandement. Avant c’était toujours des canadiens qui commandaient des canadiens, maintenant les postes viennent avec la grosseur des contingents. Si le pays envoie 2000 casques bleus, il obtiendra un poste de général dans la mission. Mais en envoyant 600 militaires, où sera-t-on dans la chaîne de commande ? »

« Nos soldats sont bien entrainés et sont prêts à faire face à toute éventualité. Il n’y aura aucun problème pour les déployer très rapidement pour une mission de l’ONU. Il faut simplement que l’on comprenne le mandat dans lequel l’ont sera employé, et bien comprendre les règles qui seront en vigueur. »

4) Le Canada devrait donc se concentrer sur ces opérations à l’étranger, et non pas sur des problèmes internes?

« Le Canada n’est pas en guerre d’après nos politiques et peut participer à la vie internationale. Nos soldats possèdent une excellente réputation comme casques bleus, mais aussi comme soldats (i.e. l’Afghanistan). Donc le niveau de professionnalisme des soldats canadiens est l’un des meilleurs dans le monde. Alors si l’ont peut redorer le blason du canada à l’ONU en appuyant les missions de paix, comme on compte le faire avec l’OTAN en envoyant 650 militaires en Lettonie. Cela permettra au Canada d’avoir une voie à améliorer sur la scène internationale. »

« Notre avantage c’est que le Canada peut choisir les conflits dans lesquels il peut intervenir. Mais envoyer des militaires en Afrique, en Amérique du Sud, au Moyen-Orient… est un acte important et lourd de conséquences pour les politiques. Les gens sont très conscients de ça. »

« De plus, le Canada a une bonne réputation au sein de l’ONU et de l’OTAN en tant que membre fondateur, et avec la bonne réputation de nos diplomates, militaires et humanitaires. Donc on a une position intéressante, même si nos contingents sont peu nombreux. »

« Je suis plus inquiet avec ce qu’il se passe en Irak avec les coalitions ad hoc qui sont en train de se former, et dont le Canada fait partie. Le Canada n’a pas le poids historique dans ces coalitions qu’il a dans l’OTAN ou à l’ONU. Ici la position d’influence d’un pays est déterminée par le contingent, le budget, le nombre d’avions déployés… et donc la parole du Canada ne sera pas écoutée de la même manière qu’elle l’est dans le cas des vieilles institutions. Ces institutions il faut les transformer, elle ont les problèmes, mais il ne faut pas « jeter le bébé avec l’eau du bain”. Il faut améliorer ses institutions et non pas les mettre de coté. Ce n’est pas la voie que j’emprunterais. »

5) L’attitude de la Russie dans le Moyen-Orient, et même en Europe vous inquiète-t-elle?

« Beaucoup parlent d’un retour à une autre guerre froide? Je ne pense pas. Lors de la guerre froide, il y avait deux grands blocs monolithiques qui s’affrontaient, mais depuis ils ont évolué. En ce qui concerne la Crimée et l’Ukraine, le Canada a pris position et s’est engagé: les Canadiens entrainent les soldats ukrainiens, nous n’avons jamais été aussi près des russes, même pendant la guerre froide où nous avons longtemps été en Allemagne. Nous avons aussi jugé que l’action en Crimée était inacceptable. Nous ne sommes pas neutre mais c’est une position qui est tenable car les russes peuvent comprendre pourquoi l’on est comme ça. Le Canada a quand même des principes en ce qui concerne les règles internationales. »

« Bien sûr, il y a la question de l’Arctique, et le Canada et la Russie font partie du conseil de l’Arctique. Alors est-ce qu’on dialogue? Ou bien on les ignore avec les conséquences que cela peut avoir? Les Russes sont quand même à surveiller, mais ils ne présentent pas une menace en ce moment et aucune intention n’a été clairement dirigée envers le Canada. Mais il faut quand même surveiller ce qu’il se passe dans leur politique interne. Par exemple, l’évolution de la situation dans les pays baltes pourrait avoir un impact sur nos discussions avec les russes en ce qui concerne l’Arctique. Tout est relié. »

Jeudi 6 Octobre, le Centre sur la sécurité internationale (CSI) tenait à l'Université Laval à Québec une conférence traitant, notamment, de la cyber sécurité, du terrorisme et de la radicalisation, de l’espionnage et la surveillance de masse, ainsi que des répercussions intérieures des opérations militaires du Canada. (Thalia Cohen Bacry/45eNord.ca)
Mr. David Murakami-Wood, Mr. Bill Robinson, Mr. José Fernandez, Pr. agrégé Stéphane Leman-Langlois, Lcol (ret) Rémy Landry, Bgén (ret) Richard Giguère, et Mr. Frédéric Lemieux. (Thalia Cohen Bacry/45eNord.ca)

5) Vous avez travaillé à Kingston au Directorat des concepts stratégiques de la Force terrestre à l’élaboration de l’Armée du futur dans les années 90. Vingt ans plus tard que pensez vous des développements de l’armée?

« Pour prédire le futur, on est plus ou moins bon et l’on se trompe souvent. Il faut envisager des « futurs probables”, qui nous forcent à nous porter en avant, car mieux vaut avoir une idée et se tromper que de ne pas y penser du tout. Comme le cyber, qui est un nouvel espace de bataille comme l’a été l’espace aérien. Nos opérations militaires ont lieu dans ce spectre là. Même si l’on a le meilleur char d’assaut, tant qu’un hacker peut entrer dans nos ordinateurs, cela ne sert à rien. Il ne faut donc jamais arrêter de se porter en avant, de faire de la prospective et d’analyser les tendances. Le 11 septembre, la chute du mur de Berlin…personne n’avait prévu ça. Si de tels évènements arrivent, l’on sera surpris moins longtemps en anticipant de possibles éventualités, et ça c’est une victoire à part entière. »

6) Que pensez vous des critiques actuelles concernant la dégradation de l’armée canadienne?

« Concernant les problèmes d’harcèlement sexuel, il y a des actions prises. Il y a des problèmes et en réponse le Chef d’État Major crée des comités, des équipes…on ne fait pas l’autruche. »

« Concernant la critique que le budget est trop bas, il ne faut pas oublier que l’on parle en pourcentage. Oui le Canada donne moins d’1% de son PNB, mais cela équivaut à 20 milliards. Cela nous place au 6ème rang des nations de l’OTAN en terme de dépenses militaires. Si l’on donnait le double, il faudrait avoir les infrastructures, les équipes et les projets d’acquisitions pour les dépenser. »

« Notre flotte est en mauvais état, on est obligé de louer des navires de ravitaillements car les notre sont désuets. Pour un pays bordé par trois côtes, ce n’est pas adéquat. Des résolutions sont prises comme le remplacement des chasseurs F-18. Pendant ce temps la on se déploie avec l’équipement que l’on a, et les politiques sont bien au courant. L’influence des militaires s’arrête à un certain niveau et a ses limites. »

7) Pensez-vous qu’il y a une indécision de la part du gouvernement actuel ?

« Il y a une situation paradoxale. Nous sommes actuellement en train de réviser notre politique de défense, mais en même temps notre gouvernement prend des décisions qui auront un impact majeur sur cette politique, comme notre participation aux contingents militaires dans les pays baltes et parmi les casques bleus. »

« On augmente notre contribution à la coalition anti-Daech/EI, alors que notre politique de défense est en train d’être remodelée et que ces décisions là vont avoir un impact sur cette politique. Comment synchroniser notre politique étrangère et celle de la défense? On refait notre politique de défense mais nous avons pas la même initiative du côté de notre politique étrangère – qui mène quoi? Est-ce notre politique étrangère qui fait que l’on se déploie quelque part, ou est-ce notre politique de défense? Beaucoup de décisions sont prises et d’intentions annoncées mais il y a une complexité dans les questions qui en découlent. Vous savez le diable est dans les détails: Où va-t-on aller? Comment va-t-on payer? Qui seront nos alliés? De quelle manière allons nous nous déployer? Les experts militaires et civils posent de nombreuses questions qui sont importantes et auxquelles nos politiques n’ont pas forcément réfléchi, et le Premier Ministre Justin Trudeau est resté silencieux alors qu’il a eu plusieurs opportunités, comme à Londres récemment. On voudrait avoir des réponses avant d’aller trop de l’avant. »

8) Êtes-vous surtout inquiet par rapport aux problèmes de cybersécurité ?

« Notre attention particulière envers la cybersécurité n’est pas nouvelle, ça fait longtemps que l’on en parle. Des progrès immenses ont été faits, et avancent parfois plus rapidement que nos capacités de défense. Le cyber est maintenant un des espaces de bataille au même titre que la mer, la terre… On comprend les défis liés à la cyber, mais on n’est pas ‘tombé dans la potion magique » quand nous étions plus jeunes. Les jeunes militaires sont issus de cette génération informatique et connaissent bien les risques. Chaque génération a sa guerre, son contexte, et ses défis. J’ai bien confiance que la nouvelle génération militaire va trouver les réponses à ces défis liés aux Cyber ou à l’Espace. »

« Pour l’armée c’est un danger majeur. Nombre de nos nouvelles technologies, comme nos armes de précisions, fonctionnent avec un GPS. Avec les piratages, ces armes peuvent devenir imprécises. Même au niveau des communications codées, comment peut-on être certain qu’elles n’ont pas été détournées par l’ennemi. Ça devient donc une question de vie ou de mort. L’individu qui veut faire du mal, ça ne lui coûte pas tellement cher, mais pour nous ça coûte une fortune. Ces individus n’ont qu’a réussir une fois pour gagner, pour notre part si l’on perd une fois sur le nombre d’attaques quotidiennes que nous subissons ce sera une défaite. »

9) Lors de votre présentation vous avez dit qu’il était essentiel pour l’armée de savoir combattre en ‘mode dégradé’. Pouvez-vous développer là dessus ?

« Il faut savoir combattre en mode dégradé; quand je suis entré dans les FAC c’était l’ère de la carte sur papier, du crayon, et de la boussole. J’ai assisté aux premiers pas de la technologie et lors de nos cours de formations, on a continué de nous enseigner la méthode traditionnelle tout en apprenant la méthode moderne avec les nouveaux appareils. Ma crainte c’est que dans le futur, s’il faut couper du temps sur le cours, que va-t-on mettre de côté? Les chances sont que ce sera la méthode traditionnelle. Mais comme la Loi de Murphy le dit, “Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal.” La question étant: est-ce que les jeunes sont capables, avec leurs GPS et leurs facilités avec le High tech, de continuer à combattre dans un mode dégradé quand tout ce matériel électronique n’est plus fonctionnel. Ces cartes, ces boussoles…c’est peut-être ces outils qui leur sauveront la vie. »

Jeune diplômée de l’Université de Colombie-Britannique en Histoire et Relations Internationales, Thalia est intéressée par les conflits internationaux, la sécurité nationale, et spécifiquement les stratégies liées à l’antiterrorisme.

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