État déplorable de plusieurs bases militaires, conclut un audit interne du Ministère de la Défense

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Inauguration du nouveau bâtiment du Centre d’instruction supérieure en guerre terrestre de l’Armée canadienne, à la 8e Escadre Trenton, en Ontario. (MDN)
De nombreuses bases à travers le pays serait dans un tel état que les estimations des coûts ne sont même pas connues. (Archices/MDN)

Un nouvel audit interne du Ministère de la Défense nationale révèle que les bases militaires à travers tout le pays font face à de véritables problèmes dans la maintenance en raison de «sous-investissements chroniques».

Après avoir analysé de nombreuses données, effectuer de multiples entrevues et rendu visite à plusieurs bases, les auditeurs du Ministère de la Défense nationale ont conclu que les «routes, le système de distribution électrique, le système de chauffage et de refroidissement, le réseau d’alimentation en eau, à l’égout sanitaire, ainsi qu’aux réseaux d’égouts pluviaux» sont en piteux état dans plusieurs bases depuis les années 1990. De plus, les «objectifs en matière d’entretien, de réparations et de recapitalisation» du MDN n’ont pas été atteints. «Ceci s’est traduit par un déclin de l’état du portefeuille qui augmente le risque de perturbation des services», précise l’audit.

Ajoutant encore un peu plus de difficulté à la situation, les responsables des bases n’ont souvent que peu voire pas d’information sur l’état de ces systèmes, en partie à cause d’une piètre tenue des dossiers, mais aussi parce que des vérifications des infrastructures ne sont pas effectuées de façon régulière.

Ces renseignements dépendent des dossiers qui se trouvent dans les sections de génie construction des bases et peuvent prendre la forme de dessins et de schémas de système originaux, accompagnés de concepts et de dessins qui tiennent compte des modifications au cours des années. Or, ces dossiers manuels ont été jugés incomplets et non fiables dans le cadre de l’audit.

L’audit cite notamment le fait que «Dans le Système d’information de la gestion des ressources de la Défense (SIGRD), le champ lié à l’état [des travaux]est vide pour 81% des dossiers sur les biens immobiliers».

Par conséquent, le Ministère de la Défense ignore combien de centaines de millions de dollars – voire de milliards – il en coûtera pour réparer ou remplacer les installations délabrées, dont plus de la moitié ont déjà dépassé leur vie utile de 50 ans.

Suivant les normes de l’industrie et l’orientation fournie par le Conseil du Trésor en ce qui a trait à la gestion des biens immobiliers, le Ministère se doit de dépenser au moins 1,4% du coût de remplacement des biens immobiliers pour l’entretien et la réparation. Or, seul 1% a bien été dépensé chaque année depuis 2009. Facteur aggravant, la cible de 1,4% se fonde sur des structures vieilles de 50 ans. Toutefois, dans un rapport de 2010, le Sous-ministre adjoint (Infrastructure et environnement) notait que 61% des travaux dits municipaux avaient déjà plus de 50 ans, dépassant ainsi leur durée de vie utile. En conséquence, l’état général du portefeuille de biens immobiliers avait été coté comme étant de «faible à passable».

D’ici à 2018, l’audit estime que c’est 1,1 milliard de dollars qui n’aura pas été dépensé en entretien et en réparation, mais ce chiffre ne tient même pas compte de ce manque d’informations.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a promis de dépenser plus de 200 millions $ au cours des deux prochaines années pour réaliser des travaux notamment dans les entrepôts pour les avions, les jetées des embarcations et les logements pour militaires à travers le pays… mais rien concernant les problèmes soulevés par les vérificateurs.

Reconnaissant le problème, le sous-ministre adjoint aux infrastructures et environnement) indique prévoir de «centraliser la gestion des biens immobiliers, de moderniser les systèmes d’information et les processus opérationnels, d’investir de manière ciblée dans les secteurs prioritaires et d’innover dans la prestation de services».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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