Importante conférence mondiale sur la radicalisation des jeunes à Québec

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Martin «Ahmad» Rouleau, de son vrai nom Martin Couture Rouleau, récemment converti à l'Islam et autoradicalisé, qui a foncé lundi 20 octobre 2014 avec sa voiture dans un groupe de militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l'un d'eux, avant de prendre la fuite et d'être abattu par la police locale (photo tirée de Facebook)
Martin «Ahmad» Rouleau, de son vrai nom Martin Couture Rouleau, récemment converti à l’Islam et autoradicalisé, qui a foncé lundi 20 octobre 2014 avec sa voiture dans un groupe de militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l’un d’eux, l’adjudant Patrice Vincent, avant de prendre la fuite et d’être abattu par la police locale (photo tirée de Facebook)

Dès dimanche soir et jusqu’à mardi, le Québec accueillera une importante conférence internationale sur la radicalisation des jeunes ayant pour thème «Internet et la radicalisation des jeunes: prévenir, agir et vivre ensemble».
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Mise à jour au 31/10/2016 à 16h00

La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, et la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova,ont annoncé que le Québec accueillera une chaire de recherche sur la radicalisation qui regroupera des experts de l’Université de Sherbrooke et de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et qui vise à permettre de mieux comprendre les causes de la radicalisation et ce qui motive les jeunes qui empruntent cette voie, tout en mettant de l’avant l’expertise québécoise dans le monde.

Le Québec accueille déjà 12 chaires de l’UNESCO sur les 18 implantées au Canada.

Sera également lancé un programme d’éducation aux valeurs démocratiques et civiques mis sur pied par une professeure de l’UQAM, Catherine Audrain, et qui prône l’apprentissage du dialogue philosophique à l’école.

En outre, Céline Dion se joint au mouvement de lutte contre la radicalisation des jeunes, a=t=elle annoncé ce lundi dans une allocution vidéo durant la Conférence de Québec sur la prévention de la radicalisation des jeunes. Nommée artiste de l’UNESCO pour la paix en 1999, Céline Dion a expliqué son rôle de porte-parole en citant son devoir de citoyenne et de mère.

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L’événement, qui a lieu dans la Vieille Capitale, est organisé conjointement par le gouvernement du Québec et l’UNESCO. La conférence ne s’intéresse pas seulement au djihadisme islamique, mais bien à toute forme d’extrémisme violent, comme les mouvements néo-nazis et autres organisations d’extrême-droite.

«Si Québec est reconnue comme l’une des villes les plus sécuritaires au pays, cette reconnaissance n’est pas acquise et il importe de faire les efforts nécessaires pour la préserver et pour que Québec demeure une ville où il fait si bon vivre. Nul doute que cette conférence internationale de l’UNESCO et du Gouvernement du Québec nous donnera les pistes de réflexion ainsi que les outils nécessaires pour y arriver », avait déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume, lors de l’annonce de la conférence il y a quelques semaines.

Selon la ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, présente à la conférence, le Québec est perçu comme un leader dans la lutte à la radicalisation, ayant pris plusieurs initiatives pour la contrer dans le cadre d’un plan d’action mis sur pied en 2015.

Le gouvernement du Québec soutient notamment des projets concrets au moyen du volet sur la radicalisation du programme Prévention jeunesse, a déclaré Christine St-Pierre. Québec a établi un important partenariat avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, afin que l’ensemble de la population québécoise puisse bénéficier de cette ressource, soulignait le gouvernement du Québec à l’annonce de la conférence.

Le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, Herman Deparice-Okomba, avait quant à lui lors de l’annonce de cette importante conférence mis de l’avant la qualité des centres de recherche québécois sur la question et a rappelé qu’il était essentiel de pouvoir compter sur des tribunes comme la Conférence Québec-UNESCO afin de partager les savoirs et les avancées dans ce domaine.

Lire aussi « Guide de sensibilisation de la GRC au terrorisme: le père de Martin Rouleau parle » >>

La conférence réunit plus de 450 participants de 70 pays, dont des experts issus de différents paliers gouvernementaux, d’organisations internationales, du secteur privé, du milieu universitaire, mais aussi de la société civile.

Étaient nouamment présentes à la conférence dimanche la déléguée du Québec à l’UNESCO, à Paris, Julie Miville-Dechêne, et la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

La conférence a pour but de partager les meilleures pratiques en matière de prévention de la radicalisation menant à la violence et de cibler des pistes de solution. Les participants ont insisté sur l’importance d’une concertation internationale afin d’apporter des réponses globales et durables aux phénomènes de radicalisation menant à la violence.

Internet pour lutter contre la radicalisation des jeunes

« Pour tirer le meilleur parti d’Internet, nous devons offrir aux jeunes des compétences pour éviter les dangers, pour ‘évaluer l’information critique, pour dissiper les mensonges, pour défendre les droits de l’homme et le respect. Cela est essentiel pour prévenir l’extrémisme violent, qui est alimenté par une campagne mondiale de propagande, en ciblant les jeunes, à radicaliser et créer un sentiment d’impunité pour les actes épouvantables. Nous devons libérer le pouvoir des nouveaux médias pour partager des récits alternatifs, pour faire avancer les droits humains et la dignité, pour mobiliser tous les jeunes femmes et les jeunes hommes. Je vois cela comme une nouvelle lutte mondiale pour les cœurs et les esprits des jeunes », a expliqué la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

Québec doit maintenant annoncer lundi matin des mesures destinées à prévenir la radicalisation des jeunes, en utilisant les mêmes outils dont se servent les groupes extrémistes et terroristes pour endoctriner ces jeunes et les convaincre d’adhérer à leur cause.

«Internet est vraiment le canal par lequel passent les jeunes qui se radicalisent, dans la grande majorité des cas», a déclaré quant à elle la ministre des Relations internationales Christine St-Pierre, dimanche.

«Internet, selon toutes les recherches, est un accélérateur» de radicalisation, a également fait valoir Mme Miville-Dechêne. D’où l’importance de mettre l’accent sur cet enjeu.

Les fournisseurs d’internet seront donc eux aussi appelés à examiner quel rôle ils pourraient jouer pour contrer la radicalisation.

L’idée consiste donc à utiliser «les mêmes outils que les djihadistes», a expliqué pour sa part la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault. Cette stratégie mise sur les «contre-messages» à transmettre aux jeunes, qui ont accès facilement à quantité de sites web conçus par des groupes extrémistes cherchant à les attirer dans leurs filets.

Dimanche soir, les participants ont aussi pu assister à la première nord-américaine de la pièce de théâtre Djihad de l’auteur belge Ismaël Saidi, une pièce de théâtre humoristique crée en 2014 en Belgique et qui montre trois jeunes paumés se heurter à une situation cauchemardesque en Syrie, l’un naïf, l’autre idéologue borné, et le dernier qui se sur-victimise sans voir ses propres erreurs.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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