Incertitude du Canada envers les autorités Nigérianes dans l’enquête des écolières de Chibok

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Après deux ans en captivité, les 276 autres écolières sont toujours introuvables. (Archives/Pius Utomi Ekpei/AFP)
Après deux ans en captivité, les 276 autres écolières sont toujours introuvables. (Archives/Pius Utomi Ekpei/AFP)

Alors que le Canada prête main forte à la recherche des 276 écolières nigériennes du village de Chibok, enlevées par le groupe islamique Boko Haram (BH), dans des documents privés datant de 2014, nouvellement publiés, des responsables politiques Canadiens ont exprimé leur doutes quant aux capacités des autorités nigérianes à retrouver ces jeunes filles selon CBC News.

Ce que les centaines de pages de ces documents, lourdement censurés, ont révélé est que les bureaucrates canadiens étaient déjà très critiques envers le gouvernement nigérien.

La Commission canadienne à Abuja avait averti Ottawa de ces doutes. “Les enlèvements continueront”, ont-ils déclaré tout simplement. En dehors des villes, les convois de Boko Haram on une plus grande capacité militaire que les patrouilles de soldats nigérians.

Washington avait aussi accusé l’armée nigériane de corruption, ainsi que d’avoir commis des atrocités amplement documentées.

Les politiques américains doutent également de la capacité de l’armée nigériane à combattre les militants islamistes. Ils ont expliqué que des unités dans le nord du Nigeria avaient montré des signes de peur en raison de leur manque d’entraînement et d’équipement en comparaison aux forces de Boko Haram, qui sont d’autant plus brutales.

Le Canada a  fourni un transport stratégique aérien pour une mission de surveillance britannique dans le nord du pays. La Gendarmerie Royale du Canada (GDR) a aussi contribué a la mission au moyen d’un programme anti-terroriste conçu afin d’apporter un entraînement en analyse d’informations, en techniques d’interrogatoires et en enquêtes, dans les cas d’attentats .

Une équipe de 4 personnes, des départements de la Défense Nationale ainsi que des Affaires Étrangères, a été envoyé à Abuja pour rencontrer les officiels nigérians et américains. Avant même que l’aide apportée par le Canada puisse être déterminée, les fonctionnaires canadiens ont été avertis des conséquences négatives qui pourraient en découler.

Possibilité de répercussions

Le Canada a alors eu peur de possibles répercussions du fait de l’importance de son soutien au Nigeria.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, M. Stéphane Dion, a dit que le Canada “continue d’apporter un appui bilatéral direct au Nigeria, ainsi qu’au travers de partenaires internationaux, pour contrer Boko Haram et d’autres menaces terroristes.”

L’ex-ambassadeur américain au Nigeria, John Campbell, affirme que le président Muhammadu Buhari, arrivé au pouvoir en 2015, a introduit des réformes qui ont renforcé l’armée de manière significative. Cette dernière tient maintenant tête à Boko Haram et l’a repoussé hors du territoire qu’il détenait.

En 2015, l’armée nigériane a libéré 200 filles et 93 femmes enlevés par BH.

Les recherches pour retrouver les écolières de Chibok étaient infructueuses, jusqu’à ce que 21 filles soient libérées cette semaine,  suite à un accord entre le gouvernement Suisse, la Croix Rouge et BH.

Après deux ans en captivité, les quelques 250 écolières restent toujours introuvables.

L’organisation Boko Haram a tué 20.000 personnes ces dernières années, a expliqué M. Fowler au Globe and Mail.

La milice extrémiste a été repoussée des grandes villes du nord est du Nigeria, mais contrôle encore une grande partie de la région et continue de commettre des attentats suicides, et de lancer des attaques dans les marchés locaux et les camps de réfugiés.

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