Irak: acculé à Mossoul, l’EI fait diversion en attaquant à Kirkouk

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Des volontaires armés et des peshmergas dans les rues de Kirkouk défendent la ville d,une attaque du groupe armé EIl dans une apparente tentative de faire diversion alors que les forces de sécurité continuent de progresser vers leur bastion de Mossoul. (Rudaw)
Des volontaires armés et des peshmergas dans les rues de Kirkouk défendent la ville d,une attaque du groupe armé EIl dans une apparente tentative de faire diversion alors que les forces de sécurité continuent de progresser vers leur bastion de Mossoul. (Rudaw)

Des djihadistes du groupe État islamique (EI) ont attaqué vendredi la ville irakienne de Kirkouk (nord) dans une apparente tentative de faire diversion alors que les forces de sécurité continuent de progresser vers leur bastion de Mossoul.
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Mise à jour au 21/10/21 à 19h03

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’EI a lancé des attaques coordonnées, multipliant combats et attentats suicide qui ont fait au moins 22 morts; et en soirée les forces irakiennes étaient toujours aux prises avec les combattants du « califat ».

Au moins cinq kamikazes ont visé plusieurs bâtiments gouvernementaux, dont le QG de la police, tandis qu’une centrale électrique en chantier située dans la province de Kirkouk a également été attaquée. Quatre Iraniens qui y travaillaient ont été tués.

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Alors que les forces irakiennes et des combattants kurdes tentent depuis lundi de reprendre son dernier bastion irakien, l’EI a frappé en force et de façon coordonnée derrière la ligne de front, dans des secteurs sous contrôle kurde, où au moins 22 personnes ont été tuées dans des combats et des attentats suicide.

Kirkouk était vendredi le théâtre de scènes de guérilla urbaine qui a contraint les responsables locaux à décréter un couvre-feu total dans cette ville multiethnique où cohabitent plusieurs communautés religieuses et située à un peu plus de 150 km au sud-est de Mossoul dans une région pétrolière.

Un correspondant de l’AFP a indiqué avoir vu neuf djihadistes, «vêtus à l’Afghane», portant grenades et fusils, dans une rue du quartier d’Adan.

Des témoins ont entendu des explosions et des tirs toute la matinée alors que des télévisions locales ont montré des images d’affrontements dans plusieurs quartiers.

«Au moment de la prière du matin, j’ai vu des djihadistes entrer dans la mosquée Al-Mohammadi», a indiqué à l’AFP Haidar Abdel Hussein, un enseignant qui vit dans le quartier de Tesaeen. Ils ont utilisé les haut-parleurs pour crier «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand) et «Dawlat al-Islam baqiya» (L’EI vaincra)», a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la province de Kirkouk, Najmeddin Karim, a dit à l’AFP qu’ils soupçonnaient que des cellules dormantes de l’EI à Kirkouk avaient été activées.

Amaq, l’agence de propagande de l’EI, a affirmé que «les forces de l’EI attaquaient la ville de Kirkouk à partir de tous les axes et contrôlaient presque la moitié de la ville», mais des témoins et des responsables ont indiqué que ces allégations relevaient de l’exagération.


Les peshmergas entourent un bâtiment à Kirkouk où des djihadistes ont été coincés. (live stream de l’agence kurde Rudaw)

Tactique insurrectionnelle

Dans un communiqué, Amaq a en outre revendiqué une série d’attentats suicide à Kirkouk et dans sa région.

Selon des responsables, ces attentats suicide ont visé dans la nuit plusieurs bâtiments gouvernementaux de Kirkouk, où au moins six policiers irakiens ont été tués.

Une centrale électrique en construction située dans la province du même nom a également été attaquée et au moins 16 personnes ont perdu la vie.

À l’aube, trois kamikazes ont fait irruption dans cette infrastructure en construction à Dibis, à 40 km au nord-ouest de Kirkouk, et tué 12 employés irakiens et 4 techniciens iraniens, a indiqué à l’AFP le maire de la localité, Abdallah Noureddine al-Salehi. Des responsables de la police ont confirmé ce bilan.

C’est une société iranienne qui construit la centrale. Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé la mort de 4 de ses ressortissants, selon l’agence officielle Irna.

D’après le maire de Dibis, l’attaque a donné lieu à des affrontements entre les forces de sécurité et les kamikazes, dont un a été tué avant de pouvoir se faire exploser.

Alors que l’EI se prépare à défendre la ville où son chef Abou Bakr al-Baghdadi a déclaré en 2014 un «califat» sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, il ne semble pas en mesure de lancer des contre-offensives terrestres d’envergure, comme il a pu le faire dans un passé récent.

«Mais ils vont de plus en plus avoir recours aux attaques terroristes et revenir à la tactique d’une organisation purement insurrectionnelle», prévient David Witty, un analyste et ancien officier dans les forces spéciales américaines.

5640 déplacés

Au cinquième jour de la grande offensive pour reprendre Mossoul, opération qui implique des milliers de membres des forces de sécurité et qui dispose du soutien de la coalition internationale antijihadistes, les forces irakiennes continuaient de gagner du terrain.

En Irak, des leaders politiques et des officiers se sont félicités des progrès réalisés, jugés plus rapides que prévu.

À Bartala, ville majoritairement chrétienne reprise jeudi à l’EI, les forces de sécurité ne sont qu’à 15 km à l’est de Mossoul, où le sort des quelques 1,5 million de civils piégés dans la ville continue d’inquiéter la communauté internationale.

Les forces kurdes, qui contrôlent Kirkouk, jouent un rôle dans cette offensive. «Près de 10 000 peshmergas sont impliqués dans cette opération, sur trois fronts», a indiqué le commandement des combattants kurdes dans un communiqué.

Au sud, les forces irakiennes remontent par la vallée du Tigre, le grand fleuve qui arrose Mossoul, reprenant village après village sans pour autant rencontrer un important nombre de civils en fuite.

Selon les Nations unies, seulement 5640 déplacées ont été comptabilisés durant les trois premiers jours de l’offensive sur Mossoul, mais l’ONU s’attend à ce que « le nombre de personnes vulnérables tentant de se déplacer vers des zones sûres augmente à mesure que les combats se rapprochent des zones urbaines ».

Des organisations humanitaires s’inquiètent de fait que les capacités d’accueil ne soient pas suffisantes si un exode massif se produit, notamment à l’approche de l’hiver.

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