La Jordanie va autoriser la livraison d’aide à 75.000 Syriens bloqués

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Des réfugiés syriens s'apprêtent à monter dans un bus au poste frontière de Hadalat, près de Amman, le 4 mai 2016. (AFP/Archives/KHALIL MAZRAAWI)
Des réfugiés syriens s’apprêtent à monter dans un bus au poste frontière de Hadalat, près de Amman, le 4 mai 2016. (AFP/Archives/KHALIL MAZRAAWI)

La Jordanie a annoncé lundi qu’elle allait autoriser dans les « prochaines semaines » l’acheminement d’aide à plus de 75.000 réfugiés syriens bloqués dans une zone désertique à sa frontière, où elle a établi une « zone militaire fermée ».

Amman avait donné son feu vert à une première opération de ce type début août, quand des organisations humanitaires avait fait parvenir de l’aide à ces réfugiés à l’aide de drones et de grues.

Le royaume bloque depuis le 21 juin –date d’un attentat suicide qui a tué sept militaires à la frontière– le passage de toute aide vers les camps de fortune où s’entassent des dizaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre qui déchire leur pays.

« Nous allons de nouveau autoriser dans les prochaines semaines les organisations internationales à acheminer de l’aide à ces réfugiés bloqués de la même manière » a dit à l’AFP Mohamed Momani, ministre jordanien de l’Information et porte-parole du gouvernement.

Il a toutefois affirmé que cette « région frontalière restera une zone militaire fermée et qu’il revenait aux Nations unis et aux organisations internationales de trouver des alternatives pour faire parvenir leur aide aux réfugiés bloqués ».

L’ONU et les organisations humanitaires ne cessent d’alerter les autorités jordaniennes sur les conditions désastreuses dans lesquelles vivent ces réfugiés.

Selon le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien, « plus de 75% (de ces réfugiés) sont des femmes et des enfants qui n’ont pas accès aux besoins de base tels que la nourriture et l’eau ».

La Jordanie accueille plus de 600.000 réfugiés syriens selon les Nations unies, 1,4 million selon les autorités du royaume.

En août, le roi Abdallah II de Jordanie avait estimé que son pays avait « une grande responsabilité » par rapport aux réfugiés syriens mais avait « atteint ses limites ».

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