La Lituanie inquiète d’exercices militaires russes avec des missiles Iskander à Kaliningrad

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Iskander (selon le code OTAN, SS-26 Stone) est un système russe de missile balistique courte-portée ou moyenne portée de nouvelle génération.(Sputnik)
Iskander (selon le code OTAN, SS-26 Stone) est un système russe de missile balistique courte-portée ou moyenne portée de nouvelle génération.(Sputnik)

La Lituanie s’est dit samedi inquiète des « exercices militaires » actuellement menés par l’armée russe dans l’enclave occidentale de Kaliningrad et « qui prévoient le déploiement de missiles Iskander ».

Moscou a confirmé ces exercices, expliquant qu’il s’agit « d’entraînements » réguliers qui ont lieu partout en Russie.

« La Russie réalise actuellement des exercices militaires à Kaliningrad et leur scenario prévoit le déploiement de systèmes de missiles Iskander et la possibilité de les utiliser », a déclaré à l’AFP le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius.

Ces missiles, qui peuvent emporter des têtes nucléaires, sont en mesure d’atteindre Berlin depuis l’enclave russe frontalière de la Pologne et la Lituanie, a-t-il souligné.

Moscou avait déjà déployé des missiles Iskander à Kaliningrad en 2015, dans le cadre d’exercices militaires de grande envergure, lors de la crise ukrainienne.

L’objectif cette fois, selon le ministre lituanien, est « d’obtenir des concessions de l’Occident » sur la Syrie et l’Ukraine.

À Moscou, le ministère russe de la Défense a assuré dans un communiqué que cela faisait partie des entraînements des forces russes qui perfectionnent leur niveau « tout au long de l’année » dans différentes parties de Russie, et la région de Kaliningrad « n’est pas une exception ».

« Des contingents des Forces de missile ont été envoyés à plusieurs reprises vers la région de Kaliningrad et continueront d’y être envoyés dans le cadre d’un plan d’entraînement des forces armées russes », a déclaré le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov.

À Varsovie, le ministre polonais de la Défense Antoni Macierewicz a lui jugé les « activités » de la Russie « très alarmantes » mais a refusé de préciser s’il était au courant du déploiement de missiles Iskander à Kaliningrad.

Les tensions entre la Russie et l’occident sont très vives depuis l’annexion par Moscou de la Crimée en mars 2014 et le lancement de sa campagne militaire en Syrie, pour soutenir le régime de Bachar al-Assad, il y a un an.

Washington a réclamé vendredi une enquête pour « crimes de guerre » visant le régime syrien et son allié russe après une nouvelle frappe contre un hôpital à Alep.

Depuis le début de la crise en Ukraine en 2014, la Russie a multiplié les démonstrations de force avec une série d’exercices militaires impliquant des dizaines de soldats dans des régions bordant les États baltes, membres de l’Otan.

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