La Réserve de l’Armée à Montréal: un travail à temps partiel dont vous pouvez parler avec fierté (PHOTOS/VIDÉO)

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Trente-sept unités de la Réserve de l’Armée canadienne au Québec ont ouvert leurs portes au grand public le mardi soir 4 octobre 2016 de 19 h à 22 h afin de permettre à la population québécoise de s’informer sur les Forces armées canadiennes, dont, à Montréal, deux régiments d’infanterie: le plus ancien régiment écossais au Canada, le Black Watch, dont les débuts remontent au 31 janvier 1862, et « le défenseur de Montréal », le Régiment de Maisonneuve, dont l’histoire remonte, elle, à 1880.

La soirée portes ouvertes avait pour but de mettre de l’avant le travail des militaires réservistes au sein de la 2e Division du Canada et la Force opérationnelle interarmées (Est) ainsi que faire connaître les différentes options de carrières qu’offrent les Forces armées canadiennes.

Rencontré sur place à l’occasion de la soirée portes-ouvertes, le capitaine Rob Unger, commandant de la Compagnie B au Black Watch et responsable du recrutement, nous souligne à cette occasion l’importance de l’infanterie: « les soldats de terre qui engagent l’ennemi à très courte proximité’.

« Donc » de nous expliquer le capitaine » les soldats d’infanterie apprennent à utiliser les armes légères, surtout », mais d’insister l’officier, « on met aussi beaucoup d’emphase sur le leadership: si on demande à quelqu’un d’aller combattre l’ennemi à courte portée, il faut convaincre les soldats de se lever d’une place sûre pour aller vers un ennemi qui tenterait de nous tuer ».

A-t-on besoin de souligner ce que peuvent apporter à la société civile des citoyens-soldats après avoir développé pareil leadership…

« C’est la partie leadership apprise dans la Réserve qui m’a le plus aidé dans ma carrière civile », affirme avec force le capitaine Unger, qui travaille dans le monde difficile du marketing et de la publicité et peut compter sur le soutien de son employeur, conscient de l’intérêt pour l’entreprise d’avoir un officier de la Réserve et un leader en son sein .

Au Régiment de Maisonneuve, son commandant, le lieutenant-colonel Jean-François Latreille, avocat de profession dans le civil, abonde dans le même sens et déclare, lui dont la carrière comportait déjà beaucoup de défis, que la Réserve lui a beaucoup apporté « en terme d’expérience de vie ». « J’ai voyagé avec l’Armée au pays sur différents exercices, rencontré une foule de gens, reçu une formation intéressante, dans le métier des armes, sans parler des opportunités de travailler avec d’autres métiers, que ce soit l’air, la mer, la terre ».

Et, de souligner le commandant du Régiment de Maisonneuve, vous avez accès à une foule de métier, « vous pouvez devenir spécialiste des armes légères, communicateur, chauffeur, monteur de ligne, il y a une grande variété de formation qui s’offre à vous ».

Découvrir la réalité des réservistes de l’intérieur

Les réservistes participent activement à renforcer les capacités des Forces armées canadiennes. La plupart travaillent comme militaire à temps partiel tout en poursuivant leurs études ou en menant une carrière dans la vie civile.

Le grand public a pu, lors de cette soirée, rencontrer les militaires dans leur environnement de travail et s’entretenir avec ces citoyens-soldats. Les visiteurs, jeunes pour la plupart, mais certains accompagnés de leurs parents, ont pu aussi assister à différents ateliers et kiosques sur l’équipement des réservistes.

Ils ont ainsi pu découvrir la réalité des militaires réservistes en ayant la chance de manier les armes (qui n’étaient bien sûr pas chargées) des fantassins: armes légères, bien sûr, mais aussi des lances-roquettes. Les visiteurs ont pu aussi de revêtir l’équipement de nos soldats.

« Les réservistes de l’Armée canadienne sont une partie intégrante de la 2e Division du Canada et jouent un rôle important dans la réussite des opérations, tant au pays qu’à l’étranger. En tant que membre de leur communauté respective, ce sont des citoyens exemplaires qui possèdent des compétences inestimables tant pour leurs employeurs civils que pour les Forces armées canadiennes », déclarait pour sa part en marge de cette journée le brigadier-Général Hercule Gosselin, Commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est).

Témoins de l’importance que le gouvernement accorde à la Réserve, des travaux d’infrastructures sont en cours d’exécution un peu partout au pays. Au Black Watch, par exemple, des travaux de 1,6 millions permettront de remplacer le toit du manège « qui a besoin de remplacement depuis bien des années », et d’effectuer des réparations à la fondation du bâtiment plus que centenaire.

Le capitaine Rob Unger, ne cache pas avoir enfin aujourd’hui l’impression qu’on prend la Réserve au sérieux.

La Réserve: un travail à temps partiel avec « des histoires à raconter »…

Le Black Watch, qui avait 26 positions à combler, a eu l’autorisation de recruter un peloton au complet, entre 35 et 40 personnes. Le Régiment pourra donc recruter entre 60/65 nouveaux membres. Le Régiment de Maisonneuve, lui, vise un objectif de 100 personnes.

Le Régiment de Maisonneuve pourra affecter une personne à temps complet au recrutement, mais pas le Black Watch.

Beaucoup d’efforts avec peu de ressources, celles-ci se retrouvant plus souvent au niveau de la brigade, mais le capitaine Unger, tout comme son commandant, le lieutenant-colonel Thomas MacKay, se montrent quant à eux confiants d’atteindre l’objectif « par la loyauté et le dévouement des membres » qui y travaillent.

« Le recrutement, ce n’est pas simplement une affaire de sous. C’est la communication avec notre communauté », explique le commandant du régiment, qui mentionne aussi les avantages qu’il y a à utiliser les médias sociaux, Twitter, ainsi que les sites web de l’unité.

Mais surtout, de faire valoir le colonel MacKay, « la réserve, c’est un défi qui est plus grand qu’un simple travail à temps partiel dans le secteur des services ou n’importe quoi. C’est un travail à temps partiel qui est bien payé, mais, en même temps, un défi physique et mental qui va vous permettre de voir jusqu’où vous pouvez aller dans votre vie ».

« C’est quelque chose de spécial et, lundi matin [ les réservistes donnent une soirée par semaine et un week-end par mois, en plus de se voir garantir un emploi d’été], quand vous retournez dans votre salle de classe, ou avec votre famille, vous allez avoir des histoires à raconter qui seront spéciales… ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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