Le réserviste Guillaume Gélinas finalement cité à son procès pour deux meurtres au 1er degré

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Guillaume Gélinas avec sa belle-mère, Julie Lemieux, et son père Luc Gélinas, en des temps plus heureux (photo tirée de la page Facebook de Luc Gélinas)
Guillaume Gélinas avec sa belle-mère, Julie Lemieux, et son père Luc Gélinas, en des temps plus heureux (photo tirée de la page Facebook de Luc Gélinas)

Il aura fallu presque trois ans pour que le réserviste Guillaume Gélinas, arrêté pour le meurtre de son père Luc Gélinas et de la conjointe de celui-ci, Julie Lemieux, à Terrebonne le 13 février 2014, soit cité à son procès pour deux meurtres au premier degré.
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Mise à jour

Le procès de Guillaume Gélinas en Cour supérieure qui devait commencer janvier a été avancée à novembre à la demande de la poursuite afin d’éviter que le procès soit compromis en raison des délais.

«Nous sommes conscients de [la décision]prononcée par la Cour Suprême en juillet sur les délais judiciaires et nous avons demandé à ce que la comparution du dossier soit devancée le plus tôt possible, dans un souci d’être proactif», a expliqué le procureur de la Couronne, Me Éric Côté.

En juillet, par l’arrêt Jordan, la Cour Suprême a imposé des limites aux délais pour la tenue des procès criminels. 18 et 30 mois respectivement à la Cour du Québec et la Cour supérieure sont dorénavant les délais dans lesquels les accusés doivent pouvoir être jugés – à compter de la mise en accusation jusqu’au rendu du jugement.

La première comparution de Guillaume Gélinas en Cour supérieure pour son procès, qui devait initialement avoir lieu le 13 janvier, soit près de trois ans après les événements, aurait dépassé de beaucoup les délais fixés par la Cour suprême dans l’arrêt Jordan.

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Ainsi en a décidé au Palais de justice de Joliette aujourd’hui le juge Normand Bonin de la Cour du Québec, estimant qu’il y avait assez de preuves pour soutenir ces accusations contre l’ancien militaire âgé de 22 ans au moment des faits. Le jugement d’aujourd’hui est toutefois frappé d’une ordonnance de non publication jusqu’au verdict final pour éviter d’influencer le jury qui sera formé.

C’est maintenant au prochain terme des assisses en Cour supérieure que, le 13 janvier, on devrait connaître la date du début du procès.

Moment extrêmement triste aujourd’hui donc pour les deux familles. Le frère jumeau du jeune réserviste et sa sœur, ainsi que sa mère (et ex-conjointe de Luc Gélinas) ont toujours continué malgré les événements à soutenir l’accusé. Pour la première fois depuis le début de cette affaire, on a pu voir les membres de la famille Gélinas pleurer dans la salle d’audience.

Quant aux membres de la famille de Julie Lemieux, loin de se réjouir, la lecture du jugement et des détails des événements n’a pu que leur faire vivre des moments extrêmement pénibles et leur causer à eux aussi encore beaucoup de tristesse.

Les conséquences de la décision d’aujourd’hui

L’enquête préliminaire, qui s’est tenue l’été dernier presque trente mois après l’arrestation du jeune réserviste , s’était terminée vendredi 15 juillet, après 10 jours d’audience (non consécutifs). À cette étape, l’ensemble de la preuve, qui était sous ordonnance de non-publication, avait été exposé au juge Normand Bonin qui devait déterminer s’il y a preuve suffisante pour citer Guillaume Gélinas à un procès pour le meurtre prémédité ou non de son père et de sa belle-mère.

Les deux parties, la défense et l’accusation, reconnaissaient qu’il y avait bien eu meurtre, donc intention de tuer. Mais L’accusation, représentée par Me Éric Côté, avait tenté de convaincre le juge, en plaidoiries lors de la dernière journée de l’enquête, que Gélinas avait dûment planifié de commettre l’irréparable, alors que l’avocat de Gélinas, Me Marc Labelle, avait fait valoir un point de vue différent contraire au juge lui demandant d’écarter complètement toute préméditation possible.

Dans les deux cas, l’acte de Gélinas, s’il est reconnu coupable au terme du procès, lui vaudra la perpétuité, la différence résidant plutôt dans la période à attendre pour être éligible à une libération conditionnelle: dans le cas du meurtre prémédité et commis de propos délibéré (meurtre au premier degré), il devra attendre 25 ans alors que dans celui d’un meurtre au 2e degré, sans préméditation, la période d’attente n’aurait été que de 10 ans.

S’il est reconnu coupable, le jeune réserviste sera donc éligible à une libération conditionnelle quand il aura…cinquante ans.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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