LEADERSHIP CONQUÉRANT: les élofs sortent de leur «zone de confort» pour aller encore plus loin (PHOTOS/VIDÉO)

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Richelieu, Tracy et Iberville: les trois escadrons d’élèves-officiers du CMR Saint-Jean se sont rendus dans les secteurs d’entraînement de Farnham la fin de semaine passée pour participer à un exercice dans les bois et sous la pluie d’automne où ils ont du établir un bivouac, « naviguer » sur le terrain, se camoufler, et s’exercer au tir à balles réelles.

L’exercice, cette année, se fait sur trois jours au lieu de deux les années précédentes, donnant plus de temps aux participants pour cet important apprentissage.

Le vendredi a surtout été consacré à l’apprentissage du bivouac, dont l’usage, pour la première fois dans plusieurs cas, du « hootchie », cet abri individuel ultraléger de toile simple et rudimentaire où les élofs ont passé leur nuits pendant l’exercice.

Et les participants on du, comme sur un véritable théâtre d’opération, établir des sentinelles et protéger leur bivouac.

Malgré la fatigue de la journée, la plupart auront, comme l’élof Aurélie Godard-Paquette de l’escadron Iberville, rencontrée sur place, plutôt somnoler que véritablement dormi, mais son camarade Zachary Bélanger, du même escadron, nous a au contraire assuré avoir très bien dormi, au moins aussi bien que sur le campus du collège…

Il faut dire que la fin de semaine était bien rempli:

Après l’établissement du bivouac vendredi, ont suivi samedi les exercices de navigation et de tirs.

Au champ de tirs, les élofs devaient tirer 20 cartouches en position couchée et cinq en position assise et debout.

De jour, mais aussi de nuit dans le cas de la navigation puisque, de 20h le samedi soir à 4h dimanche, les élofs ont eu à effectuer un exercice de navigation de nuit.

Il y a aussi un aspect compétition entre les escadrons à cet exercice: sur le champ de tirs, chaque escadrons est noté pour son aptitude au tir et, lors de l’exercice de navigation,chaque équipe est notée sur le nombre de points de navigation qu’elle a été capable de trouver dans le bois sur le total de 4 à l’intérieur d’un temps donné, soit trois heures.

Des pointages qui serviront plus tard à la compétition inter-escadrons.

Activité inusitée, les jeunes élofs ont également assisté à une messe en plein air avec le padre « pour savoir comment ça se passe au niveau de la spiritualité en déploiement ».

« Quand on est déployé, soit en campagne, soit déployé à l’étranger », d’expliquer le major Sébastien Campagna, directeur des élèves officiers, »il y a toujours les padres, les prêtres qui suivent, qui donnent des messes, qui font le service religieux, et c’est important pour jeunes élèves ici de comprendre que c’est une composante au niveau des Forces armées canadiennes et c’est quelque chose que les troupes demandent. Donc il est important qu’ils [les élofs]voient comment cela fonctionne, comment ça s’imbrique au sein d’un déploiement. ».

Puis, dimanche matin, après le nettoyage du secteur d’entraînement, retour au campus de Saint-Jean pour reprendre le plus vite possible les études académiques après une fin de semaine bien remplie.

Sortir de sa zone de confort et…vive le temps maussade!

Les jeunes élèves officiers de première année du CMR Saint-Jean ont ainsi pu pousser cette fin de semaine encore plus loin leur entraînement, sortir de leur « zone de confort », vivre des situations semblables à ce qu’ils vivraient en théâtre d’opération et atteindre ainsi un niveau supérieur d’entraînement et de conditionnement physique.

Les élofs ont ainsi pu préserver et développer encore davantage les compétences qu’ils avaient apprises avant même de joindre le collège militaire au cours de base des officiers de l’École de leadership et de recrues, d’expliquer le major Campagna, les préparant de cette manière à leur prochaine phase d’entraînement.

Interrogé sur place l’élof Zachary Bélanger de l’escadron Iberville croit lui aussi que « tout était dans la préparation: « Je pense que c’est l’élément le plus important d’une mission, d’un exercice, Si on arrive et qu’on ne s’est pas préparé et qu’on a pas prévu la température qu’il fait, c’est impossible de rattraper ce retard-là »

Mais, pour sa camarade Aurélie Godard-Paquette « la pluie, c’est pas quelque chose qui va nous arrêter. « Ça fait partie de l’événement de la fin de semaine. » Avant de devenir élof, confie-t-elle, elle se serait probablement plaint de la pluie, mais aujourd’hui, « jamais »!

Se référant lui aussi à la météo peu clémente, le directeur des élèves officiers a ajouté pour sa part avec un sourire de satisfaction: « On a la meilleure température pour le faire et tester leur résilience, C’est exactement [la météo maussade, ndlr]ce qu’on souhaitait! »

L’exercice LEADERSHIP CONQUÉRANT a testé leur résilience et les a amené à un autre niveau.

L’apprentissage du leadership

Quant aux seniors dont c’était la deuxième participation à l’exercice, c’était l’occasion de développer leurs qualités de « leaders » alors qu’ils étaient en position de commandement avec pour tâche de motiver les troupes au niveau de section ou au niveau d’escadrille. Ils se retrouvaient ainsi responsables d’une dizaine à une trentaine de personnes que, non seulement ils devaient motiver, mais sur lesquelles il devaient veiller.

Témoins de la qualité de leur préparation, les élofs Thomas Bourassa et Philippe Duplessis de l’escadron Tracy, qui en étaient à leur deuxième participation à LEADERSHIP CONQUÉRANT, déclarent que cette année rien dans l’exercice lui-même ne leur a été difficile.

« Nous, c’est notre deuxième année ici, on a déjà fait ça une fois, on sait à quoi s’attendre et c’est quand même relativement facile », explique l’élof Bourassa, qui était cette année responsable d’une escadrille.

Pour eux, le défi cette année étaient de « leader » leurs jeunes camarades, pas seulement s’occuper d,eux-mêmes, mais être aussi responsables des autres: « S’occuper d’un groupe où il y a des personnes qui peuvent se sentir mal. Avec la météo, il faut vraiment se renseigner, savoir s’ils sont ‘corrects’, s’assurer que tout le monde est capable de suivre », d’expliquer Thomas Bourassa.

« Ce qui est important, c’est le moral des troupes », renchérit pour sa part Philippe Duplessis. « On est directement au dessus d’eux, si eux ils se mettent à déprimer à cause de la température ou quoi que ce soit, si nous, on est est là pour leur remonter le moral, ils pourront continuer ».

C’est ainsi que, comme « leaders », les élèves de première année en position de commandement ont appris lors de cet exercice à projeter une image de force et de confiance.

« Si on se promène la tête baissé, ça fonctionnera pas, mais si je souris et cours partout, ça donne le sourire et motive mon escadrille », de résumer son camarade Bourassa qui affirme être maintenant capable quant à lui de s’auto-motiver.

Et finalement, si cette fin de semaine à Farnham la météo a pu détraquer les boussoles, manifestement, la pluie et le temps maussade n’auront absolument pas réussi à détraquer les élèves-officiers et leurs jeunes leaders qui ont sans contredit affiché un « LEADERSHIP [véritablement] CONQUÉRANT »!

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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