Les États-Unis vont déployer 330 soldats en Norvège

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Des Marines américains alors qu'ils participaient à Cold Response 14 en Norvège le 17 mars 2014. Cold Response est un exercice dirigé par la Norvège pour répéter les opérations de haute intensité dans des conditions hivernales. Les participants viennent de 15 pays de l'OTAN avec le plus grand groupe de participants venant des États-Unis, du Canada, de la France, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne et de la Suède. (Archives/Sergent Steve Cushman/U.S. Marine Corps/DoD)
Des Marines américains alors qu’ils participaient à Cold Response 14 en Norvège le 17 mars 2014. (Archives/Sergent Steve Cushman/U.S. Marine Corps/DoD)

Les États-Unis vont déployer plus de 300 soldats en Norvège, pays frontalier de la Russie, a annoncé lundi le gouvernement norvégien, une mesure qui, redoutent des experts, risque de froisser Moscou.

Stationnés par rotations à Vaernes près de Trondheim (centre), à environ 1.000 km à vol d’oiseau de la frontière russo-norvégienne dans le Grand Nord, les quelque 330 Marines ont vocation à s’entraîner et à manœuvrer dans des conditions quasi arctiques, a expliqué le ministère norvégien de la Défense.

Cette annonce survient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Occident et la Russie autour de la crise en Ukraine et du conflit en Syrie, même si le pays scandinave, membre de l’Otan, se targue de bonnes relations avec son voisin russe.

« La défense de la Norvège dépend de renforts alliés et il est déterminant pour la sécurité norvégienne que nos Alliés viennent pour acquérir des connaissances pour pouvoir opérer en Norvège », a déclaré la ministre, Ine Eriksen Søreide, dans un communiqué.

« C’est une possibilité unique de s’entraîner ensemble avec des forces américaines dans les conditions norvégiennes », a-t-elle souligné.

Répondant à une initiative de l’armée américaine, ce déploiement sera effectif à compter de janvier 2017. Oslo le présente comme un test qui fera l’objet d’une évaluation dans le courant de l’année.

Pour calmer les craintes de son voisin soviétique, la Norvège s’était engagée avant de devenir membre fondateur de l’Otan en 1949 à ne pas ouvrir son territoire à des forces de combat étrangères « aussi longtemps qu'(elle) n’est pas attaquée ou menacée d’être attaquée ».

L’ambassade de Russie à Oslo s’était étonnée la semaine dernière de ce projet.

« Vu les multiples déclarations officielles norvégiennes sur l’absence de menace sur la Norvège en provenance de Russie, nous aimerions comprendre à quelle fin la Norvège est si désireuse d’accroître son potentiel militaire, en particulier via le déploiement de troupes américaines », avait déclaré un porte-parole de l’ambassade, Maxime Gourov, dans un courriel à l’AFP.

Pour l’ex-officier supérieur norvégien, Jacob Børresen, « cela envoie des signaux négatifs vers l’est ». « Ce que l’on risque, c’est que le Grand Nord redevienne une zone de confrontation » comme au temps de la Guerre froide, a-t-il dit à la chaîne NRK.

Jusqu’à présent, l’armée américaine disposait sur le sol norvégien d’immenses quantités de matériel militaire prépositionné dans des tunnels creusés dans les montagnes, mais pas de troupes.

En juillet, l’Otan a annoncé l’envoi, également dans le cadre de rotations, de quatre bataillons multinationaux en Pologne et dans les pays baltes afin de dissuader la Russie de tenter une incursion.

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