Les forces irakiennes très proches de la périphérie est de Mossoul

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Des membres des forces irakiennes, le 2 avril 2016 près de la ville de Hit, dans la province d'Al-Anbar. (AFP/MOADH AL-DULAIMI)
Une fois en position autour de Mossoul, les forces irakiennes devraient ensuite entamer un siège et tenter d’ouvrir des couloirs sécurisés pour faciliter la fuite des habitants, que les jihadistes pourraient utiliser comme « boucliers humains ».  (Archives/AFP/MOADH AL-DULAIMI)

Les forces irakiennes ont repris lundi leur progression vers Mossoul avec l’objectif de prendre position à quelques centaines de mètres de la périphérie est du bastion du groupe Etat islamique (EI).

Alors que l’offensive sur la deuxième ville d’Irak est entrée dans sa troisième semaine, un responsable militaire au sein des forces d’élite du contre-terrorisme (CTS) a indiqué à l’AFP qu’il ne restait plus que deux villages à conquérir avant d’atteindre les abords est de l’agglomération de Mossoul.

Cette offensive d’envergure, la plus importante à ce jour des forces irakiennes dans leur guerre contre l’EI, est toujours dans sa phase initiale, durant laquelle des dizaines de localités situées dans les plaines autour de la ville ont été reprises aux jihadistes avec le soutien aérien de la coalition internationale.

Depuis le 17 octobre, des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité évoluent sur les fronts est, sud et nord. Des unités paramilitaires dominées par des milices chiites viennent par ailleurs de lancer une offensive à l’ouest pour priver les jihadistes de leur liberté de mouvement entre Mossoul et la frontière syrienne.

La coalition internationale avait annoncé vendredi une « pause » de deux jours des forces irakiennes afin de consolider leurs premiers gains territoriaux et se repositionner.

La progression a repris lundi sur le front est où les unités du contre-terrorisme et d’autres forces fédérales tentent d’avancer depuis l’est et la ville de Bartalla vers les villages de Bazwaya et Gogjali.

« Si nous parvenons à prendre ces deux villages, nous ne serons plus qu’à quelques centaines de mètres de (l’est de l’agglomération de) Mossoul », a indiqué à des journalistes à Bartalla Muntadhar al-Shimmari, un lieutenant-colonel du CTS.

Selon lui, seule « une poignée de civils », principalement de la minorité ethnico-religieuse des Chabaks, peuplent encore ces deux localités.

Au loin, un avion vient d’effectuer une frappe contre une position de tir de l’EI et le convoi du CTS se met à tirer à travers la plaine en direction d’une zone industrielle toujours sous contrôle des jihadistes.

Réputation sulfureuse

Au nord et à l’est de Mossoul, les forces kurdes ont consolidé leurs positions après avoir récemment repris quelques localités alors qu’au sud, les forces fédérales remontent la vallée du Tigre mais sont encore loin des abords de la cité où l’EI avait déclaré en 2014 son « califat ». Ce sont elles qui ont le plus de terrain à gagner.

A plusieurs dizaines de kilomètres à l’ouest de la métropole du nord de l’Irak, les unités paramilitaires de la Mobilisation populaire (Hached al-Chaabi) ont été chargées de prendre Tal Afar pour couper la route entre Mossoul et la frontière syrienne dont les jihadistes profitent pour se mouvoir et s’approvisionner.

Officiellement, ces forces dominées par des milices chiites soutenues par l’Iran ne participeront à la libération de Mossoul, où la communauté sunnite est largement majoritaire, mais certains de leurs commandants l’entendent autrement.

Ces milices à la réputation sulfureuse ont été accusées de violences confessionnelles dans des zones sunnites précédemment libérées du joug jihadiste, comme Fallouja et Ramadi (ouest).

Guerre urbaine

Une fois en position autour de Mossoul, les forces irakiennes devraient ensuite entamer un siège et tenter d’ouvrir des couloirs sécurisés pour faciliter la fuite des habitants, que les jihadistes pourraient utiliser comme « boucliers humains ».

Ensuite, il leur faudra livrer une guerre urbaine aux quelques 3.000 à 5.000 jihadistes, selon des estimations américaines, retranchés dans l’agglomération, qui compte environ 1,5 million d’habitants d’après l’ONU.

Si les déplacements de population n’ont pour l’heure rien de massif, les organisations humanitaires redoutent un afflux massif dès que les forces irakiennes entreront dans l’agglomération.

Plus de 17.000 personnes ont quitté leurs foyers en deux semaines d’opérations militaires et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) assure qu’il ne reste à l’heure actuelle que 55.000 places disponibles dans les divers camps aménagés.

Dans les localités reprises à l’EI, quelques civils tentent de reprendre une vie normale après plus de deux ans de joug jihadiste mais la plupart de ces secteurs ne sont pas encore habitables. Dans certaines zones, il faudra encore des mois pour déminer et reconstruire.

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