Moscou annule l’escale en Espagne du groupe aéronaval Amiral Kouznetsov en route pour la Syrie

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Photo diffusée par l'Armée norvégienne montrant le porte-avions russe Amiral Kouznetsov au large de l'île norvégienne d'Andoya, le 17 octobre 2016. (forsvaret/AFP/ Forsvaret)
Photo diffusée par l’Armée norvégienne montrant le porte-avions russe Amiral Kouznetsov au large de l’île norvégienne d’Andoya, le 17 octobre 2016. (forsvaret/AFP/ Forsvaret)

Un groupe aéronaval russe en route pour la Syrie a renoncé mercredi à faire escale à Ceuta, a annoncé l’Espagne qui était pressée par ses alliés de fermer ce port sur la Méditerranée aux bâtiments russes.

Madrid était sous le feu des critiques depuis que la nouvelle avait couru mardi de cette escale du porte-avions Amiral Kouznetsov et de son escorte dans le port de Ceuta, une enclave espagnole en territoire marocain face à Gibraltar.

La Grande-Bretagne, ouvertement, et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, plus diplomatiquement, s’étaient inquiétés de cette assistance de l’Espagne, membre de l’Otan, à des unités russes susceptibles d’appuyer les bombardements en Syrie.

Les 28 membres de l’Union européenne ont qualifié la semaine dernière de « crimes de guerre » les bombardements russes en Syrie, alors que la tension ne cesse de monter entre Moscou et l’Occident depuis l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014.

Le ministère espagnol des Affaires étrangères a annoncé mercredi avoir demandé à l’ambassade de Russie des éclaircissements sur la participation possible du groupe aéronaval aux bombardements sur Alep, assiégée par les troupes du président Bachar al-Assad.

« L’ambassade vient de nous informer qu’elle retirait sa demande d’autorisation d’escale », a annoncé le ministère dans un communiqué.

« La route de nos navires de guerre a été modifiée », a confirmé un porte-parole de l’ambassade russe à Madrid, Vasily Nioradze, cité par l’agence Interfax.

L’Espagne autorise depuis des années des navires de guerre russes à faire escale dans ses ports mais l’engagement de Moscou dans la guerre en Syrie a changé la donne.

« C’est à chaque allié de décider (…) s’il fournit un ravitaillement à des navires russes », a rappelé Jens Stoltenberg en arrivant à une réunion des ministres de la Défense des 28 pays de l’Alliance à Bruxelles.

« Mais cette fois j’ai transmis un message très clair que nous sommes inquiets sur l’usage potentiel de cette flottille pour augmenter les attaques sur Alep », a-t-il expliqué.

« Tous les membres de l’Alliance sont conscients de nos inquiétudes. »

À Londres, le gouvernement britannique a fait savoir dans la nuit qu’il avait déjà « exprimé précédemment son inquiétude au gouvernement espagnol quant à l’hospitalité qu’il accorde à la marine russe ».

Le port de Ceuta est tout proche de la base navale britannique de Gibraltar qui commande l’accès au détroit stratégique.

L’ancien Premier ministre belge et chef du groupe libéral au parlement européen, Guy Verhofstadt, avait jugé sur Twitter, « scandaleux que l’Espagne, membre de l’Otan et de l’UE, permette à la flottille russe Kouznetsov de refaire le plein et recevoir une assistance technique sur son territoire ».

Le think-tank conservateur américain Heritage Foundation avait recensé fin août 2015 les visites de 57 bâtiments russes dans le port espagnol depuis 2011.

Il dénonçait alors le fait que ces escales se soient poursuivies après l’annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014 et relevait que la Grèce, autre membre de l’Otan, et Malte, membre de l’Union européenne mais pas de l’Alliance atlantique, ouvraient aussi leurs ports à la marine russe.

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