Piraterie maritime: réunie à Lomé, l’Union Africaine s’organise

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Un soldat de la marine française à bord du vaisseau "Commandant Birot" participe à un exercice anti-piraterie le 20 févrie 2014 à Accra.(AFP/Archives / Chris Stein)
Un soldat de la marine française à bord du vaisseau « Commandant Birot » participe à un exercice anti-piraterie le 20 févrie 2014 à Accra.(AFP/Archives / Chris Stein)

Confrontés à une recrudescence des trafics et de la piraterie dans leurs eaux, les pays africains se réunissent samedi à Lomé pour se doter de nouveaux outils afin de renforcer l’échange d’information et la coopération contre ces fléaux qui entament leur développement.

Quelque 43 pays sont représentés dans la capitale togolaise, dont 18 par leur chef d’État, sur les 54 pays que compte l’Union africaine.

Un chiffre important pour un sommet extraordinaire de l’UA, démontrant l’enjeu crucial de la rencontre qui devrait déboucher sur la signature d’une charte sur la sécurité et la sûreté maritime en Afrique dans les prochaines heures, adoptée par consensus.

Alors que la situation s’est apaisée dans le Golfe d’Aden, à l’est du continent, c’est désormais le Golfe de Guinée – et ses 5.700 km de côtes – qui fait figure de nouvel épicentre de la piraterie maritime en Afrique.

Au moins 27 attaques de bateaux (vols, kidnappings ou tentatives échouées) ont été recensées par l’Organisation maritime internationale (OMI) depuis avril sur les côtes d’Afrique de l’Ouest contre deux seulement en Afrique de l’Est.

Du Sénégal à l’Angola, les 17 pays du golfe de Guinée – dont les capacités de surveillance et de défense maritime sont limitées et disparates – tentent depuis quelques années de renforcer leurs moyens d’intervention et de mettre en place une collaboration régionale plus étroite.

Des centres de coordination régionaux commencent à apparaître, mais les progrès sont lents et les moyens limités, d’où l’idée de se doter d’une charte contraignante, qui instituerait notamment un mécanisme de financement.

« Nous sommes dans une phase de ‘maritimisation du monde’: 90% du traffic internet se passe sous les mers, 90% du trafic mondial se passe sur les mers », a souligné samedi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian venu apporter à Lomé le soutien de la France à ses partenaires africains.

« Maritimisation » des échéances « mais aussi des menaces », a ajouté le ministre français. « Que ce soit la piraterie ou les menaces de puissances, par leur volonté d’acquisition des espaces marins (…), il faut anticiper ».

La France est présente depuis 1990 dans les eaux internationales d’Afrique de l’Ouest, afin de protéger ses quelque 80.000 ressortissants dans la région ainsi que ses nombreux intérêts économiques.

Elle assure aussi des missions de formation des marines locales, en collaboration depuis 2015 avec trois autres pays européens (Portugal, Espagne et Danemark).

« L’Afrique est plus exposée que les autres continents pour la simple raison qu’elle a très peu de compétences et de moyens pour faire face à cette situation », a observé vendredi le Tchadien Idriss Déby, actuel président en exercice de l’UA, invité sur un navire de la Marine française aux côtés des chefs d’Etat togolais, malien et kényan.

« Depuis 2011, le trafic de drogue a pris le continent d’assaut », note Idriss Déby. La gestion des trafics illégaux (armes, drogues, êtres humains,…) devra également être au coeur de cette nouvelle charte.

Le sommet a ainsi lié pour la première fois la problématique de la sécurité maritime à celle du développement: Flux pétroliers, pêche, tourisme, logistique, « l’économie maritime est pour nous considérable. La mer est le secret le mieux gardé d’Afrique », a souligné l’ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou devant quelques journalistes.

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